Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 10:30
Un peu de rêve et d'évasion dans ce monde décadent...

Contempler les photos et reportages de Pierre Witt, c'est comme se plonger corps et âme dans l'univers brut et authentique de la montagne.

A travers ses clichés, Pierre sait donner une lumière particulière aux paysages et aux hommes qu'il rencontre sur son chemin. Pureté, simplicité et émotion se dégagent de ses photos pour notre plus grand bonheur.

Un petit conseil en cas de morosité: allez vous ressourcer quelques instants en visitant son site à la rubrique "Portfolio". On en ressort comme qui dirait .... apaisé!

PW-logo.jpg
Bonne visite!
Partager cet article
Repost0
13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 21:42

Ma victime du jour est un garçon fort sympathique que j'ai eu la chance de rencontrer cet hiver lors de la semaine du sport olympique à l'Alpe d'Huez... Quelques jours m'ont suffi a vraiment apprécier Christophe: des valeurs de partage et de respect de la nature, une vie faite d'aventure, du ski à gogo, des raids, des trails, une enfance à la "Rosière"...  il ne m'en fallait pas plus pour me lier d'amitié avec un tel individu!

Qui ne connaît pas Christophe Aubonnet? Skieur, Kayakiste, Traileur.... Notre homme multiplie les expériences sportives depuis son enfance. Une jeunesse que j'envie plus que tout, puisque comme je l'ai dit, le bougre a eu l'immense chance de grandir dans les montagnes de la Rosière, "mon petit paradis" comme j'aime tant la nommer.

Mais aujourd'hui, c'est sa casquette de raideur que j'ai eu envie de soulever pour voir quel personnage s'y cache vraiment! Alors mon cher "Xtof", après t'avoir rapidement présenté, je te laisse la parole du sage.

Christophe Aubonnet

37 ans, 1m86 / 93kg  /  110-60-90 (de véritables mensurations de mannequin dites moi!)

Responsable marketing produit (chaussures Trail Running) chez SALOMON

 PALMARES:

Raid Aventures :C.-Aubonnet-2.jpg

 

18ème aux Championnats du monde 2006 –The RAID- Quebec

2ème et 3ème du Corsica Raid 2006 et 2005 (1er raid européen)

Raids Gauloises 2002 et 2003  (Kirghizstan et Vietnam – 800 à 1000 km non-stop – 7 à 9 j) - 

Capitaine de l’équipe.

 

Ski : 20 années de compétition en Ski Alpin

 

48ème mondial  / 4ème français en descente  (1995)  -  Coupes d’Europe saison 88/89 puis 94/95 et 95/96       

Vainqueur de la Coupe du Monde de Ski Citadin 1995

 

Kayak : 10 années de compétition en Kayak

 

Vice-Champion de France (2ème division en 1991 et par Equipes en 1992)

 

Autres expériences sportives :

 

Trail Running :    UTMB 2005 & 2006, Diagonale des Fous 2003, Sainté-Lyon 2001,

Ski-Alpinisme :   Pierra-Menta 2007 & 2003

 

 

A voir ton palmarès, il semble que tu aies un peu touché à tout avant de te lancer dans les raids non?

 

J’ai toujours pratiqué plusieurs sports et aimé la polyvalence.

J’ai pu toucher finalement aux sports de glisse, aux sports d’endurance, aux sports de balle (tennis puis basket) et aussi un peu aux sports d’équipe.

 

Et aujourd'hui, si tu devais résumer ce qui te plait dans les raids, ce serait... 

 

Avec des gens ordinaires ( !) vivre des instants extraordinaires !

L’aventure au bout du monde mais aussi et beaucoup près de chez soi.

Le partage humain et des contacts avec les populations inattendus et inoubliables

En raid, on ne triche pas !

L’éveil et l’utilisation des 5 sens.

 

Y a-t-il quelque chose que tu détestes, qui t’agasse dans ce milieu?

 

Oui une chose: Le manque de respect :

à Manque de respect des personnes

à Manque de respect de la nature

à Manque de respect des valeurs

 

Tu as participé à beaucoup d'épreuves, qu'est-ce qui reste ton meilleur souvenir ?

 

Je dirais que je n'en ai pas un qui soit au dessus des autres. Mais deux catégories de souvenirs ressortent très forts :

1. Des contacts avec des personnes au bout du monde : exemple = à 2h du mat’ au fond d’une vallée vietnamienne, des personnes qui nous offrent l’hospitalité, leur matelas et leurs couvertures alors qu’ils n’avaient quasi rien pour eux. Simplement par générosité absolue.

2. Des sensations uniques lorsque qu’on claque un résultat en compèt’ après une préparation de longue haleine

 

Et le plus mauvais ?

 

Les abandons. Je ne vis jamais bien un abandon, même si c’est parfois un mal nécessaire.

 

Est-ce que tu t’es déjà fait de grosses frayeurs ?

 

Je n'ai pas souvenir de frayeur.  On prend des risques mais je les analyse comme étant des risques calculés.

 

Est-ce que tu as des petits rituels, des objets fétiches que tu emmènes partout?

 

Rituels? non plutôt une préparation minutieuse. Elle représente une somme d’éléments, d’outils, d’astuces qui sont nécessaires et "en prévision de".  Donc, ce sont des rituels car répétés systématiques mais ce ne sont pas des manies.

Objets fétiches, oui: mon appareil photo (presque partout !)…et pour l’assistance…le doudou que ma fille me confie !

 

The Raid 2006 est une des grosses épreuves auxquelles tu as participé l'année dernière. Quel est ton retour d’expérience sur cette aventure?

 

Je retiendrais

- le voyage,

- une aventure entre hommes (et femme !),

- de nouveaux acquis sur l’adaptation aux challenges, à la nature

- et une connaissance de soi un peu meilleure encore.

 C.-Aubonnet-5.JPG

 

Pendant un raid long comme celui là, on pense à quoi ?

 

La concentration dans l’instant occupe beaucoup la tête (orientation, gestion de l’effort, de la nourriture, de la boisson, observation mutuelle des équipiers…). Mais on prend aussi le temps de lever les yeux, de vivre ses sensations, de se nourrir de ses émotions. Dans des moments forts, on pense à ceux qui nous sont chers, on s’évade. Et on se surprend parfois à penser à des épisodes de vie qui n’ont rien à voir avec là où on se trouve. Des émotions du passé ressortent.

 

Avec du recul qu’est-ce que tu en retiens?

 

D’avoir vécu en 15 jours (voyage inclus) un concentré de ce qu’on vit normalement en plusieurs mois.

 

Est-ce qu’il t’es déjà arrivé d’avoir envie d’abandonner une épreuve (ou de le faire) ? Comment tu arrives à gérer ces périodes difficiles ?

 

Que l’abandon soit basé sur des éléments rationnels ou sur un instinct très fort, il faut savoir renoncer parfois. C’est possible si la décision est bien pesée et comprise par le reste de l’équipe. C’est en revanche beaucoup plus dur si ce n’est pas compris et partagé par tous.

Je vis intensément tout abandon, je n’aime pas ça du tout mais je positive en comprenant que ce sont les abandons d’un jour qui donnent encore plus de valeur aux projets qui aboutissent d’autres jours.

 

A ton avis, quels sont tes points forts ?

 

Passion, Adaptation, Polyvalence, Envie de transmettre…

En fait j’en ai plein !!!

 

J'en profite pendant qu'on y est... tu dois bien avoir quelques points faibles?

 

Heuuu ! …en fait, j’en ai plein aussi !

Le premier : mes 94kg…il faut les trainer !!!

Mon exigence : je le suis avec moi. Je vais beaucoup demander aux autres.

 

C.-Aubonnet-3.JPG 

 

Le raid est un sport d’équipe, tu as déjà connu des périodes de conflits pendant une épreuve?

 

Souvent et inévitablement.  Mais je crois avoir toujours avancé à partir des conflits plutôt que d’être allé au blocage.

 

"Avancer à partir des conflits"...Comment ça se gère ?

 

En écoutant, en acceptant que d’autres puissent vivre les choses différemment et enfin en décidant pour avancer.

 

La grande question : quelles qualités (et défauts s’il y en a) les raids ont-ils développé chez toi et quelle influence cela a-t-il sur ta personnalité/ta vie de tous les jours/ ton boulot?

 

Alors... en ce qui concerne les qualités :

-         l’endurance : avec un passé de skieur alpin et kayakiste, je viens de loin !!!

-         l’adaptation : le corps s’adapte de manière étonnante, si le mental suit, on fait tomber beaucoup de barrières

-         l’humilité : il y a toujours plus fort et plus faible que soit. Le résultat n’est pas tout, la manière compte beaucoup

-         apprécier l’instant présent, savourer ce qu’on a et ne pas tomber dans la fuite en avant perpétuelle du toujours plus, toujours demain.

Et les défauts :

-         une détermination totale: on est CAPABLE !... ce qui signifie que quand je suis parti à fond sur quelque chose, me suivre demande de l’énergie

-         un peu maniaque dans l’organisation

 

Je veux bien croire que te suivre demande de l'énergie... Alors justement, est-ce que tu as déjà fait des raids avec Flo, parce que elle... question énergie, elle en a à revendre! (sous entendu Florence Masnada, sa femme)?

 

On a déjà couru ensemble 2 ou 3 fois. Elle a aussi géré notre assistance sur des raids internationaux. Et puis on vadrouille régulièrement ensemble à l’entraînement. Mais elle a des genoux usés  (7 opérations pendant sa carrière sportive = ça use !) alors elle ne peut pas abuser des descentes à pied trop longtemps, ses genoux enflent et lui font mal.

C.-Aubonnet-4.JPG 

 

Moi qui aimerais progresser, quels conseils aurais-tu à me prodiguer pour que je devienne un jour une féminine qu’on ait envie d’emmener? En gros, qu’est-ce que tu apprécies chez une fille qui court dans ton équipe?

 

La passion : si tu as la flamme, il faut la nourrir et alors tu peux aller très loin.

L’ambition : d’un côté il faut construire son capital expérience et pour cela ne pas griller les étapes (être patiente) mais d’un autre côté, il faut aussi se jeter et oser.

La polyvalence : continuer de découvrir et d’apprendre. Il faut une sacrée dose d’humilité pour accepter d’être débutant dans un domaine ou une activité. Mais vivre ces apprentissages apporte tant de satisfactions.

 

Merci Christophe, je tâcherai de m'en souvenir! De ton côté, quels sont tes prochains gros objectifs?

 

Le premier c'est : Continuer d’aller un cran plus loin dans les sensations

Ensuite il y a le Corsica Raid 2007 (juin), Mountain X-Race (juillet)…  qui remplace le championnat du Monde des raids, le Raid In France (septembre)

… tous des raids internationaux qui seront préparés via l’UTMB par exemple.

 

Avant d'en finir avec toi, j'aurais juste quelques petites questions à 2 euros:

 As-tu des idoles dans la vie?  --> ???  rien, personne ne me vient en tête.

 Quel est ton moment préféré de la journée? --> le réveil au petit matin, le soir, la nuit pour jouer avec, le moment de s’endormir…  réponse non valable n’est ce pas ! On a dit LE moment !

 Ton petit peché mignon? --> les pâtes !!!  

(quelle imagination culinaire débordante ces sportifs....pfff)

 Une bonne adresse, un bon plan à nous faire partager ?  --> La Rosière… et là je te vois sourire mais oui, 26 années de ma vie là haut, ça compte 

 Allez! et pour finir.... Le dicton du jour par Xtof :  --> « pour que chaque jour compte »   qui a largement remplacé mon ancien dicton « on ne naît pas tous égaux devant le sport mais chacun à le droit de devenir plus fort »

Merci à toi, et vivement les prochaines descentes dans la "peuf"!! (à la Rosière bien sûr!)

C.-Aubonnet.jpg 

Partager cet article
Repost0
9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 15:52

ced-fleureton.jpg

 

Toujours à l'affût des dernières news, c'est avec joie que je découvre la superbe couverture du magazine Xsport concept (disponible sur le net). Un Cédric Fleureton resplendissant, à la foulée gracieuse!

ced-fleureton-2.jpg

Avec autant de surprise, je tombe quelques pages plus loin sur LE gros titre où on parle de l'exploit d'Ertips sur la Transmassif, où mon ami Ju a fait parler de lui!

ertips.jpg

Mais ce n'est pas fini, puisque quelques pages plus loin, c'est Seb Sxay que j'aperçois en photo à l'occasion de sa victoire au raid du Touquet!

wilsa-sport.jpg

Bref, un magazine a conseiller à tous ceux que le triathlon, les trails et les raids aventures captivent...

Le lien: http://www.xsportconcept.fr/

 

Partager cet article
Repost0
1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 17:53

Toujours par monts et par vaux, traversant les continents au rythme infernal des Coupes du Monde, Coupes d'Europe, et autres compétitions mondiales, Cédric Fleureton n'est pas vraiment du genre à se poser 5'...

Beau défi pour moi donc, que de parvenir à le retenir le temps d'une après-midi pour lui poser les questions qui me turlupinent! C'est donc avec gentillesse et sincérité que ma victime du jour, interviewé dans Stade 2 dimanche dernier à propos de l'AFT, a accepté de me répondre entre deux de ses trois entraînements quotidiens, rien que ça...

Voici donc le portrait d'un garçon passionné, et atypique..

Portrait express:

Né le 7 novembre 1973 à Lyon 

Situation : Marié avec Séverine, 2 enfants Yanis et Thibo 

Employé à la SNCF 

Mensurations: 170 cm, 58kg

Blog: http://cedric-fleureton.onlinetri.com/

Club : EC Sartrouville pour le triathlon, Lyon Natation pour la natation, AS Rispoli pour l'athlétisme

Membre actif  et cofondateur de l'AFT (Athletes for Transparency), programme de recherche sur la lutte contre le dopage.

www.athletesfortransparency.com


Palmarès international (et encore, ce n'est qu'un extrait !):

2006

Vice champion d'Europe
2ème du France Iron Tour
Vainqueur XTerra France
5ème World Cup Cancun

2005   

7ème championnats du Monde
Vice champion d'Europe
Vice champion de France
4ème ITU World Cup de Pekin


2004   

Vainqueur ITU World Cup Cancun
Vainqueur du France Iron Tour

Cédric, peux-tu nous raconter comment tu es venu au triathlon ?

Ouah la question qui déchire tout ! Alors... Comment je suis venu au triathlon? Je peux déjà te dire que j'y suis venu relativement tard, aux environs des 20, 21 ans. A l'époque, j'étais à la fac de Biologie à Lyon (la Doua).C'est alors que je me suis lié d'amitié avec un gars qui faisait du triathlon. Il qui m'a fait découvrir cette activité que je ne connaissais pas du tout. J'ai fait mes premières armes en « loisir », pendant pas mal d'années d'ailleurs.

Puis, crescendo, les résultats sont arrivés. Je me suis mis à gagner quelques courses, et, au fur et à mesure, je me suis aperçu que j'avais un réel potentiel pour cette discipline.

Si je comprends bien, tu as mis un moment avant d'envisager de faire de la compétition et du haut niveau?

C'est clair ! Moi, vraiment au début, j'ai fait du triathlon comme ça, par hasard, juste pour essayer. Pour tout dire, avant ça, j'avais touché à pas mal de sports. J'ai fait plein de trucs différents sans vraiment m'y investir pleinement. Du coup, quand j'ai commencé le triathlon c'était pareil. J'avais envie de découvrir autre chose, en aucun cas je n'avais pas la prétention de dire qu'un jour, j'irai en Equipe de France ou quelque chose comme ça...

Du coup, comment t'es venue l'idée de t'inscrire à ta première compétition ?

Ma première compétition ? C'était une compétition universitaire. Ce sont mes potes qui m'ont poussé à venir avec eux. Sans ça, je n'aurais jamais eu l'idée ! Du coup, j'y suis allé, et j'ai terminé dans les 5 ou 6 premiers. Mon résultat me permettait de participer aux Championnats de France Universitaires, mais je n'y suis même pas allé !

Ensuite, je suis monté en puissance, aussi bien dans les résultats que dans l'investissement.  Si tu veux, au début je m'entraînais 3 fois par semaine. L'année suivante, j'étais plutôt à 6 fois, et aujourd'hui et bien, je m'entraîne 3 fois par jour!


Si tu devais résumer ce qui te plait dans ton sport ?

Hummm, grande question à laquelle je répondrai TOUT ! Souvent, les gens vont dissocier Vélo, Natation, Course à pied et te dire qu'ils préfèrent plutôt tel ou tel truc. Moi, je prends vraiment le triathlon dans sa globalité car c'est une discipline à part entière. Non vraiment, j'aime tout, en particulier les transitions : quand tu passes de la natation au vélo, du vélo à la course à pied...

OK, tu aimes tout, mais est-ce qu'il y a une discipline dans laquelle tu as certaines lacunes ou d'autres que tu maîtrises mieux ?

Disons que je me suis mis à nager relativement tard. J'ai dû beaucoup bosser pour rattraper le temps perdu et aujourd'hui encore, je suis obligé de nager un maximum pour rester au top. Mais, comme j'aime l'eau, je ne considère pas la natation comme une contrainte !


A priori tu es vraiment tombé sur LE sport qui te convient !

Exactement! Comme je le dis souvent, de mon point de vue le triathlon est une mine d'or pour celui qui aime s'entraîner et qui cherche à se connaître vraiment. C'est mon cas ! Finalement, à bien y réfléchir, ce que j'aime le plus dans ce sport, c'est l'entraînement avant la compétition.

Quand tu enchaînes 3 disciplines comme ça, ça te permets de vraiment bien te connaître aussi bien physiologiquement que mentalement sur le bout des doigts, c'est ça que je trouve vraiment sympa ! Et puis quand tu es en accord avec toi-même, avec tes propres sensations, c'est extra. (C'est beau ce que je viens de dire non ?)

Magnifique Cédric!

3 entraînements par jour... Peux-tu nous en dire un peu plus ? Tu pratiques les 3 disciplines à chaque fois ?

Te dire que je vais faire « Vélo, natation, course à pied » tous les jours, non... pas tout le temps. Par contre, j'essaie systématiquement de nager 6 jours par semaine (tous les jours sauf le dimanche, Jour du Bon Dieu oblige!).

Tu vois par exemple aujourd'hui, je suis allé rouler ce matin pendant 1h30, ce midi j'ai nagé 1h et ce soir je vais courir 1h. Bon, aujourd'hui c'est ça, mais demain ça peut être courir / nager /  recourir. En gros, je fais 3h30 de sport par jour quoi!.


C'est assez énorme !

Oui, c'est vrai mais bon, Je vois bien comment ça se passe chez les rameurs par exemple. (Car Cédric a AUSSI fait de l'aviron dans son jeune temps ! quel touche à tout ce garçon !). Le rameur, il s'entraîne 2 fois par jour, mais il va aller plus dans le dur. Un triathlète, lui, il va passer 2h sur son vélo, mais il va plus gérer son effort. On fait plus d'heures d'entraînement, mais avec une intensité moins élevée.

Avec tout ça, est-ce que tu es soumis aux blessures régulièrement ?

Oui c'est clair que les triathlètes sont sujets aux multiples blessures, notamment en course a pied car c'est assez traumatisant. De mon côté, je dois bien l'avouer, ça fait environ 2 ans que je suis régulièrement blessé, tous les 6 mois, ça revient en boucle. (NB : au moment de l'interview Cédric était blessé à la cheville, une douleur inexpliquée qui l'a contraint a arrêté l'entraînement quelques temps). Je dirais que c'est un peu le lot de tout sportif de haut niveau. On est toujours sur la brèche, sur le fil du rasoir. On est forcément fragile entre les risques liés au surentraînement, ceux dus aux chutes!.

Et les blessures typiques du triathlète, c'est quoi ?

Ce sont surtout des tendinites, des inflammations. Des blessures dues à l'usure de l'organisme.

Tu te dis autodidacte, tu n'as jamais eu d'entraîneur attitré ?

Non jamais, mis à part il y a quelques années : quelqu'un me suivait en course à pied sur les séances qualités, mais aujourd'hui je m'auto-gère. On peut dire que je me suis construit tout seul de A à Z.

C'est volontaire de ta part ?

Non non, le fait est que j'ai commencé le triathlon assez tard, et le haut niveau encore plus... Du coup, je n'ai pas vraiment suivi le « cursus classique » de sélection où on repère les jeunes espoirs, on les prend en charge, etc...

J'ai toujours été un électron libre de la fédération et je le suis resté. Alors à 25/26 ans, quand tu te construis seul, tu n'as plus besoin de personne. Je ne suis pas contre un suivi occasionnel. La preuve c'est qu'avec des potes, de temps en temps, on essaie de se filmer sous l'eau, sur la berge... J'aime bien ça, c'est tout ce qu'il me faut.

Et tu ne penses pas qu'un entraîneur pourrait t'apporter un regard critique, un point de vue extérieur intéressant ?

Je n'éprouve vraiment pas le besoin d'avoir quelqu'un derrière moi pour me booster, me botter les fesses pour aller m'entraîner. J'ai pas mal de connaissances en matière d'entraînement, je lis, j'observe beaucoup les autres... Bref je me tiens très informé de ce qui se fait dans le domaine de la préparation.

Je dirais que le plus dur dans le triathlon, c'est de maîtriser la charge d'entraînement. Pour ça, il faut vraiment avoir de la maturité et une très bonne connaissance de soi, de ses propres ressentis. Il faut savoir placer la bonne séance au bon moment, et ça... rien de mieux que l'athlète pour le percevoir. Pour moi, c'est la clef de la réussite dans ce sport.

Après pour certains détails techniques, je ne suis pas contre le fait de faire appel à un cadre technique. Ca a été le cas par exemple, lors du dernier stage en altitude à Font Romeu où on a analysé mon geste en natation pendant une semaine.

Par contre, avoir un entraîneur pour faire de la planification, pour te « dicter des recettes », ça ne m'intéresse pas du tout.


A ce propos, tu as un avis critique sur l'aviron où tout est planifié au niveau national et où les athlètes suivent un programme pré-établi (une recette) ?

 
Je pense que c'est totalement différent. A l'aviron, tu es en équipe. En ramant à plusieurs, tu es forcément obligé d'être plus ou moins dans le même moule.

Dans le triathlon, au contraire, si tu commences à faire ce que font les autres, là tu vas droit dans le mur ! C'est LE sport individuel par excellence. On n'a pas tous les mêmes caractéristiques physiologiques.

Regardes, même en aviron, quand tu as 4 gars qui ont le même gabarit, globalement les mêmes caractéristiques physiques, qui font le même entraînement, c'est déjà difficile d'obtenir des pics de forme au même moment. Alors imagines au triathlon ! Tu as 3 disciplines, des entraînements hyper variés etc.. tu mélanges tout ça... tu vois la complexité de l'entraînement. C'est là qu'il faut être judicieux, avoir une préparation optimale... Moi je suis à fond pour l'expérimentation, je teste, j'essaie plein de combinaisons, j'adore ça !

Et les autres triathlètes?

Il y en a qui ont des entraîneurs, Fred (Belaubre) par exemple. Pour ma part, je pense que quand tu commences à être autonome, à sentir avec précision quelles charges d'entraînement te conviennent, là tu deviens bon. Moi je fonctionne beaucoup au feeling. Ca peut paraître étonnant pour un athlète de haut niveau comme moi, mais par exemple, je ne tiens pas de cahier d'entraînement. Si tu me demandes ce que je fais dans 2 jours ou demain.... Ben je ne sais pas encore... J'adapte vraiment au moment des entraînements en fonction de avec qui je suis, comment je me sens.

Parmi tous les résultats que tu as obtenus, quel est ton meilleur souvenir ?

En premier lieu, je dirais ma 2è place à Autun, aux championnats d'Europe, l'an dernier. Monter sur la 2è marche du podium en France, c'était vraiment classe ! Il y a aussi Athènes en 2003, c'était le « Test Event » avant les JO et j'avais terminé 2è au sprint (Cf photo). Et puis, je dirais également ma victoire en Coupe du Monde à Cancun en 2004.


Aujourd'hui quel est ton objectif ?

Les JO de Pékin en 2008.  Pour l'instant, on est 9 garçons en préparation olympique, seuls 3 français auront la chance d'y participer, alors j'aimerais bien faire partie du tiercé gagnant! Il va progressivement y avoir un « écrémage » des prétendants, jusqu'aux 3 courses de sélection qui auront lieu en 2008 où là, on ne devrait être que 4 ou 5.

L'ambiance est bonne entre vous malgré cette échéance ?

Oui, il y a un bon esprit. On ne se voit pas souvent, mais comme on fait un sport assez confidentiel, on se connaît tous très bien. Certes, nous sommes concurrents, mais chacun fait avec ses possibilités et l'adversité dans le sport n'empêche pas l'amitié en dehors. C'est sûr qu'on ne va pas faire de cadeaux pour représenter la France aux prochains JO !


Parles nous un peu des courses : comment tu gères les moments qui précèdent le départ ?

Tout mon esprit est dans la course. Est-ce que j'ai bien mis mes baskets, comment je vais me placer sur le ponton, comment je vais gérer les transitions ?

Les transitions... Parlons en, car c'est quelque chose que je découvre dans les raids ! Quelles sont les choses que tu travailles?

Il faut faire le plus vite possible, donc d'abord tu étudies avec précision où se trouve ton vélo au milieu des centaines d'autres. Il faut aussi anticiper l'endroit d'où tu vas arriver au parc à vélo, donc tu essaies d'étudier la meilleure place possible pour ton casque, tes chaussures afin de les enfiler le plus vite possible (à droite, à gauche, devant...). Tu regardes également quelle direction tu vas prendre pour sortir le plus vite possible, tu reconnais le parcours avant. (Les bouées, le parcours vélo, là où tu as le droit de monter, de descendre, etc.). Tout ça mis bout à bout, va te faire gagner de précieuses secondes.


Avec du recul, qu'est-ce que tu penses avoir développé grâce au triathlon ?

J'aime relever des challenges, donc même si je ne faisais pas du triathlon, j'aurais ça en moi.

Mais avec le triathlon, je me suis pris pas mal de gadins, il faut savoir se relever, aller de l'avant malgré les déceptions (comme les JO d'Athènes par exemple). Au début, ça te touche beaucoup, et puis après tu anticipes, tu relativises et tu deviens plus dur au mal « psychologique ».


Une question qui me tient à coeur : quel est ton point de vue sur l'activité « raid » ?

J'adore, je trouve ça génial ! Faire un sport en équipe, sur plusieurs jours, ça doit être l'éclate ! Après le triathlon, ce serait bien le genre de chose que j'aimerais faire! En plus j'adore tout ce qui est « outroad » et rustique : VTT, trail, ne pas dormir pendant 2 jours, etc... ça me dirait vraiment! J'ai fait un peu de course d'orientation à l'armée, ça me plaisait bien. Bon... j'ai un peu le vertige, je suis relativement trouillard, mais en course, je pense que tout peut passer pour peu que tu aies le goût du challenge!

Ah? Biiiien ! Quand tu arrêtes le triathlon, tu es prié de me le faire savoir que je t'embauche dans mon équipe !

Et l'aviron ?

Il y a un truc qui me saoulait quand j'ai ramé dans ma jeunesse : c'est que mes coéquipiers de l'époque n'étaient pas du tout sur la même longueur d'onde, ils n'étaient pas là dans l'optique de « faire un bon entraînement, transpirer, etc. » mais plutôt ... glander. Moi ça ne me convenait pas.

Et maintenant quand je vois des gars comme le 4 sans barreur poids légers qui font tout ensemble, qui s'entendent trop bien et qui ont atteint le top niveau mondial...ça me donne envie ! Un effort commun, c'est sensationnel! Ce côté camaraderie, le fait d'être tous fixés sur le même objectif, ça crée des liens uniques. Partager une victoire à 4 c'est encore plus fort que tout seul.

Une chose que j'ai constatée, c'est qu'entre triathlètes et rameurs, il y a vraiment un respect mutuel. Il y a un joli parallèle à faire entre nous car c'est un peu la même famille de sports. Des sports confidentiels, durs, des gens qui ont le goût de l'effort.


Mon cher Cédric, on ne se lasserait pas de t'écouter! Pourtant nous voilà déjà à l'issue de notre interview. Avant de te rendre la liberté, voici les quelques dernières questions habituelles :

Est-ce qu'il y a des gens que tu admires particulièrement ?

Ce serait un mélange entre Noah, Diagana et Candeloro, Teriitehau,.

Un petit plat préféré ?

J'ai envie de te dire des pâtes ! Des bonnes pâtes all dente à l'huile d'olive avec de la levure de bière et un bon comté dessus. (Ouahhhh comme moi dis donc !)

En plus, j'ai une machine pour faire des pâtes!

Y'a plus fun comme plat mais bon, c'est vrai que c'est pas mal un bon plat de pâtes avec de la levure...

Ton moment préféré de la journée ?

Le soir, quand les petits sont couchés, et que je me mets sous la couette !

Le dicton du jour par MONSIEUR Fleureton :

"No pain no gain"

"Train hard and win easy !"

Avec tout ça, les gens vont vraiment de prendre pour un singlé fondu d'entraînement ! Mais on t'aime comme ça...

Merci pour tout Cédric, je te souhaite toutes les réussites possibles pour la suite du programme et sois sûr que je te suivrai avec intérêt (à travers ton blog notamment), car après les Jeux n'oublies pas que je t'embauche pour faire des raids !


 

Partager cet article
Repost0
20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 14:24

Un petit article pour adresser toutes mes félicitations à mon ami Julien (Périllat) qui, grâce à son talent et à son caractère de haut savoyard, termine vainqueur de l'édition 2007 de la Transmassif, sous les couleurs d'Ertips...

Bravo à toi et à toute ton équipe! A quand un raid ensemble??

Attention! Quand les rameurs débarquent sur la planète Raid, ca peut faire mal!!

Partager cet article
Repost0
21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 14:18

A 23 ans et du haut de ses 193cm, on peut dire que "JB" en impose... Jamais le dernier pour faire la fête, son côté "bout-en-train" ne l'empêche pas de multiplier les performances sportives. Un titre de Champion du Monde 2006 en poche, associé à Adrien Hardy (Champion Olympique à Athène), JB n'a qu'un objectif en tête... Celui d'entrer à son tour, dans le cercle très fermé des Champions Olympiques! Pékin n'est plus qu'à quelques encablures et tous les rêves lui sont dorénavant permis.

Je vous propose aujourd'hui de découvrir ce garçon au grand coeur que je suis fière de compter parmi mes amis (et voisins)!

Portrait express:

Né le 2 juillet 1983 à Dieppe

Mensurations: 193cm, 91kg

Formation: Préparation au Brevet d'Etat Aviron

Palmarès international:

2006: Champion du Monde en 2X à Eton (GB) et Vainqueur de la Coupe du Monde

2005: 7e en 2X aux Championnats du Monde à Gifu (Japon)

2004: Finaliste en huit de pointe avec barreur aux Jeux Olympiques à Athènes (Grèce)

2003: 4e en quatre de pointe avec barreur aux Championnats du Monde à Milan (Italie)

2001: Champion du Monde Junior en quatre sans barreur à Duisbourg (Allemagne)

Comment tu es venu à l’aviron ?

 

J’ai commencé l’aviron en 1995 au Club Nautique Dieppois grâce à mon cousin. De son côté, il a débuté en 1989 et comme il faisait pas mal de résultats, ça m’a donné envie de le suivre dans cette voie.

 

 

Si tu devais résumer ce qui te plait dans l'aviron?

 

 

En fait, quand j’ai commencé, c’était plutôt pour être avec les copains, pour m’éclater et puis… aussi pour m’affûter. Parce que pour tout dire, étant plus jeune, j’étais un peu « fort ». Le doc m’a donc conseillé de faire du sport pour m’affiner un peu. L’aviron était donc tout indiqué ! Mais pour rassurer tout le monde (surtout les filles), depuis je me suis bien arrangé !!!

Et puis ben maintenant, je fais de l’aviron pour la compétition, l’adrénaline et les sensations que cela t’apporte. Oui…ce qui me plaît maintenant, ce sont plus ces aspects là… Quand les beaux jours arrivent, c’est le moment des régates internationales, des confrontations… et ça c’est vraiment motivant.

 

 

Et les entraînements, tu prends ça plutôt comme une contrainte?

 

 

L’aviron c’est un tout donc il faut faire avec… Les compétitions ne représentent qu’une infime partie du temps passé sur l’eau alors forcément, parfois, c’est dur de se motiver pour monter sur l’eau : quand il y a du vent, qu’il fait froid comme aujourd’hui par exemple !

Parfois, tu n’as pas envie d’aller faire ta muscul, et tu prends ça plutôt comme une contrainte…Alors que l’été aux beaux jours, les échéances font que tu sais vraiment pourquoi tu t’entraînes!

 

 

Donc, ce qui te fais ramer, c’est l’objectif que tu veux atteindre au bout…

 

 

Oui voilà c’est ça… Sans objectif, je ne sais pas si je pourrais m’entraîner aujourd’hui.

 

 

Ton meilleur souvenir en aviron ?

 

 

Mon meilleur souvenir à l’heure actuelle, ce sont les repêchages en 8+ aux JO d’Athènes. S’il y a bien une course que j’ai en mémoire du début à la fin, c’est celle là ! De toute ma carrière, de tous mes entraînements, c’est ça que je garde en tête…

 

 

Pourquoi cette course particulièrement ?

 

 

Parce que c’était une course unique, on n’a d’ailleurs jamais réussi à la reproduire par la suite. Quand tu sens que tout le monde va dans le même sens, exactement au même moment, c’est extraordinaire. Au bout de 500m, tous les concurrents étaient sur la même ligne, et nous, on a su se mobiliser, se transcender et aller puiser une énergie insoupçonnée pour gagner notre place qualificative. J’en avais des frissons… C’est une course où, quand on a passé la ligne d’arrivée, on était allé au bout, on était tous morts mais contents !

 

 

Et le plus mauvais souvenir de ta carrière si tu en as un….

 

 

Le plus mauvais, euh…. Ben en fait, les mauvais souvenirs j’essaie de les zapper, comme ça au moins je vais toujours de l’avant !

 

 

Alors moi, quelque chose me questionne beaucoup… ta relation avec Adrien : Champion Olympique reconnu de tous, toujours cité en exemple, porte parole de la Fédération… Comment tu vis le fait de ramer avec un tel personnage ?

 

 

Pour tout dire, au début, je ramais en 2X avec Jo (Jonathan Coeffic), avec qui je m’entendais très bien. Alors quand on m’a annoncé que j’allais ramer avec Adrien, j’étais partagé, je ne savais pas trop comment gérer la chose. Mais d’un autre côté, ramer avec une telle pointure ne pouvait que me faire progresser ! Quand tu rames avec ce gars là, tu sais qu’il ne peut rien t’arriver, tu ne peux que gagner.

Contrairement au fameux 8+ par exemple, où on ne savait pas vraiment ce qu’on allait faire à la fin, avec Adrien, tu montes au départ avec la victoire en tête… La différence est principalement due à son expérience.

  

Là tu parles du côté sportif… Peux-tu nous en dire un peu plus que le côté plus « relationnel » de votre association ?

 

 

Sur ce point, une chose est certaine : Adrien m’a toujours fait confiance, et ce dès le début. Il connaissait mes qualités, mes objectifs. Alors du coup, quand Seb Vieilledent, son coéquipier avec qui il a gagné les JO a arrêté sa carrière, il a lui-même fait la démarche de demander à ce qu’on m’essaie dans le bateau. Comme ça collait entre nous au niveau technique, il a fait en sorte qu’on continue ensemble. De mon côté, j’ai exploité cette chance à 100% et au final, je ne peux que le remercier de m’avoir amené là où je suis aujourd’hui.

 

On a beau être très différents tous les deux - moi je suis plutôt le petit jeune qui saute partout qui aime la fête, et lui, c’est le père de famille réfléchi qui mesure tout, prend du recul, etc… - notre paire marche parce qu’on se respecte et qu’on se complète en bateau. Je pense qu’à partir du moment où deux rameurs se font confiance, leurs différences peuvent être une force et ne posent jamais de problème, bien au contraire.

 

 

Et lorsque vous ramez, est-ce que tu estimes que vous êtes d’égal à égal ?

 

 

J’aurais tendance à te répondre que non… La raison est la suivante : aujourd’hui, je ne suis pas au même niveau que lui, il est le chef de file, le leader du groupe de par son talent et son expérience de Champion Olympique. Pour l’instant, je préfère rester en retrait, avoir la position de celui qui écoute, qui apprend… Je suis encore petit par rapport à lui ! Et puis, ben, le jour où je serai Champion de France en 1X, là je pourrai en dire « un peu plus ».

 

 

A ce propos, tu comptes continuer en couple après les JO, où retourner à la pointe et aux joies du 8+ par exemple ?

NB pour les novices : la couple c’est une rame dans chaque main,  la pointe c’est une rame par rameur d’où la nécessité d’être au moins deux (sinon on fait des ronds…pas pratique)

 

 

Moi je pense continuer à faire de la couple. J’ai réussi à stabiliser mon geste, à être performant dans ce secteur alors, c’est ce qui me paraît le plus logique. Et puis qui sait ? Après les Jeux, si on a fait un résultat à la hauteur de nos espérances, peut-être qu’Adrien ne va pas lâcher les rames tout de suite! Mais bon… prenons les années une par une… On va déjà tenter l’aventure jusqu’aux Jeux et ensuite on avisera !

 

 

Toi qui a connu le haut niveau aussi bien en couple qu’en pointe, est-ce que tu as une préférence pour un secteur, des sensations différentes ?

 

 

Je dirais que ce n’est pas comparable. D’autant que moi, en pointe je n’ai fait que du 8+ et en couple, que du 2X... C’est donc tout l’opposé ; une course en 8+, c’est quasiment un sprint, alors qu’en 2X, les temps de course sont beaucoup plus importants. L’aspect stratégique entre en jeu et la gestion n’est pas du tout la même.

 

 

Et votre tactique à vous avec Adrien ?

 

 

Côté tactique, notre position de leader mondial fait que ce sont les concurrents qui doivent se fixer sur nous et qui s’adaptent à notre profil de course.

 

 

De ton côté, comment tu gères l’avant course ? Certains sont très détendus, d’autres expansifs, d’autres s’isolent dans leur coin… Qu’en est-il pour toi ?

 

 

Moi je serais plutôt dans le premier cas de figure… Je suis du genre relâché, à aller taper une partie de cartes avec mes potes, voire boire une bière - avec l’accord d’Adrien bien sûr – En fait, on s’est autorisé une bière à condition de gagner la demie finale. Alors du coup moi, ben forcément… ça me donne envie d’être devant quoi ! Bon… on n’est pas obligé de prendre une bière, hein… on peut aussi prendre un coca par exemple… (rires)

 

 

Avant une course comme la finale des Championnats du Monde, tu penses à quoi ?

 

 

Sur le départ, quand je suis accroché  au ponton, je regarde la ligne d’arrivée 2000m derrière moi, et puis après je pense à ma famille… C’est elle qui me pousse vers l’avant. Souvent il y a une ou deux caméras qui te filment au départ… Moi je me dis que mes parents, ma sœur, tout le monde me voit  et est derrière moi, c’est pour eux que je me donnerai tout.

 

 

Ta famille compte tant pour toi…

 

 

Oui, ma famille c’est 90% de ma réussite. Je suis parti de chez moi à 18 ans pour faire de l’aviron à Nancy, ils auraient pu être sceptiques, ne pas y croire, alors qu’au contraire ils m’ont toujours soutenus dans mes projets et sans eux  je ne serais pas Champion du Monde aujourd’hui.

 

 

Est-ce que tu as des objets fétiches ?

 

 

Non non pas vraiment. A part mon téléphone qui me suit partout et sans lequel je serais perdu, rien… J’ai essayé une fois pourtant, j’ai mis un vieux caleçon mais ça n’a pas marché, alors j’ai laissé tombé !

 

 

L'aviron t'a-t-il apporté un "plus" dans la vie ?

 

 

Un plus je ne sais pas… Mais en tous cas, j’aurais certainement été différent. Sans le sport de haut niveau, j’aurais certainement fait plus d’études mais aussi BEAUCOUP plus la fête ! Avant de commencer à ramer, j’avais des relations un peu « spéciales », je pense que j’aurais facilement été entraîné dans des opérations boites de nuit tous les week-end, alcool, clopes, et tout ce qui tourne autour….

 

Une question qui me tient à cœur bien que je m’en sois éloignée… Que penses-tu, en toute objectivité, de l’aviron féminin en France aujourd’hui ?

 

 

Mon point de vue en toute sincérité :

En ce qui concerne les filles elles-mêmes, dans le secteur couple je pense qu’il y a un bon niveau mais il est mal exploité car certaines filles s’écoutent un peu trop. Les rares rameuses de valeur, et notamment Sophie Balmary, doivent encore progresser mentalement et apprendre à mettre de côté certains aspects de leur personnalité pour monter des bateaux performants. Dans le secteur pointe, le principal problème est l’absence de leader, à mon avis ce secteur va mettre un certain temps avant d’atteindre le haut niveau car le groupe doit se construire.

 

C’est là que j’en viens à la politique fédérale. Je ne suis pas encore entraîneur national mais aujourd’hui, si c’était le cas, je pense que je gèrerais certaines choses différemment.  A l’heure actuelle, on ne donne pas l’occasion aux filles de stabiliser quelque chose. Que ce soit d’une année sur l’autre, mais aussi dans une saison, les bateaux changent sans cesse de composition. On change les places, les personnes toutes les 5 minutes. Je pense que ce n’est pas comme ça qu’on peut former un bateau.

 

 

Intervention de JC : Mais par rapport à ça, tu ne penses pas que la base du problème c’est ce qu’on fait miroiter au filles, enfin…. Plutôt ce qu’on ne fait pas miroiter ? Parce qu’il faut bien le dire, actuellement, aucun objectif n’est fixé aux filles ?

 

 

Ca revient bien à ce que j’ai dit précédemment. Tout ça manque de stabilité… Un bateau, sauf exception, ne peut pas être performant en une année, il faut le construire pas à pas, sur le long terme. C’est donc un cercle vicieux : pas de projets donc pas d’objectifs susceptibles de motiver les troupes donc pas de niveau !

 

 

Sur ces bonnes paroles, nous arrivons aux termes de cet interview mon cher JB.

Un grand Merci d’avoir accepté de te soumettre à mes questions et d’y avoir répondu avec naturel et sincérité !

 

 

Toutefois avant de te rendre ta liberté, quelques ultimes petites questions subsidiaires auxquelles aucune de mes victimes n’a échappé :

 

 

Des gens que tu admires particulièrement (à part Mathieu Mallein, ton coloc)?

 

 

Oui… ma sœur. Avec elle, j’ai une relation très fusionnelle. Elle est capable de me surprendre tous les jours, de m’apprendre pleins de trucs. Du coup, ça me pousse à me dépasser pour, moi aussi, la surprendre à mon tour.

 

 

Un petit plat ?

 

 

La carbo de ma maman, elle est vraiment bien !

 

 

Le moment préféré de ta journée :

 

 

Le meilleur moment, c’est vers 18h30. Je suis dans le canap’ avec une bière à la main, je regarde la télé et j’ai le sentiment bien fait tout ce que j’avais à faire dans ma journée (notamment mes 2 entraînements).

 

 

Une bonne adresse à nous donner ?

 

 

Le 106 bd du 11 novembre à Villeurbanne… Vous y serez toujours accueillis les bras ouverts… Faut venir à partir de 19h, c’est open bar… Ca c’est LA grosse adresse, après ben… sinon, y’a chez mes parents à Dieppe : on mange et on boit bien. Vous pouvez toquer, c’est ouvert ! Et puis, la « Gargotte » rue Royale à Lyon, adresse très sympa.

 

 

Le dicton du jour par JB Macquet :

 

 

Petite contre pétrie : « Les nippons ont contribué au redressement de la Chine »… Je vous laisse y réfléchir !

 

 

Merci JB et vivement les JO, on sera derrière la caméra du départ nous aussi !

 

 
Partager cet article
Repost0
15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 20:40

Il y a quelques mois, je faisais part dans ce blog, d'une citation de Maud Fontenoy.

"S'écouter un peu plus, attraper l'objet de son désir au plus vite... car quand ça vous glisse entre les mains, c'est un sentiment atroce."

C'est un peu par hasard que j'ai ouvert les premières pages de son livre "Atlantique Face Nord". Au fil de son récit, mon esprit s'est laissé entraîner dans ses aventures, essayant de comprendre ce qui a poussé cette femme à prendre les rames, seule, pour se lancer dans un univers aussi hostile et monotone...

Surmonter les difficultés, vaincre ses peurs, résister quoiqu'il arrive pour atteindre son but... Vivre des moments difficiles pour en apprécier encore plus les bons. Autant de préceptes qui m'ont bien plu et qui me poussent  à apprécier le personnage. 

Sans cet ouvrage, je n'aurais certainement jamais prêté attention à l'exploit qu'elle vient de réaliser. J'aurais sans doute pensé simplement "Encore une hurluberlue égoiste et nombriliste qui ne partage rien et qui a besoin de se faire remarquer".

Mais tout de même...

 - faire un tour du monde à l'envers,

- à contre courant,

- dans une petite barcasse,

- à la force de ses bras,

- qui plus est, avec un mats cassé...

Ben... C'est fort tout de même, je dois bien l'avouer!

Alors bravo à toi Maud et vivement ton prochain bouquin, que j'ai matière à réfléchir au sens profond de la vie...

Partager cet article
Repost0
24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 11:33

A la fois passionné et aguerri des sports qui me font rêver et pétiller, vous comprendrez en lisant cette interview, toute mon admiration et pourquoi j'ai eu envie d’en savoir un peu plus sur ce garçon bien connu du petit monde de la montagne!

PORTRAIT EXPRESS:

 

Sébastien Sxay alias Oizo
Né le 28 Octobre 1968 à Saumur
Poids : 72 kg - Taille : 1.81 mètres
Célibataire

Vo2 Max : 72
Profession : Vendeur
Vit à Grenoble

Membre du Team Wilsa Sport Helly Hansen

Son blog que je mets dans mes liens par la même occasion http://oizzo.skyblog.com

PALMARES :

 

Vice champion du Monde des Raids en 2006 (Team Wilsa Sport Helly Hansen) Membre de l’équipe de France d’Orientation à VTT
Champion du monde
de relais 2002 en orientation à VTT
Vainqueur de la Coupe de France des Raids SFR 2002

 

Et j’en oublie certainement beaucoup, quand on sait tout ce que fait Seb!

Raids, Trails, course d’orientation, ski de montagne… Tiens donc… ne serait-il pas un peu « hyperactif » comme moi ?  

Alors Seb dis moi...

 

Comment es-tu arrivé dans le milieu du raid et des trails, tu as fait d’autres sports avant ?

Oui j’ai commencé le sport très tôt, je me suis mis à la natation vers 5 ans et le cross a été ma première discipline en compétition dès 1975.

Puis, l’orientation a rapidement pris une place importante dans ma vie sportive. Mais j’ai toujours eu soif de découvrir d’autres disciplines ce qui m’aide beaucoup en raid…

Si tu devais résumer ce qui te plait dans les raids en 2 mots:

 

Oui ce qui me plait en raid c’est le fait de pratiquer des activités diverses en pleine nature avec tes coéquipiers.

Et ce que j’aime aussi, c’est porter un dossard !  

 

Et ce que tu détestes ?

L’enregistrement des bagages...

 

Quel est ton meilleur souvenir?

Mon meilleur souvenir, c’est le dernier « Raid World Championships 2006 »  au Québec et plus particuièrement, la dernière heure passée en kayak.

Et il y a aussi l’ascension du Lanin en 2004.

Et le plus mauvais ?

 

Je dirais que c’est l’enregistrement des bagages des saisons de raids 2000 à 2006!

Décidement!

A part ça, je repense aux mauvais souvenirs des premières heures de « RWC 2004 » en Patagonie avec la visite des bambous en compagnie de Nike, Salomon Suisse, et les Quech !!! (Warning Don’t cross the bambous forest !!!).

Nous avons été obligé d’abandonner et cela m’a vraiment bouleversé. J’en garde un très mauvais souvenir…

Si tu veux le récit en détail, il est sur mon blog: http://oizzo.skyblog.com/56.html .

Le dernier truc qui me marque, je dirais que c’est l’erreur que j’ai commise lors de la manche en France cette année alors que cette épreuve était à notre portée .

Est-ce que tu t’es déjà fait de grosses frayeurs ?

Non je ne pense pas mais des inquiétudes oui !  

 

 

J'aimerais bien savoir en quoi consistent tes entraînements pendant la saison...

 

 

Je m’entraîne seul à Grenoble durant l’hiver. Essentiellement à ski de randonnée et à pied.

Puis aux beaux jours, je passe à la course d’orientation, au roller, au bateau, à la via ferratta, au VTT, à la montagne, et à l’escalade.

Pour autant, faire des regroupements réguliers avec les équipiers est inévitable pour la motivation. Mêler nos expériences, faire le point sur le niveau de chacun, car nous sommes tous aux 4 coins de la France

Et puis, le remaniement de l’équipe nous a demandé du travail au sein de l’équipe afin de créer la cohésion nécessaire et de s’organiser.

 

 

 

Et pour The Raid 2006 ?

 

 

 

Je me suis entrainé à raison de 10 à 20 heures par semaine, de jour comme de nuit jusqu'à mi aout ensuite plus rien, histoire de retrouver l’envie et la fraicheur.

Tu as mangé quoi la semaine avant de partir, plutôt pâtes sans beurre ou pizzas aux 3 fromages ?

 

J’ai vraiment mangé de tout, mais j’ai mis l’accent sur le stockage de glucide et une cure de pro-biotique dans le mois qui a précédé;

Certains raideurs m'ont dit que lors d'un raid long, ils pensent à pleins de trucs qui n'ont rien a voir  avec la compétition (ce qu'ils ont à faire la maison, ce qu'ils vont manger en rentrant, etc... En ce qui te concerne, vers où se dirigent tes pensées dans ces moments là?

J’essaie de rester concentré et lucide.

Je répète mentalement les consignes que je me donne avant course : calme, économie du geste, concentration et nutrition.

Aux assistances, les cartes passent avant tout. En oublier une et c’est mort !!!

Seulement ensuite, je m’occupe de moi.

Je prends la course comme une succession de petites épreuves dans laquelle l’équipe doit être la plus efficace possible.  Ca aide beaucoup, tu trouves l’épreuve moins longue et tu restes motivé.

Et puis, tu penses au bon coté de ta vie de raideur et de l’après course quand tu sens que tu approches de l’arrivée.   

Une fois dans l’aventure d’un raid long, comment gères-tu la fatigue, le sommeil ?

J’ai la chance de bien résister au sommeil, bien que cette année j’ai eu une demi-heure vraiment dure avant une assistance la deuxième nuit. C’est le seul moment qui a été difficile, ensuite plus de soucis ! 

Est-ce qu’il t’es déjà arrivé d’avoir envie d’abandonner (ou de le faire) ? Comment tu arrives à gérer les périodes difficiles ?

 

Non, jamais je n’ai eu envie d’abandonner mais des moments difficiles, ça oui.

Et c’est là que d’avoir un mental énorme et des coéquipiers aguerris et très forts physiquement auprès de toi est essentiel. Cela t’aide à gérer et à gommer les moments difficiles.

Lors de l’étape Française en 2006, j’ai lutté pour ne pas me laisser envahir par la déception suite à cette grosse erreur dont je parlais tout à l’heure et qui a couté la victoire à l’équipe.  J’ai essuyé une petite défaillance (déshydratation), preuve que j’avais autre chose en tête… J’ai pu compter sur Karine à ce moment là, et on a géré la nuit au mieux. Le lendemain, j’étais remonté à bloc et nous avons comblé beaucoup de notre retard. 

 

Pour m’aider à gérer le côté psychologique, je travaille aussi en m’appuyant sur des exercices de sophrologie.

 

Le raid est un sport d’équipe, tu as déjà connu des périodes de conflits pendant une épreuve?


Oui et c’est normal qu’il y ait des hauts et des bas dans une équipe, c’est que l’équipe vie, évolue, essaie, teste, prend des risques…

Tant que ça reste bénéfique à l’équipe, il n’y a rien de malsain. Les conflits sont gérés en discutant et en vivant ensemble lors des entraînements et des compétitions.

Si je comprends bien, il est nécessaire de bien s’entendre pour que l’équipe avance...

 

Oui, bien sûr qu’il faut bien s’entendre pour que l’équipe fonctionne ! Mais pas nécessairement sans conflits.

Je trouve hypocrite au possible, les équipes qui veulent nous laisser croire que, chez eux, tout est beau, tout est rose...

 

Est-ce que tu estimes être suffisamment reconnu à travers ton sport, tes résultats?

Non… mais ce n’est pas ce que je cherche dans le raid alors tout va bien de ce coté là.

 

Mais alors, est-ce que tu trouves facilement des partenaires pour t’aider dans tes projets ?

Oui les partenaires matériels, ce n’est pas compliqué à trouver pour peu que l’on se donne la peine. Les partenaires financiers, eux, demandent plus de travail et de savoir faire. Il faut savoir se vendre et ce n’est pas donné à tout le monde !

 

Moi qui suis novice en la matière mais que ce monde attire beaucoup, quels conseils aurais-tu à me prodiguer pour devenir une « féminine qui envoie » dans une équipe?

 

 

Le travail technique, l’amélioration des points faibles et l’endurance bien sûr.

 

 

Quels sont tes prochains gros objectifs?

 

 

Mon prochain défi c’est l’Ecosse au mois de mai au « Wilderness ARC 2007 »

Ce sera la revanche face à Nike !

Pour terminer, quelques petites questions

 

Ton idole dans la vie: Mike Horn 

Ton moment préféré de la journée: Le matin tôt au petit déjeuner une terrasse un café chaud et l’Equipe …

 

Ton petit plat: les pâtes Pesto emmental râpé

 

Une bonne adresse, un bon plan à nous faire partager ? Allez mangez des pâtes au Cinecitta ou au Cia A Té , et venez achetez vos chaussures de trail et de raid chez Training7!

Merci beaucoup Seb d'avoir accepté de te soumettre à mes questions... en espérant te croiser au détour d'un chemin pentu et caillouteux, une carte de CO à la main!

Partager cet article
Repost0
12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 07:57
Je débuterai cet article en vous faisant partager ces quelques lignes, histoire de planter le décor et de situer la personne... Voici la lettre de félicitations adressée par M. Jacques CHIRAC Président de la République à Thomas MONIER pour sa médaille de bronze lors des championnats du monde de Canoé-kayak à Bourg Saint Maurice, le 24 aout 2002

" Cher Thomas Monier,

Vous avez, malgré une première manche difficile, réussi à vous hisser sur la troisième marche du podium des championnats du Mondial de canoë kayak à Bourg Saint-Maurice.

Vous avez su, avec vos coéquipiers, mobiliser tous vos efforts et votre volonté pour réaliser une deuxième course déterminante.

Au nom de tous les Français, je vous félicite de tout coeur pour cette belle performance qui est la juste récompense de vos efforts communs.

Mes meilleurs voeux de réussite vous accompagnent pour la suite de votre carrière.

Je vous prie d'accepter, cher Thomas Monier, l'expression de mes bien cordiales amitiés.

Bravo ! Bien amicalement,

Jacques CHIRAC

 
 
 
PORTRAIT EXPRESS DE THOMAS:
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
35 ans,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marié avec Sandrine
Papa de Mathieu, Eva et Noé
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Professeur de sports,
formateur aux métiers du sport à la DDJS de l'Ain
 
Titulaire du BEES 2è degré en canoé-kayak
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PALMARES INTERNATIONAL EN KAYAK
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Médaillé de bronze aux Championnats du Monde à Bourg Saint Maurice en 2002
15 ans au sein de l'Equipe de France de slalom
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
MAIS TOM, C'EST AUSSI....LES RAIDS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2è au Raid Transmassif en 2005 en masculin par 4, 3è en 2006
Vainqueur du triathlain en 2005 et 2006
Vainqueur du raid du castor en 2005
Vainqueur au raid ESC Chambéry en 2006 en masculin par 2
 
 
 

 

 

 

 

 

Derrière son regard bleu, on devine tout de suite la détermination et la gentillesse qui caractérisent Thomas Monier. A 35 ans, ce dernier a accepté de faire un petit retour en arrière pour nous faire partager quelques beaux moments de sa carrière.

 

Petit échauffement avant d’aborder des questions plus complexes: A quel âge as-tu commencé le kayak ?

 

 

Trop dure comme question d’entrée de jeu !

J’ai eu envie d’essayer le kayak vers l’âge de 14/15 ans, à cette époque, j’habitais en région parisienne avec ma mère. C’était vraiment du loisir, de la balade. Mais très vite, j’ai eu envie d’aller plus loin, pas forcément en terme de résultats, non... Je voulais faire du kayak, beaucoup de kayak, tout le temps ! J’ai réfléchi et le seul moyen d’y parvenir pour moi était de m’inscrire en sports/études. Là, au moins, j’aurais eu les moyens de naviguer…

Alors au bout d’un an, j’ai foncé tête baissée et j’ai participé aux sélections pour entrer en lycée sport/études à Périgueux. Je n’avais aucun passé dans la discipline ni aucun résultat à mon actif (à part une place de 88è aux Championnats de France cadets !). Mais les entraîneurs ont tout de même détecté en moi un potentiel, et ont décidé de m’intégrer.

Et me voilà parti de chez moi à 15 ans, pour faire du kayak…

 

 

Ben dis donc, toi… on peut dire que tu ne te poses pas trop de questions dans la vie ! Et ton premier résultat est arrivé longtemps après ?

 

 

Et bien pour tout dire… j’ai gagné les championnats de France cadets dès l’année suivante ! C’est-à-dire pour ma deuxième participation… (et aussi ma deuxième année de pratique). Je m’éclatais tellement dans ce sport, que tout est arrivé très vite et sans que je me prenne la tête.

 

 

En quoi le kayak « t’éclate » justement ? (Attention tu as droit à 2 mots pour résumer la situation !)

 

 

Pas exigeante la Carotte…

Le premier c’est « plaisir » : le plaisir d’être en communion avec le milieu dans lequel tu évolues. En eaux vives, tu dois sans cesse t’adapter aux changements de courants, de vitesse, d’appui, et faire corps avec ton bateau. Quand tu y parviens, tu as tout gagné.  Et puis c’est vrai que la plupart du temps, on pratique dans des endroits plutôt sympas, ça te permets vraiment de t’évader, de t’aérer l’esprit.

 

Le second c’est « accomplissement » : accomplissement d’un objectif, accomplissement de soi. Pour parvenir à ton but, tu dois y mettre d’énormes moyens, une extrême rigueur, faire des concessions. Et quand tout cela paie, c’est un vrai bonheur, une sensation d’accomplissement quoi. Monter un projet, se donner les moyens et réussir à aller au bout, c’est plutôt sympa non ?.

 

Finalement, j’ai vraiment trouvé ce que je cherchais dans le kayak. Plus que le haut niveau ou la recherche de résultats à tous prix, ce sont ces deux aspects qui ont dictés ma conduite et mon état d’esprit durant toute ma carrière. Et encore aujourd’hui je fonctionne sur ces principes.

 

 

Comment t’entraînais-tu l’année des Championnats du Monde ?

 

 

A cette question je répondrais par… moins que les autres ! Ca devait représenter 8/9 fois par semaine, tandis que la moyenne se situait aux alentours de 12/13 fois pour mes collègues. En fait, j’ai énormément ciblé le travail sur mes points faibles. L’année des Championnats du Monde, j’étais déjà relativement âgé par rapport aux autres, « j’avais de la bouteille », je connaissais donc mes points forts, et je pense qu’à ce stade de ma carrière, ils étaient acquis, stabilisés. Certains gestes, certaines réactions face aux éléments étaient véritablement automatisés. Bien sûr, il fallait que je conserve ces qualités mais, j’ai choisi d’axer mon entraînement sur les « points de progression ». J’ai joué la carte du qualitatif…

 

 

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

 

 

Paradoxalement, ce n’est pas mon meilleur résultat ou une course à proprement parlé. Pour tout dire, mon meilleur souvenir reste incontestablement les deux minutes qui ont précédées ma finale en individuel aux Championnats du Monde de Bourg Saint Maurice en 2002.

J’avais d’ores et déjà rempli mon contrat en m’étant qualifié pour cette finale. Tout ce que j’allais faire dans les minutes à venir ne seraient que du bonus et du pur plaisir. Pour ajouter à cela, j’étais dans mon pays : tout le public était rassemblé autour de l’événement pour soutenir l’Equipe de France, je savais que ma famille était là, quelque part au bord du bassin et qu’ils étaient tous avec moi par la pensée. Ils n’étaient pas dans mon bateau mais c’était tout comme !

Et puis là…avant de prendre le départ, j’ai regardé au loin. J’ai vu toute cette foule sur la berge, les premières portes que j’allais bientôt franchir, l’écran géant affichant ma tête (de tueur, dixit ma femme) et, plus loin, la rivière qui plongeait en contre bas, faisant disparaître les portes suivantes pour laisser la place au ciel. C’est là-bas que j’allais…

Ce moment là a été un moment magique, 2’ de vrai bonheur et de plénitude. En plus, je savais que j’arrivais à la fin de ma carrière, j’ai donc profité à 200%... Le résultat, 5è, a été ce qu’il a été, j’ai tout donné. Mais ce qui restera gravé dans ma mémoire, c’est ça, l’avant course…

 

 

Et cette médaille de bronze en « Patrouille » (comprenez par équipe) avec Benoît Peschier et Fabien Lefebvre, peux-tu nous en parler un peu ?

 

 

Oui, d’ailleurs, c’est toujours avec beaucoup d’émotion que j’évoque cette médaille. J’ai même encore du mal à en parler « sereinement ». Cette course a été la traduction d’un véritable esprit d’équipe, chacun a apporté ses qualités et ses forces et a su les mettre au service de l’équipe. Pourtant, le slalom est une discipline individuelle par essence, on s’entraîne généralement dans son coin (des fois, on ne voit son coach qu’une fois par semaine pour dire !).

On était plutôt mal classés après les séries, mais on a su rebondir, garder notre cohésion et, au final, alors que personne ne nous attendait là, on obtient une médaille.

Ok, on a tous les 3 fait des petites erreurs durant le parcours, mais malgré ça, personne n’en a jamais voulu à l’un ou à l’autre. On a accepté les choses et on est resté très fiers de ce résultat.

A bien y réfléchir, je pense que cette médaille n’est pas arrivée là par hasard. Elle m’a « montrée la voie » des sports d’équipe et m’a conforté dans l’idée que l’entraide, le respect mutuel, l’effort commun sont des aspects que j’apprécie vraiment dans le sport. D’où certainement, ma reconversion dans les raids !

 

 

Ton plus mauvais souvenir ?

 

 

Le plus dur pour moi, sans conteste, ça a été 1999. Je ne me suis pas qualifié pour les Mondiaux, alors que je m’étais énormément investi.

Je dis « je », mais en fait, c’est « nous ». Parce que ma femme et mes enfants étaient aussi embarqués dans l’aventure, par la force des choses. Durant toute ma carrière de haut niveau, Sandrine m’a suivi, a dû s’adapter aux déménagements, gérer les enfants que nous avons eu très jeunes (elle avait 22 ans pour le premier), y compris pendant mes absences, être à mon écoute. J’en suis conscient, elle faisait partie de ma préparation. Elle a toujours été là pour me soutenir dans les moments difficiles et j’avais vraiment besoin d’elle pour être performant. Elle a été d’une patience infinie et ne m’a jamais « suggérer » de mettre fin à ma carrière. Une chose est sûre, Je lui dois beaucoup.

Pour toutes ces raisons, j’avais vraiment à cœur de réussir.

Malheureusement, ces sélections ont été un échec. Pourquoi ? Avec du recul, je dirais que pour la 1ère fois, j’ai cherché à pagayer comme on me disait de le faire et non pas en écoutant mes propres sensations, mon bateau. Tous mes gestes étaient dictés, je voulais trop bien faire… J’ai mis très longtemps à m’en remettre et à remonter la pente.

 

 

 

 

  Aujourd’hui, 5 ans plus tard, est-ce que tu estimes avoir atteint tes objectifs ?

 

Alors… je dirais que oui…

Je suis conscient que j’aurais certainement pu aller plus loin dans mes résultats (en toute modestie bien entendu), parce qu’à cette époque j’avais une bonne technique gestuelle.  Je pourrais aussi me sentir frustré d’avoir été 2 fois remplaçant aux Jeux Olympiques sans jamais avoir obtenu une place de titulaire. 

Mais en fait, pour rejoindre mes propos en début d’interview, les résultats ne sont que la cerise sur le gâteau.  Moi ce que je voulais avant tout c’était m’amuser au contact de la nature, aller au bout d’un projet, développer des qualités, une force de caractère. C’est chose faite.

 

 

Aujourd’hui, tu t’es lancé dans les raids multisports? Mais… quelle mouche t’a piquée?

 

 

C’est un pote, un collègue de boulot qui m’y a amené progressivement… Il était dans une équipe de raids. Entre midi et deux, il m’emmenait courir ou faire du vélo. J’étais un peu son « sparring-partner », jusqu’au jour où ils ont eu besoin de quelqu’un pour courir sur un raid, mais…pas n’importe lequel ! Le Raid Transmassif : Un raid de sept jours, la tête dans le guidon !  Un truc de fous !

Je l’ai su 3 mois avant, autant dire que je me suis mis la pression à l’entraînement !

Pour tout dire, les kayakistes sont plutôt recherchés dans les raids. D’abord parce qu’on a une bonne lecture de rivière et de l’eau vive et ensuite parce qu’on a une culture « roots » bien ancrée ! Après tout courir, dans la boue, la nuit, se faire mal, dormir dans le froid n’a jamais tué personne…

 

 

 

 (Ca c’est toi qui le dit !)

Avant de te rendre ta liberté, j’aurais 2 ou 3 petites questions

Ton idole dans la vie:

Ouh là, quelle question !… alors moi, je n’ai pas d’idole. Il y a des gens que j’admire mais pas au point de vouloir leur ressembler à tous prix… Non… A cette question, je répondrais que je suis fan… de ma petite femme !

 

 

Ton moment préféré de la journée ?

Sans hésitation : le petit déj’ ! C’est le seul instant de la journée où on se retrouve tous les cinq autour de la table, et ça, c’est un grand moment ! Comme je suis le premier debout dans cette maison, j’ai toujours l’immense plaisir de les voir arriver les uns après les autres (toujours Sandrine en queue de peloton…), avec des têtes de vrais ahuris ! C’est un moment génial !

Une bonne adresse ?

Alors comme on ne sort pas beaucoup de notre fin fond de campagne… (Poncin city), ce ne sera pas une boite de nuit ou un resto. La bonne adresse du coin, c’est Mr et Mme Bottex, viticulteurs à La Cueille, Poncin. Ils vous fournissent un des meilleurs « Cerdon » du coin pour un prix à portée de toutes les bourses !

Pour info : j’ai testé pour vous (quel dur métier que celui de reporter sans frontière), et effectivement, ce petit vin rosé à bulles naturelles se boit très (trop) bien ! Un petit goût fruité de « reviens-y » !

 

 

Attention tout de même : tout cela ne vaut pas un bon Vouvray Pétillant Brut de Rochecorbon! Non mais !

 

 

Merci infiniment Tom d’avoir livré quelques uns de tes souvenirs et merci à toi Sandrine de m’avoir fait découvrir la raclette au Morbier et au Bleu de Gex !

 

 

Non vraiment, je vous le dis, cette mission d’enquête que je me suis auto-administrée est un véritable sacerdoce !

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 07:53

Faisant suite à mon grand jeu concours, voici comme promis,  le témoignage de Jean-Christophe BETTE, qui nous fait partager ici son expérience et quelques anecdotes de la vie d'un rameur de haut niveau. En espérant susciter une vocation chez certains de mes lecteurs... on ne sait jamais?

 

Jean-Christophe BETTE

29 ans

1,86m pour 72 kg

Marié (avec moi....)

 

Club: Société Nautique de Compiègne

Situation professionnelle: technicien EDF

 

 

 

PALMARES INTERNATIONAL:

 

 

 

- Champion Olympique: Sydney-2000

- 3 fois Champion du monde: Gifu-2005, Lucerne-2001, Cologne-1998

- Vice Champion du Monde: Eton-2006

- Médaillé de bronze aux Championnats du Monde: Lucerne-2001

- Vainqueur de la Coupe du Monde en 2000

- Vainqueur des Jeux Méditérrannéens en 2005

 

 

Chevalier de la légion d'honneur

 

 

 

 

 

 

Une première question pour nous mettre en jambes: comment t'es venue l'idée de faire de l’aviron ?

A vrai dire… tout a fait par hasard ! En arrivant sur Compiègne, lorsque j’avais 10/11 ans, je ne savais pas quel sport pratiquer. En fait, c’est ma mère qui m’a parlé de l’aviron. Je ne connaissais pas et l’idée m’a tentée. Au collège, j’avais des copains qui étaient déjà inscrits au club de Compiègne, donc je me suis dit, « pourquoi pas moi » ?

 Et tu as commencé directement par la compétition ?

Ma première licence date de 1989, je devais avoir 11 ans, j’étais minime. J’ai fait les championnats de France pour la première fois en 1991, en Quatre Barré, à Mâcon.

 

 Ton résultat ?

On a dû faire 13è, pas sûr…

 Si tu devais résumer en 2 mots ce qui te plait dans ce sport :

Je ne peux pas répondre comme ça ! En gros, c’est tout ce que tu dois faire pour arriver à te faire plaisir. C’est un sport tellement exigeant pour arriver avoir des sensations, comment dire ? …ça se mérite… Ce qui me plait c’est la recherche permanente du moment où tu peux atteindre ce plaisir et des entraînements que tu dois encaisser pour ça.

 Tu es un peu maso quoi…

Ben… on l’est tous non ? Quand on fait de la compétition, on a un peu ça dans le sang je crois…La deuxième chose qui me plait, c’est qu’un résultat en attire un autre

C’est comme une drogue si je comprends bien… (Réflexion personnelle à ce moment de l’interview : Mon mari est maso et drogué ! Aïe…)

Quand tu arrives à un certain niveau, dès que tu te fais battre ou accrocher, ça te rend malade. C’est ça qui me fait continuer, être devant fait partie de mes motivations… Tu vois par exemple : je viens d’apprendre que 2 rameurs du mythique bateau danois (Champions olympiques en1996 et 2004) viennent de reprendre les rames. Ca c’est le genre de chose qui me donne la hargne!

 Et en 2 mots, ce qui ne te plait pas ? (et ne réponds pas « ta femme » s’il te plait !)

Ce qui ne me plait pas… Ce n’est pas forcément lié directement à l’aviron. C’est plutôt propre au haut niveau en général: tu ne peux pas faire tout le temps ce que tu veux. Par exemple, j'aimerais bien te suivre quand tu pars t’entraîner, crapahuter en montagne. Ou bien encore, trouver le temps de faire ce voyage de noces dont on rêve (15 jours de ski de rando au Canada…). Ce sont des choses comme çà qui sont contraignantes. 

Sans commentaire de l’intervieweuse… (Objectivité du journaliste oblige …)

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

Pour moi, c’est d’abord le titre de Champion Olympique à Sydney en 2000.

 

 Il y a aussi le titre de Champion du Monde en 1998 avec Vincent (Montabonel) en Deux sans barreur qui fût une grande surprise pour nous et pour notre entourage!  Ce titre a été comme une sorte de rampe de lancement. Et puis, il y a toute la saison 2005, grande année… J’ai gagné les Jeux Méd avec Franck, on s’est marié, on a participé ensemble aux Championnats du monde et, pour finir en beauté, on obtient la médaille d’or en quatre!

Et le plus mauvais ? 

Je pense que ça restera les Championnats du monde de Milan en 2003…. On ne s’attendait pas à un tel résultat (14è), pour dire, on ne s'est même pas qualifiés pour les JO d’Athènes…

 Ton but ce sont les JO de Pékin… Alors comment fais-tu pour concilier cet objectif avec ta vie professionnelle ?

J’ai la chance d’être agent EDF et d’avoir une convention qui me permet de faire un mi-temps sur l’année afin d’être détaché pour les compétitions et les stages d’entraînement. De plus mon emploi du temps chez EDF, 32h par semaine, me permet de réaliser mes 10 à 12  entraînements par semaine, tout en gardant un contact réel avec la vie professionnelle.

Et tu arrives à avoir une vie privée et du temps libre ?

Jocker… Il faut demander à ma femme…

Est-ce que tu t’estimes suffisamment reconnu vu ton palmarès?

Ben…Ce n’est pas ce que je cherche à la base. Dans le milieu de l’aviron, c’est sûr que je suis reconnu. Après, en tant que Champion Olympique, on a souvent des remarques de gens extérieurs au milieu. Ils ne comprennent pas qu’on ait à travailler, à gagner sa vie comme tout le monde et qu’on ne gagne pas des fortunes, comme les joueurs de foot. Ca te fait réfléchir mais tu reviens vite à la réalité !

Comment tu te prépares une semaine avant les Championnats du Monde ?

Une semaine avant, on rentre dans une préparation plus spécifique, c’est-à-dire qu’on réalise des entraînements plus courts et plus axés « vitesse ». On a des entraînements bien ciblés, qui visent normalement à arriver « frais » pour la finale. Mais il est vrai que dans un équipage, si on n’est pas tous dans le même état de forme, ça peut devenir délicat à gérer… Il faut être à l’écoute des autres, échanger en permanence avec le coach. Il faut être dans les bonnes dispositions pour arriver confiant le jour J et que tout soit réglé comme du papier à musique. Paradoxalement, ces automatismes ne doivent en rien, enlever ton envie de gagner, ta hargne, le grain de folie qui fait que tu vas passer la ligne devant, à la bataille pour 9 centièmes de seconde !

A quoi est-ce que tu penses avant une finale importante (JO, Mondiaux ?)

C’est différent pour chaque course, pour chaque événement, pour chaque saison…Même si en gros on retrouve toujours les mêmes choses : tu repenses à tout ce que tu as investi dans la saison, et tu penses à des choses plus ponctuelles, des images marquantes qui précèdent la compétition. Avant un départ, il y a 3 ou 4mn où tu attends sans rien faire, donc tu penses forcément à ta course mais, involontairement, tu as des flashs qui te viennent à l’esprit. (Par exemple, des paroles échangées avec le coach, avec tes proches (toi par exemple)…)

Je ferai attention à ce que je dis la prochaine fois !

A ton avis, est-ce que ton entourage (moi par exemple…) comprend ce que tu fais ? Te soutient ?

Je dirais que dans la logique, oui… puisque tu as été dans ce cas là, même si c’est vrai, ce n’est pas facile tous les jours de mener une vie de couple « classique » quand on est parti entre 120 et 160 jours dans l’année…

Jocker de l’intervieweuse…

Grande question ! Et après ? (Après ta carrière de haut niveau ?)

Là, l’intervieweuse remplit son rôle en toute objectivité, et se doit de retranscrire coûte que coûte !

Ce qui me fera arrêter le haut niveau… ce sera l’envie de fonder une famille (= enfants….). Mais, à vrai dire, tout de suite, je ne sais pas comment je vais réagir. Me connaissant, voyant les autres rameurs de ma génération continuer, ce sera difficile pour moi de rester sur le bord d’un bassin sans prendre les pelles (= rames)!

Petites questions subsidiaires :

Tes idoles ?

Stevie Ray Vaughan

 

Ton plat de prédilection ? 

Ca dépend de la façon dont c’est fait, du moment… Mais je ne dis pas, une bonne carbonnade flamande préparée par ma petite femme, ça ne se refuse pas!

Ton moment préféré de la journée ? 

La petite bière après l’entraînement…

Une bonne adresse ou un bon plan à nous faire partager ? 

« La Cauette à Bière » à Saint Sauveur, un petit village perdu à côté de Compiègne. Jean-Paul et sa femme seront ravis d’aiguiller les amateurs de bières dans leurs choix ! C’est simple, on y trouve tout ! 

Merci à toi !

 

 

Partager cet article
Repost0