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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:56

Aujourd'hui, j'ai la chance et l'honneur de vous livrer une interview toute fraîche de Nathalie MAUCLAIR, récente vainqueur de la Diagonale des Fous à la Réunion mais aussi Championne du Monde de trail en 2013, vainqueur de la TDS et membre du team LAFUMA... Rien que ça ! Nathalie c'est à la fois le regard déterminé, la foulée résolue d'une compétitrice et le sourire d'une personne humble et accessible...Bref une grande championne qui gagne a être connue et reconnue!

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Salut Nathalie,
Tout d’abord merci de te prêter au jeu des questions après ta magnifique victoire au Grand Raid de la Réunion et aux Championnats du Monde (sans compter la TDS et toutes les autres courses qui ne te résistent pas ! pfiou !!). C’est toujours un plaisir d’en savoir un peu plus sur une athlète comme toi, qui cumule les succès !
Ma première question, c’est : Après ton retour du Grand Raid, quel est ton ressenti ? Est-ce que tu es déjà prête à repartir pour de nouvelles aventures ?

Suite à ma saison 2013, j’ai le sentiment d’avoir réalisé quelque chose d’impensable. J’avais positionné toutes ces courses à mon calendrier mais je ne pensais pas être performante sur chacune d’elles. Alors à ce jour, plus d’un mois après le Grand Raid, je suis encore la tête dans les nuages réunionnais avec l’envie d’y retourner l’année prochaine. ..
La Saintélyon ? oui ? non ?
Pour ce qui est de la fin de l’année, je ne prendrai pas le départ de la Saintélyon, je n’ai pas eu l’énergie et le temps nécessaire pour me remettre dans une nouvelle prépa.
Quelles sont les plus belles images que tu gardes après cette saison de folie ?
Mes plus belles images sont celle de l’arrivée des mondiaux, ce dernier km qui me conduisait vers la victoire et le titre est inscrit en moi. Et quand l’organisateur me tend un drapeau Bleu-Blanc-Rouge, je me dis « ça y est … c’est gagné ! ».  Il y a aussi le Départ du Grand Raid sur cette route du Front de mer maculée de supporters qui nous encourage et alors je n’ai qu’à courir… portée par tous ces encouragements et puis tous ces supporters tout au long de la course qui sont là pour nous, pour nous voir passer, nous encourager et partager cet instant furtif avec nous. Il y a aussi les paysages tant dans les Alpes avec la TDS qu’à la Réunion…
Que de bons souvenirs…. Et les plus mauvais alors ?
J’ai beau chercher en 2013 je n’en ai pas eu…
2013, à inscrire dans les archives donc ! Nathalie, en quelques années, tu as su te placer parmi les meilleures. Comment expliques-tu ce succès fulgurant ?
Je crois que cette ascension rapide vers de belles performances est liée à un équilibre de vie. J’ai la change d’avoir une petite famille sans problèmes particuliers (Hannibal 10 ans et Miléva 6 ans). Mon  mari me soutient et partage mes projets. J’arrive à m’imposer une hygiène de vie très rigoureuse et je suis là encore soutenue, ça veux dire très peu de soirées tardives entre amis dans l’année (pas plus de 5) et des WE essentiellement consacrés au sport avec des entraînements bi quotidiens.

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Mon travail qui est, à certains moments, une contrainte est aussi une ressource puisque que ça me permet d’évoluer dans un autre milieu et de rester en contact avec la vraie vie. Même si mon souhait serait de pouvoir diminuer un peu mon temps de travail pour pouvoir ainsi mieux me préparer et mieux récupérer après chaque événement.
Parlons entraînement justement… Une question me turlupine. Tu habites au Mans. Alors comment une fille de la Sarthe arrive à se préparer pour des courses d’ultra en montagne où il faut savoir appréhender et surtout encaisser le dénivelé ? (TDS, Diagonale etc) Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta préparation et ton entraînement quotidien durant l’année ?
J’habite bien à 10 km du Mans, dans la campagne, ce qui me permet en partant de chez moi de pouvoir partir à pied, en VTT ou sur la route. Je m’entraine 6 jours sur 7 et je fais entre 8 à 10 sorties par semaine avec 1/3 de vélo (que je fais avec mon mari) et 2/3 de course à pied. Je n’ai pas d’entraineur qui suive mes entraînements. J’aime cette liberté et pouvoir organiser mes séances en fonction de mon boulot et de ma vie perso.  Depuis 4 ans, j’ai repéré ce qui marchait bien et ce qu’il ne fallait pas faire, comme tous les coureurs, je prends des notes dans un cahier. Il y a aussi Dominique Chauvelier avec qui j’ai de très bons contacts et que j’appelle en période de doutes (souvent un peu avant des gros objectifs) ou pendant la période hivernal, pour qu’il me fasse bosser la vitesse.

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Alors à la question comment je fais pour réussir en montagne, je pense que c’est la part d’entraînement en vélo qui me permet de compenser le manque de dénivelé.  Aussi, la montagne… j’aime ça, alors c’est comme un manque en Sarthe et quand j’arrive dans vos montagnes, je me surpasse et me fais plaisir ! Pour le travail des descentes, je fais du fractionné de descente et je fais un travail de visualisation. Enfin, il y a ma pratique du raid multisports avec le team raid Lafuma, c’est un sport d’équipe et cela me permet de m’enrichir de l’expérience de mes coéquipiers.
Question qui me tient à cœur, j’ai 33 ans, tu en as 10 de plus et tu gardes une pêche d’enfer. Quel est ton secret pour rester en forme et surtout sans blessure car beaucoup de filles plus jeunes sont déjà bien cassées !
Même si je suis une p’tite vielle (expression que j’utilise souvent), je suis encore toute jeune dans le milieu de la course à pied et du sport en général. Ce ne sont pas les quelques années de VTT vers la trentaine qui m’ont beaucoup fatigué. Alors mon corps et mon cerveau ont encore l’énergie et l’envie de se surpasser !!!
En 2010, à la fin de ma première saison, j’étais toute cassée de partout et j’ai surtout eu une tendinite du moyen fessier qui a duré 6 mois c’est pour ça que je n’ai fait que Les Templiers en 2011. Dominique m’avais dit « tu en fais trop… » il avait raison !!!
Alors, grâce à cet ennui, j’ai appris et j’ai mis en place un réseau de professionnels (kiné, ostéo, médecin rééducateur) que je contacte quand je commence à avoir des gènes (avant que ça ne devienne une blessure). Mais j’ai remarqué que j’allais de moins en moins souvent les voir, car je connais mieux mon corps et je sais faire la différence dans mes ressentis. Les étirements et le renforcement musculaire ont été d’après moi,  deux éléments importants qui m’ont sorti de cette blessure et je les pratique régulièrement encore.
En tant que femme, aurais-tu un message à faire passer aux autres traileuses, débutantes ou confirmées ?
Le trail, la course à pied en général ou toute autre activité de loisir, nous permet de nous épanouir, de sortir de chez soi, de faire des rencontres…, c’est tout ça qui est intéressant. Bien sûr,  je milite un peu plus pour le trail ou le multisports, mais l’important c’est de pratiquer une activité où l’on se fait plaisir et où on prend du plaisir. Peu importe la performance. Après, il y a les compétitrices (comme moi) et celles qui sont là pour finir, et c’est très bien comme ça ! L’important c’est de faire ce qui nous plait… la vie est remplie de contraintes alors utilisons le sport pour les oublier !!!
Il ne faut pas croire que c’est une contrainte. Il faudrait que chaque femme puisse s’autoriser à avoir un moment pour elle-même sans culpabiliser de laisser un peu sa famille. Il faut juste conserver des moments partage et rester un peu disponible.

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Merci pour ce petit message d’espoir pour toutes les femmes qui nous lisent ! Après tous ces succès, tu n’as plus rien à prouver alors qu’est-ce qui te fait encore courir ? Quelles sont les raisons profondes qui te font aller encore et toujours plus loin ?
Effectivement, je n’ai plus grand-chose à me prouver sauf que je veux maintenant confirmer et j’espère durer encore un peu. Au fond de moi, je suis toujours à la recherche de mes propres limites. Je les ai touchées du doigt l’année dernière lors du championnat du monde des raids multisports lors du Raid in France 2012 (500 km, 24000 m de D+ en trek, VTT, canoë, rafting soit 7 jours de course et 15 heures de sommeil). Du coup, je crois les chercher maintenant en course à pied… et tout simplement c’est une belle manière de découvrir le monde…
Quels sont tes prochains principaux objectifs (à court et long terme) ?
A court terme, je vais repartir sur quelques cross, le 20 km du cross Ouest France au Mans, puis ensuite je vais me lancer dans quelques épreuves du World Ultra Trail Tour : il y aura la Transgrancanaria début mars, le Grand Raid en octobre et il me reste à me décider pour le milieu de saison.
Un beau programme en perspective, en espérant que 2014 te sois aussi réjouissante et pleine de succès que l’année 2013. En tous cas, c’est tout ce que je te souhaite !
Et pour en savoir un peu plus sur qui tu es vraiment… quelques questions complémentaires :
Un dicton ? La fameuse phrase de la maman de Forest Gump «  la vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »
Ton plat préféré ? C’est un dessert, le café gourmand
Tes passions en dehors du trail ? La lecture, mais malheureusement en ce moment je n’ai pas le temps de me plonger dans un bon livre de science fiction !
Ta bonne adresse ? Ma maison, j’y suis bien et j’aime bien cuisiner
Une remarque ? Tout ce qui m’arrive en ce moment est vraiment magique pour moi, je ne savais pas que la vie me réserverait une si belle surprise…
J’adore… merci  Nathalie pour ton enthousiasme, ta façon de voir les choses et de nous avoir fait partager tout ça ! Nous te souhaitons bon vent et bonne chance dans tous tes projets. Vive le trail et vive le sport !

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:01

Jez Bragg, traileur du team The North Face, que j'ai eu le plaisir de rencontrer un jour à Chamonix, s'est élancé depuis 3 jours à l'assault d'un record un peu fou.

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Celui du record de "The Long Pathway", un sentier inauguré il y a tout juste 1 an. Un sentier oui.... mais pas n'importe lequel... puisque ce dernier chemine sur pas moins de 3054km, traversant la totalité de le Nouvelle Zelande !!

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The Long Pathway ralie l'ile du Nord (Cape Reigna) à l'ile du Sud (Bluff), soit 3054km à travers l'île, ses forêts primaires, ses lacs et ses sommets. L'objectif de Jez est simple : traverser Te Araroa en solo en moins de 50 jours. Alors souhaitons lui bonne chance ! Et qui sait? Peut-être qu'un jour j'aurai la chance de suivre moi aussi ce chemin au long cours... Un rêve... mais comme tout le monde le sait, j'ai une devise : "faire de ses rêves une réalité"!

Plus d'infos sur le défi de Jez ici : http://jezbragg.blogspot.fr/

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 11:20

Et aujourd’hui, on reste dans le trail côté « filles » avec l’interview de la toute récente vainqueur de la Saintélyon 2012, j’ai nommé Cathy Dubois ! Déjà vainqueur de la Sainté en 2007, 3ème à l’UTMB en 2008, 4ème aux Championnats du Monde, 3ème de la Diagonale des Fous en 2010 et plein d’autres victoires (MaxiRace, Xtrail, …), Cathy a un palmarès qui fait pâlir d’envie bon nombre d’entres nous !

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Photo Radio Parilly

Alors Cathy , dis moi… à force de te côtoyer sur les courses de la région et d’ailleurs, il était grand temps que je passe au mode « interview » ! Une bonne occas' avec la perf que tu viens de réaliser à la Saintélyon, malgré des conditions difficiles de froid, de neige et de verglas ! Peux-tu nous en dire un peu plus après ces quelques jours de repos…

Comment as-tu vécu cette course de l'intérieur?
J'avais envie de cette course et sans me mettre trop de pression je voulais bien faire !
Je me suis décidée à la faire tardivement d'ailleurs. 1 mois 1/2 à peine... J'étais dedans de suite, je suis partie motivée, envie de tout donner ! Donc aller chercher les personnes devant, relancer... A la sortie de St Etienne, dès l'apparition de la neige, je me suis éclatée. Bon appui, relance, version trail blanc.
Dès passage pas agréable avec des zones verglacées, mais j'ai positivé.

Dur? Sur la fin oui, j'ai serré les dents. Il me manquait un peu de foncier et mes cuisses commençaient à être béton... J'ai serré les dents !

Est-ce que les conditions d'enneigement t'ont gêné ou tu dirais que c'était plutôt un atout pour toi ?
Elles m’ont avantagé je pense, j'adore ces appuis fuyants, ces appuis où l'on s'enfonce... on scotche…ou alors on peut dérouler car le sol est bien damé...

Tu me disais avoir un peu peur de perdre ta place sur la fin de parcours, très roulante...
Oui, on m'annonce la seconde à 4' à Beaunant. je me suis dit si c'est une fille de la route… sûr elle va revenir ! J'ai envoyé, et au final je finis avec 9' d'avance ! J'avais peur que cela reviennent ! Et j'étais si prête de l'arrivée...

Et  tu as pensé quoi à ce moment là?
OUAHH TROP BON ! TROP ENORME !
Tu l'as fait ! YES lol !!
Oui cela fait toujours plaisir de gagner une course mythique, local...ou de nombreux amis, partenaires, collègues croient en toi... C'était un challenge ! Peu d'entrainement. J'ai pris du recul sur le suivi de mes sorties : je m'entraîne qu'au feeling (Plus de plan d'entrainement, de ceinture cardio ..) je me suis consacrée à mon ouverture de ma salle de fitness (une vrai passion !), à la rentrée scolaire et le suivi des devoirs de mes 2 enfants Thibault 5ème et Léa 2nde.. Continuer à partager des moments sympas avec eux, mes amis... Prendre le temps de sortir... Bref , j'ai rarement des heures où je farniente !
Mais contente d'arriver à tout concilier...


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Photo VO2

Quels sont tes prochains objectifs pour les mois à suivre?
Aucun ! En mode "selon les dispos, les possibilités"
Je vais faire quelques cross avec mon club d'athlétisme ASVEL, faire des sorties entrainement avec mon association SMON (Saône Mont D'Or Nature).
Je vais surement refaire le challenge national course montagne avec les copines : on a fini 1ère cette année. Ambiance sympa avec des courses courtes et non traumatisantes. Et prendre le départ de trail de 40 à 50 km... Bref, planning non défini !

Un rêve secret pour les années à venir Cathy ?
Si je te le dis, il ne sera plus secret ! lol !!
Côté sport : Des courses MDS (Marathon des sables) ! Emmener des personnes, partager des aventures...
Côté professionnel : Ouvrir d'autres clubs de fitness, et proposer l'accessibilité de l'activité physique à tous avec des sorties outdoor ... Bien-être pour tous !

Que de beaux projets ! Un grand merci à toi Cathy d'avoir pris le temps de répondre à mes petites questions. Nous te souhaitons alors plein de belles choses à venir, dans le sport comme dans ta vie pro! A bientôt sur un sentier sans doute et encore bravo pour ce week-end :)

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:09

Nous avons eu souvent l’occasion de nous croiser sur les courses, du Ventoux au Mont Blanc. Et il faut le dire, ce qui marque le plus chez Maud, c’est sa gentillesse et  ce sourire permanent affiché sur son joli minois.

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Qu’elle soit sous l’arche de départ, au 80ème kilomètre d’un trail long ou sur un podium (parce qu’elle en fait quasi systématiquement un !), Maud transmet sa bonne humeur et ça… ça donne la pêche ! Alors aujourd’hui, j’avais envie de vous faire partager un peu de la vie sportive de notre amie Maud.

Questions :

- Ma chère Maud, si tu avais un rapide bilan à faire de ton année 2012, ce serait?
Le bilan 2012 est plutôt positif je pense. J'ai commencé avec de courtes distances, et puis j'ai augmenté dans la saison. Quelques Kilomètres verticaux, Bidarray, ... la CCC (100km et 5950m D+) s'est super bien passée, avec beaucoup de plaisir. Un peu comme la cerise sur le gâteau. Par contre, le final n'a pas été celui escompté avec un abandon au Grand Raid Réunion (170km, 10800m D+), course qui me tenait à cœur. Mais je pense qu'il m'aurait été difficile de faire mieux vu la condition de fatigue dans laquelle je suis arrivée.

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- Quel est ton meilleur souvenir cette année ?
C'était pour moi une année de nouveauté....Comme je suis arrivée en métropole depuis 1 an (J’habitais à la Réunion depuis 8 ans), j'ai tout à découvrir ici, et je m'en prends plein les yeux! J'ai découvert les courses côté pays basque espagnol, à côté de chez moi, et j'ai vraiment adoré l'ambiance qu'il y règne! J'ai aussi adoré le marathon de Bidarray, qui passe par ma chère montée d'Irubela Kaskoa (c'est un peu mon Maïdo ici :-))


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- D’après toi, quels sont tes points forts en trail ?
Mes points forts, je dirais que ce sont surtout les terrains techniques, que ce soit en montée, descente ou plat. Et puis de ne pas dépasser mes limites, j'en ai toujours sous le pied (ou alors est-ce une erreur de ma part...il faudra que j'y repense!). Et puis le moral... suis toujours de bonne humeur sur une course !;-)

- Et tes points faibles ?
Quand c'est roulant ! les montées en pente douce, les descentes qui n'en finissent pas de ne pas descendre...en fait, je m'ennuie!....j'aime bien quand il faut rester concentrer et faire "hop hop hop"!

- Selon ton expérience, quels sont les clefs pour progresser en trail ?
Il faut bien entendu un entraînement régulier, alterner les entrainements en montagne avec des sorties sur chemin et route, et puis varier les types d'entraînement. Mais bon, je suis assez mal placée pour donner des conseils, car je fais vraiment au feeling...

- On évoque parfois le "trail au féminin", qu’en penses-tu toi ? Y a-t-il des particularités à prendre en compte lorsqu’on est une femme ?
Je ne sais pas, on est peut-être plus sur l'affect : quand le mental va, les jambes donnent. :-)Et puis les encouragements de l'entourage. Je pense que c'est plus important encore que chez les hommes.

- Comment tu expliques que les femmes soient de plus en plus aux avants postes au scratch (ex Emilie à la Diag) sur les courses ?
C'est une pratique, surtout sur le long, qui convient très bien aux femmes. La gestion de l'effort, l'endurance.

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- Peux-tu nous parler en quelques lignes de ton team ?
Je suis avec Hoka et Raidlight. Il y a d'abord l'apport matériel qui est le bienvenu: chaussures chez Hoka et vêtements, sacs à dos et accessoires chez Raidlight. Je suis avec HOKA depuis leurs débuts....une rencontre hasardeuse en sortant de Mafate avec Nicolas Mermoud (un des fondateurs de la marque), il me fait essayer un prototype....J'ai tout de suite accroché sur la nouveauté et le principe. Depuis, je ne quitte plus mes Hoka! Pour ce qui est de Raidlight, ça a commencé aussi à la Réunion, avec RUN Escapade, la boutique de montagne de Joël Delmas, qui m'a habillée en raidlight....et en rentrant en métropole, j'ai souhaité continuer avec eux, ce que Benoît Laval a rendu possible....
Voilou! LA JUPETTE et LES HOKAS .... je crois que tout le monde me connaît ainsi! ;-)
Et puis le fait de faire partie d'un team, c'est sympa, on est solidaire. On ne se voit pas tout le temps, avec les autres membres du team, mais dès qu'on se retrouve, c'est chouette.

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- As-tu des modèles, des personnes que tu prends en référence dans le sport et ailleurs ?
J'ai rencontré Maud Gobert l'année dernière au Trail du Ventoux...j'en avais déjà entendu parler depuis la Réunion...c'est devenu une amie, mais j'avoue qu'elle m'impressionne énormément dans ses performances!
Et mon papa, c'est lui qui m'a donné le goût de l'effort, qui m'a mis dans des baskets pour aller courir avec lui dès 6 ans!
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- Peut-on en savoir un peu plus sur tes hobbies en dehors du trail ? (la cuisine par exemple si j’ai bien compris !)
Oui! J'adore cuisiner! Comme tu l'as vu avec mon blog "Plus haut, plus loin, meilleur", j'essaie de mettre quelques recettes au fur et à mesure quand j'ai le temps! Mais c'est vrai que j'aime manger sain...oui oui, les biscuits aux amandes aussi c'est sain quand on les fait soi-même surtout ! Je fais mes yaourts (de brebis à la saison), confitures, pain (avec mon levain), conserves (dernière trouvaille, le foie gras ! Miam!), etc... En fait, j'aime partager et offrir aux amis, alors il y a toujours un biscuit et une tisane au cas où, et un tit pot de confiture pour amener ...
J'aime aussi jardiner, bien que je n'ai pas beaucoup de temps pour cela...à la Réunion, j'avais toutes mes herbes à tisanes (citronnelle, verveine, yapana, géranium, thym, etc....) ici, je les ai mis en pot, et je vais me mettre au potager au printemps.

- Quels sont tes objectifs pour 2013 et à plus long terme ?
En fait, je suis encore indécise...Grand Raid ou pas Grand Raid (Réunion) ... alors du coup, en fonction, l'entraînement et les courses seront différentes. Je n'ai pas grand chose de fixé encore, mais je serai au Ventoux, sur quelques kilomètres verticaux dans le coin, et peut-être en Andorre (ça me titille). Bref, je vais y réfléchir, pour le moment, c'est escalade et puis ce sera ski de rando, si la neige arrive un peu plus par ici....parce que … j’veux pas dire, mais vous gardez tout pour vous dans les Alpes en ce moment!

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Questions subsidiaires :

- Mais comment fais-tu pour garder le sourire même après 10 heures de course ??
Hé bien parce que je suis bien! :-)Je fais ce que j'aime, je suis heureuse d'avoir des gens qui encouragent autour....ça vient naturellement! :-)... et puis niveau sourire, tu es bien placée! :-)

- Ton plat préféré ?
Hormis les biscuits aux amandes? ...un bon saumon au four ou alors des grillades... Je suis gourmande et j'aime varier en fait!

- Ta bonne adresse ?
La lotte à l'ail d'Hondarribi pas loin de chez moi, Pays Basque. Et pour ceux qui sont à la Réunion....chez Thérèze!

- Ton dicton ?
« Souri à la vie et la vie te sourira... »

Et bien voilà, notre interview s'achève déjà ! Merci Maud pour ce petit moment de bonne humeur, et à très bientôt sous une arche de départ ... et avec le sourire bien sûr !

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 11:55

Ils sont potes, ils ont une histoire commune ... celle d'être Champions du Monde d'aviron en 4 sans barreur.

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Sauf que cette fois, ce n'est pas dans leur bateau que JC, Franck et Jérémy se retrouvent, mais sur les sentiers des Causses, baskets aux pieds ! Alors venons en directement aux faits les garçons:

Qu'est-ce qui vous a motivé a courir en trail et tout particulièrement aux Templiers ?

Franck : Tout d abord j ai été amené aux cours de mes entrainements à faire de la course a pied et certaines fois du trail. J'ai donc découvert cette discipline que j'ai adoptée immédiatement. Ensuite j'ai commencé à faire la Saintélyon en 2010. Et quand j'ai découvert le parcours des Templiers, j'ai tout de suite eu envie de m'y essayer. J'aime courir et encore plus en trail avec tous ces paysages et changements de terrain, on ne risque pas de s'ennuyer! En plus cette année j'ai décidé de mettre entre parenthèse l'aviron jusqu'en 2013 pour pratiquer d'autres disciplines comme le trail.

JC : Après avoir gouter aux sensations du trail sur la saison 2008/2009, pendant mon break aviron, j'avais déjà en tête une reconversion dans ce domaine. D'autant plus que le marathon des Causses 2008 était mon premier trail!

Jérémy : Un soupson d'objectif sportif, pour mon équilibre personnel. Un brin de reconversion, après l'aviron. Beaucoup de bons moments passés avec les amis et à en rencontrer des nouveaux. Enormément de plaisir à courir dans la montagne. En particulier, c'est un beau marathon en perspective, une opportunité sympa de dernière minute (merci Caro et merci Seb).
Ca va être sans aucun doute un week-end dans une ambiance que j'ai déjà pu apprécier à l'Oxygen Challenge avec les trailers du Team Garmin. Le festival des Templiers est une manifestation connue et reconnue, on va essayer de se frotter à tout ca...

C’est quoi votre objectif dimanche ?

Franck : Mon objectif est de terminer la course et de courir un maximum de temps sur cette distance.

JC : A ce moment de la saison mon objectif est plutôt la progression et le perfectionnement en vue de la saison à venir. Bien sûr, si la perf est à portée de main, ce sera du bonus mais je ne me mets pas trop la pression.

Jeremy : je ne me rends pas trop compte du niveau qu'il va y avoir. Ce n'est pas le parcours le plus demandé, il me semble. Volonté de progresser sur ce type de trail moyenne distance. La perf viendra avec le plaisir d'etre la-bas, un peu de pression et de stress d'avant course et on verra bien...

A votre avis, quels sont les points forts des rameurs en trail? Et les points faibles?

Franck : Nos points forts sont notre capacité physique et mentale mais en contrepartie nous n'avons aucune expérience sur la gestion d'un effort aussi long. (Notre discipline se court sur 6 à 7minutes et nos entrainements n'excèdent quasiment jamais les 2h.)

JC : Nos point forts : La caisse, ça c'est sûr, les rameurs ont la caisse, mais pour un effort de combien de temps? Le mental, l'expérience du haut niveau en général, ce qui permet d'adapter rapidement son entrainement en fonction de sa pratique, d'aborder les compétitions de manière sereine, de gérer un planning d'entraînement en fonction des compétitions de la saison et pas mal d'autres choses qui peuvent faire la différence.
Nos points faibles : L'expérience en trail de manière générale, la gestion de la durée de la course, on a plutôt tendance à partir trop vite et se griller. La gestion de l'alimentation pendant la course, c'est un élément inconnu pour nous, on peut facilement faire des erreurs irrémédiables dans ce domaine. L'aspect technique du trail, si on ne pratique pas un minimum les descentes techniques d'un parcours peuvent vite devenir un calvaire. L'aspect physique peut aussi poser problème, même si on possède de bonnes capacités physiques, les muscles ne sont pas forcément adaptés à ce type d'effort. Le travail des membres inférieurs en excentrique exigé par le trail en est un bon exemple.

Jérémy : Nos points forts sont l’endurance de force, l’habitude des grosses charges d'entrainement (en nombre et en volume) et les C2 (musculation)!

Quels seront vos atouts à vous? et vos points faibles?

Franck : J'ai déjà couru sur une distance similaire, je sais donc déjà mieux a quoi m'attendre, même s’il faudra que je travaille ma résistance. Je vais faire un petit régime afin d'être moins pénalisé sur ce type d'effort.

JC : Pour résumer, je pense n'être pas trop mauvais dans les montées et peut-être sur les portions planes, mais je dois énormément progresser dans les parties techniques et les descentes. Je dois aussi adapter mes capacités physiques pour des efforts longs, de plus de 2 heures.

Jérémy : Ca va pas trop mal dans les montées et je galère en descente...

Ca vous fait quoi de vous retrouver tous les 3 après l'aviron, dans un autre univers?

Franck : C’est plaisant de continuer de se voir, que ce soit dans le sport ou ailleurs. Après avoir vécu tant de choses on ne peut qu'être de bons amis. Après je serai le seul inscrit sur le 70 donc je ne serai pas en concurrence ;)

JC : Bien sûr ça fait plaisir de partager à nouveau une passion commune. Mais je pense qu'il faut voir aussi que l'on cherche tous les 3 quelque chose que l'on n'a pas trouvé à l'aviron, on a chacun nos raisons et nos histoires mais je pense qu'on est assez proche de ce point de vue.

Jérémy : Euh bin, la, euh, comment dire, c'est cool! Heureusement, pas de soucis pour supporter le Francky, il est dans la course des grands... ;-)

A moyen terme, quels sont vos objectifs?

Franck : Pour ma part, je vais continuer l'aviron jusqu'à Rio (2016) mais je souhaite continuer à me faire plaisir en participant à certains trails!

JC : Pour ma part, je n'ai pas encore de calendrier trail clairement défini, mais mon arrivée dans le Team Garmin me donne un élan de motivation et d'entrain pour plein de belles choses trail et autres.

Jérémy : Rien de précis pour l'instant en terme de courses. J'aimerais bien intégrer un Team, j'ai plusieurs propositions et je suis donc en pleine reflexion. Cela me permettra de rencontrer et partager encore plus et peut etre m'ouvrir a d'autres disciplines. C'est quand meme plus sympa de courir à plusieurs... Sinon ce sera ski de fond, trail blanc, VTT (enfin faut que je me decide à investir). Objectif de cette hiver : faire de la splitboard!

Si vous aviez un message à faire passer?

JC : Après l'effort, le réconfort, il faut savoir apprécier les bons côtés du sport, profiter et ne pas subir. On sait très bien que le haut-niveau ne permet pas d'avoir ce choix.

Franck : Mention spéciale à Fabien Tilliet (le 4ème équipier du bateau Champion du Monde) … T'as rien dans l'sac biloute! J'espère que tu seras plus vaillant sur les skis ;)

Jérémy : Merci Caro Cinquieme Element!
Et mention spéciale à Fabien Tilliet : Quelle vieille Carne! Speciale dedicace à un ami avec qui j'ai partagé beaucoup dans ma carriere de rameur...tout et n'importe quoi parfois...pour le meilleur et pour le pire...et oui, on en a fait des conneries vieille Branche!

Caro : Quant à moi, il ne me reste plus qu'à boucler les 72km des Templiers en espérant retrouver le Francky à l'arrivée... Bon courage les garçons !

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 18:35

C'est l'histoire d'une "vieille" copine de l'aviron... devenue Championne du Monde de Raid 2011
Une belle histoire pour Mimi et son copain Jacky, 2 petits frenchies devenus stars au royaume des sports outdoor, l'Australie. Récente vainqueure des Championnats du Monde de Raid qui se déroulaient en Tasmanie à la fin du mois d'octobre, mon amie Myriam Guillot a accepté avec gentillesse, franchise et générosité, de nous livrer SON aventure, ses réflexions, de nous faire partager un peu de son mode de vie à l'autre bout du monde ... Une vraie leçon de ténacité pour quelqu'un qui a décidé d'aller au bout de ses rêves !
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Mimi ... avec Jacky vous venez de gagner les Championnats du Monde de raid. 2 français dans le cercle très fermé des meilleurs raideurs du monde… C’est énorme !  Concrètement qu’est-ce qui a changé depuis ces derniers jours pour vous ? (Une envie de manger des pizzas tous les jours ?)
Et bien en fait rien n'a vraiment changé, pas de groupies, ou de paparazzis derrière notre porte d'entrée (peut-être parce qu'on vit dans notre voiture ?). Pas de ristournes au bureau de tabac quand on achète notre journal avec notre tête de vainqueur en 1ère page ou encore personne n'a osé ouvrir nos malles de la course et trier nos habits portés pendant 5j et 10h. Si ! il y a quelque chose qui a changé, Subaru Australia nous sponsorise et nous a prêté une voiture pour les mois à venir.  Et cette voiture est placardée de stickers "Champions du Monde", CA c'est la classe ! (et on l'avoue on est juste un peu fiers intérieurement).

Sans-titre-13.jpgEn fait c'est fou, mais en Hémisphère Sud nous sommes considérés comme des vrais athlètes car le raid est un vrai sport. Et le fait qu’on ai gagné en Australie nous facilite l'accès aux courses; car il faut savoir qu'ici si tu ne t'inscris pas 1 an avant, et bien soit tu es sur liste d'attente, soit tu es photographe !
En fait ce qui nous a vraiment changé, c'est que nos choix de vie et nos sacrifices quotidiens ont été récompensés. Nous sommes rassurés et nous avons montré à nos familles que nous n'étions pas si farfelus que ça… Car il ne faut pas se voiler la face ! Notre entourage est inquiet par notre façon de vivre. Ils sont fiers mais… Imagine … quand on leur a fait comprendre que nous allions arrêter nos petits boulots pour partir s'entraîner à l'étranger, c'était un peu la soupe à la grimace !
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Quel est ton meilleur souvenir sur cette course ?
Des souvenirs fabuleux j'en ai une ribambelle, comme tu le sais en Raid Aventure, tu pousses ton corps à l'extrême et les sensations sont amplifiées par la fatigue physique, le manque de sommeil, ainsi un petit truc va devenir une émotion hors norme.
Bon après, quand tu passes la ligne d'arrivée et que tu réalises un de tes objectifs, il est clair que c'est un moment exceptionnel. Mais quand je ferme les yeux, j'ai une autre image qui revient souvent : durant une longue section de VTT, le chemin arrive au pied d'une immense dune (car celle-ci avait bougé avec le temps), on prend la décision de la gravir (ce qui nous prend bien 15 min) et quand on arrive au top, un océan grandiose s'ouvre à nous, avec en parallèle des dunes à perte de vue. A cela se rajoute un panel de couleurs... Bref, c'était magique!!!
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Ahh ca oui, j’imagine…. Et le pire (parce qu'il doit quand même y en avoir en 5 jours) ?
Le pire moment, en fait j'en ai 2 : le 1er vient juste du fait que je n'aime pas trop les insectes et petites bêtes. Un jour, à force de marcher dans le bush, je sens de drôles de petits trucs qui me gratouillent les jambes. En fait, j'étais envahie de sangsues noires qui gigotaient dans tous les sens et qui grossissaient à vue d'oeil. Impossible à s'en débarrasser, des vraies sangsues!!! D'hystérie je me suis déshabillée presque entièrement, il y en avait de partout!!!
Mais mon Dieu mais quelle horreur…

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Sinon plus sérieusement (ah ... parce que ça, c'était pas sérieux pour toi le coup des sangsues??), le pire moment c'est sur la longue section de kayak (estimée entre 26h et 40h), on avait calculé que la 1ère équipe à attaquer ce kayak serait championne du Monde . On pointe en 1ère position car nos rivaux n°1 décident de dormir avant le départ. Sur le bateau c'est la fête, on est aux anges et on divague.
Mais on divague un peu trop …  car il y avait 2 balises sur le parcours dans le bush (accessoirement il fallait laisser nos kayaks et marcher 2 à 3 h pour prendre la balise) ! A la 2ème balise, on voit nos adversaires débarquer car on avait fait une belle erreur d'orientation. Et sur ces entrefaits on ne retrouve plus nos kayaks !! Bref Grosse panique car on réalise qu'on peut perdre le titre car en recalculant les kms qui nous restaient on s'aperçoit qu'ils peuvent finir la section avant la dark-zone (de 19h à 6h30) et nous laisser bivouaquer tout seul. Donc objectif : arriver à sortir cette section avant la nuit...
Durant les 6h restantes, on a pagayé comme des forcenés avec la rage et les larmes aux yeux d'avoir été si stupides. Au final, ni eux, ni nous arriverons au bout de cette section à temps et seront forcés de dormir sur la rivière. Ouf!!!
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Qu’est-ce qui t’a manqué le plus ?
Qu'est-ce qui manque le plus? Bien sûr DORMIR !
Imagine sur 5 jours et 10h de course, on a dormi 4h à l'arrêt obligatoire, 15min dans le bateau (tour de rôle) et 40 min durant un long VTT.  Donc le cerveau pense souvent au bon lit douillet et à son oreiller. Mais bon ça fait parti du jeu!!! Sinon, un autre truc : la chaleur, car la Tasmanie n'est pas la destination idéale pour se faire bronzer les gambettes...
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Combien de temps vous a-t-il fallu pour récupérer complètement selon toi ?
Niveau récupération, nous avons totalement stoppé pendant 15 jours avec au programme dodo, repas copieux, sieste, repas, sieste etc...
En général après chaque grosse course on planifie de cette sorte pour régénérer tout notre corps, et on en profite vraiment pour faire des choses totalement différentes, histoire de ne pas s'écœurer du sport. Puis on reprend progressivement, toujours bien à l'écoute de notre petit body. Car en général, c'est à ce moment bien précis que des douleurs étranges apparaissent un peu partout comme si nous étions rouillés ou trop vieux déjà :)).
Depuis déjà maintenant 3 ans, on cumule des semaines à 30h-40h d'entraînement tout confondu. Du coup des grosses courses comme les Championnats du Monde sont plus faciles à encaisser et on peut les enchaîner sans trop d'inquiétude !
Cet été, on enchainait un non-stop de 700km. Puis 15 jours plus tard, un autre stage multi de 5 jours avec des journées de 6h ou 8h. 5 jours après ça, c’était reparti pour 2 trails de 30km chacun. Bon je te rassure à la fin on était un peu éreintés, mais aucune blessure ou lassitude. (et tu crois que ca me rassure ???)
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Raconte nous comment ca se passe les relations dans l’équipe ?
Dans notre équipe nous sommes 2 Suédois et 2 français. L'an dernier, on courrait avec des Néo Zed, mais depuis cette année on a été recruté par Thule Suède. Les objectifs étaient clairs depuis le début, gagner les Championnats du Monde, ainsi toute notre saison a été planifiée de la sorte. Dès le début, des entraînements communs ont été programmés avec quelques séjours en Suède durant l'hiver, ou en Espagne. Puis sur chaque course, on s'organisait pour se retrouver plus tôt, histoire de bien se connaître. Nous sommes un team très calme et bien complémentaire. On a tous des expériences différentes avec pas mal de courses non stop dans nos bagages. Du coup, chacun est autonome sur son matos, son entraînement, sa bouffe … Bref, la confiance entre chacun est à son maximum.
Le langage officiel est bien sûr l'anglais, mais c'est vrai que quand on fatigue, le français et le suédois font leur apparition … Et parfois les situations sont amusantes car on se parle dans le mauvais dialecte … et il nous faut quelques secondes pour réaliser que c'est pour ça que l’autre ne comprend rien :))
Après c'est fou, comme quoi, on peut être voisins et avoir des cultures différentes.  Il faut un temps d'adaptation pour comprendre le fonctionnement de l'autre, mais ça ne nous a jamais mené à des conflits.  On se respecte tous et on est tous ravis de courir ensemble, enfin je l'espère:))
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Et avec ton homme ? Ca doit être particulier de courir avec sa moitié…  Comment vous arrivez à gérer votre vie de couple et votre carrière de coureur ? Vous parlez de quoi en rentrant à la maison ?
Bon ça c'est la question qui intrigue beaucoup, mais avec Jacky on adore courir ensemble et on ne souhaite courir qu'ensemble. On rêve de faire un non-stop que tous les 2. C'est la même chose, nous sommes complémentaires et le fait que l'on se connaisse parfaitement démultiplie nos forces. Le fait qu'il soit là, en course avec moi, me rassure et me canalise dans les moments difficiles.
En fait dans la vie de tous les jours, nous sommes un couple, et à l'entraînement comme en compétition nous sommes des coéquipiers. Et oui ! ça aussi ça interpelle tout le monde ! mais on s'entraîne tout le temps ensemble, que tous les 2 ou avec d'autres, et c'est génial. C'est une chance de partager une même passion et d'être sur la même longueur d'onde avec des objectifs communs. La vie est bien plus facile car nous sommes 2 à avoir les mêmes choix de vie. Ainsi les décisions à prendre sont moins lourdes.
Bon après on est bien différents, avec chacun sa personnalité et chacun trouve sa place. Des choses à se dire ? on en a tout le temps, ça semble fou!!! Et des sujets de discussions on en a des tonnes, de nos projets, de nos rêves mais aussi des plats que l'on va se concocter, de ce que l'on va bricoler pour notre future course etc...
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Petite question qui me tient à cœur puisque nous avons les mêmes origines. Est-ce que tu penses que l’aviron t’a servi pour devenir performante en raid ?
L'aviron, c'est évident que ça forme la jeunesse!!! Et oui tu le sais comme moi, ce n'est pas le sport le plus fun qui existe ! Alors si, quand tu es ado, tu arrives à t'enfiler 2 sorties par jour durant des années … et bien après tu peux tout faire car la rigueur de l'entraînement est ancrée en toi.
Après niveau confort d'entraînement, je ne sais pas comment ça se passait pour toi, mais moi je me souviens bien de la salle de muscu avec des barres rouillées, récupérées à droite à gauche par Marco (Marc Boudoux) avec à la clé des jolis circuits muscu dehors, au froid, ou des sorties en bateau sous la pluie etc... (ah oui dis donc... ca me rappelle quelque-chose ça...) Personne ne se plaignait. Je pense que quand on a pratiqué l'aviron pendant un moment, on est rustique et dans le raid il faut l'être!!!
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Rustique d'accord mais concrètement ... comment faites-vous pour vivre au quotidien ?
Alors notre vie au quotidien est de sport et d'eau fraîche ! Depuis cette année, on a totalement arrêté de bosser pour se concentrer à 200% sur le sport car ça devenait vraiment difficile à gérer avec tous les déplacements que ca implique.. Mais ce n'est pas simple tous les jours.
En fait, le problème est que nous n'avons aucun revenu fixe mensuel et nous devons gagner pour être primé. Un autre paramètre entre en jeu et qui est aléatoire, certains organisateurs ne paient pas les primes, et là ça craint!!! Pour être honnête, on a été malchanceux cet été : on comptait sur une prime de 10 000$ qui allait nous financer notre quotidien pour une année  … mais au final pas de prime car l'organisateur était malhonnête !
Du coup, avant les Championnats du Monde, la question de rentrer en France est revenue souvent sur le tapis. La vie en Australie est abusivement chère et il nous était trop difficile financièrement de suivre. Cette victoire nous a rassuré dans notre choix. Après d'autres paramètres entrent en jeu qui nous poussent à continuer cette vie de bohème :  mon père est bien malade et toute sa vie il a travaillé comme un bon citoyen et en définitive pourquoi? pour galérer et se battre contre la maladie. Et cet hiver, mon cousin de 19 ans s'est fait tué sur la route. Donc tout ça, c'est un peu glauque, mais la vie c'est ça aussi. C'est sûr qu'il faut penser à l'avenir mais je pense qu’il faut  vivre sa vie à fond et on verra...et tout ce que l'on découvre et que l'on vit vaut tout l'or du Monde !!

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Tu parles à une convaincue ma Mimi... Pour terminer, selon toi quelles sont les clefs pour devenir une bonne raideuse ?
Pour devenir une bonne raideuse et bien il faut s'entraîner, il n'y a pas de secret!!! C'est sûr qu'en France le raid n'est pas très reconnu et beaucoup pensent qu'il faut juste être un peu aventurier. Mais dans les autres pays, c'est un vrai sport, donc il faut des kms dans les jambes et dans les bras. Après il faut être polyvalent, dans les équipes de tête, à l'international, chaque équipier est capable de s'aligner sur une course de chaque discipline et être performant.
Quels sont vos prochains objectifs ?
Objectifs 2012 : gagner en France les Championnats du Monde en septembre, of course!!! et c'est un secret mais j'aimerais gagner Embruman cet été. (bah tiens rien que ça, c'est marrant mais ca ne m'étonne pas du tout de toi ça!) Après on a pas mal de petites courses par ici : ce week-end on court sur l'Anaconda race (1,9 km en natation, 20km kayak, 40 vtt et 15km à pied). Par ici le format est souvent comme ça et c'est toujours en individuel. Puis en février on fait le "Coast to Coast" en Nouvelle Zélande
Bon pour les gros objectifs, ils ne sont pas encore certains car ils doivent être validés par Thule, mais d'ici la fin du mois, ça sera au point.
Bon alors on suivra l'Embrun(wo)man de près !!! Et sinon quand est-ce qu’on en fait un ensemble ?? (blague...)
Après un raid avec toi la carotte, ça pourrait être amusant (ouaiii alors ça, c'est toi qui le dit!), il faudra être un peu patiente car on s'est donné encore 4 ou 5 ans au taquet et après, on sera plus disponible...et ça sera avec plaisir!!!

Myriam Guillot
Adventure Race World Champion

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Un grand merci Mimi pour avoir partager un peu de ta vie époustouflante avec nous, et bon vent à vous deux dans ces belles aventures !

PS Toutes les photos viennent des différents partenaires qui soutiennent Myriam et Jacky dans leur aventure


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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:47

Dans le monde du trail, il y a du nouveau... du sang neuf. Et la marque Salomon n’a pas l’intention de manquer le coche ! Pour rester au top, la marque a décidé de sélectionner les meilleurs espoirs du trail.
Durant 2 jours (les 24 et 25 septembre derniers), 20 jeunes traileurs nés entre 1989 et 1991 ont ainsi participé à un stage de sélection, avec comme objectif majeur de figurer parmi les 4 meilleurs pour intégrer le team espoir Salomon 2012. Ces jeunes ont été sélectionnés à partir de leur performance dans des courses en partenariat avec Salomon sur l'ensemble de la saison 2011.

Le principe du week-end était le suivant : 6 épreuves de formats et de profils différents permettant de sélectionner les athlètes les plus complets. Et parmi eux se trouvait un voisin… Cyrille Gardet, jeune skieur alpiniste de Crest Voland… Cyrille qui a brillé lors de ces tests de sélection et qui s’est donc  vu offrir une belle place parmi les meilleurs dans le team Salomon ! Forcément, je ne pouvais pas le manquer !

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La marque du sportif : le bronzage uniforme...

Après ces 2 jours intensifs, Cyrille s’est donc gentiment prêté au jeu des questions pour Carotte pour Tous…

Salut Cyrille ! Avant toute chose peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Alors j'ai 21 ans, Je vis à Crest-Voland Cohennoz dans le Val D'Arly. Côté études, je suis en 3ème année d'une licence en commercialisation des produits et services sportifs que j'effectue en e-learning.

Et le trail dans tout ça ?
En 2011, je termine 2ème du challenge de km verticaux à Manigod (derrière le célèbre Kilian Jornet), 2ème du km vertical du Mirantin, 9ème de la TDS et 1er du trail de Combe Bénite.

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Cyrille sur le podium de la TDS 2011

Une bien belle saison ! Peux-tu nous raconter comment t'es venu l'idée de participer à la sélection des espoirs du team Salomon? Comment tu t'es fait repérer?
Quand j'ai appris que Salomon voulais faire un team espoir j'ai sauté sur l'occasion car c'était pour moi le meilleur moyen d'arriver à progresser rapidement pour atteindre mes objectifs.
J'ai obtenu ma place pour la finale sur le trail des Glaisins et le Marathon du Mont Blanc.

Cette finale justement parlons en… A ton avis, qu’est-ce qui a fait que tu as été retenu ?
Je pense que j'ai été retenu sur mes capacités physiques et mentales car j'ai assez bien résisté tout au long des courses en remportant le km vertical et en ayant la meilleur valeur en VMA.*
(* Les formats de course sur cette sélection étaient le suivants : rando course roulante, VMA, 1000 mètres positif, rando course technique, sprint par élimination, 1000 mètres négatifs)

Selon toi, quel est l’avantage d’intégrer une telle équipe ?
Le team va m'apporter une aide matérielle mais aussi un encadrement structuré avec un entraineur (Christophe Malardé).
En tous cas, ce week-end a été une très belle expérience car cela m’a aussi permis de côtoyer quelques membres du team sénior dont Thomas Lorblanchet et Christophe Malardé.

Quels sont tes objectifs dorénavant, qu'allez vous faire au sein du team?
Mon objectif pour l'année à venir est d’abord de me construire une réelle expérience sur différents formats de courses en participant au challenge Salomon et quelques autres courses en parallèle.
A partir du mois de Mars, je serais surement sur les skis pour courir sur les courses de ski alpinisme...

Ok plein de beaux projets en perspective! Alors bonne chance à toi Cyrille dans cette nouvelle aventure et merci d’avoir répondu à mes questions !




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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 10:01

Elle n’est pas du genre à se faire remarquer. Plutôt réservée, parfois timide même … d’une gentillesse et d’une générosité sans égal. Et pourtant, lorsqu’elle grimpe sur son petit bateau, Marion n’est plus la même : une compétitrice qui sait se faire sa place et montrer que c’est ELLE la Championne de France du moment… Sans aucune prétention, mais avec détermination.
Après des mois de galère, des blessures à répétition, des moments de doute et un forfait lors des derniers championnats de France en 2010, l’amie Marion Rialet vient de reconquérir son titre, celui de meilleure skiffeuse française avec plus de 9 secondes d’avance sur ses poursuivantes !

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Crédit photo FFSA

L’aviron est un sport où l’on exprime peu la fierté et la satisfaction. La discrétion et l’humilité sont de mise. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, j’ai envie de dire « Marion je suis fière de toi ! ». Tu n’as pas baissé les bras et te voilà récompensée. Ce n’est certes qu’une étape dans la longue et difficile ascension vers le haut niveau international MAIS il faut savoir en profiter !
Alors la parole est à toi :

Ton age : 24 ans

Tes origines : Je suis née à Annemasse (74) et aujourd'hui je vis et m’entraine à Annecy et à Lyon !

Tes études : actuellement en 4ème année à l’Ecole Supérieure de Commerce de Grenoble en formation aménagée par correspondance.

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Palmarès :
Avril 2011 : Championne de France en skiff séniore femme
2010 : 3ème en double au championnat de France bateaux longs
2009 :
-Championne de France en skiff séniore femme,
-Championne de France en quatre de couple à la coupe de France,
 -Championne de France en quatre de couple au championnat de France bateaux longs,
-3ème en skiff aux Jeux Méditerranéens,
-3ème au Championnat du monde -23 ans en double,
-6ème au championnat d’Europe en 8+ séniores femmes.
2008 :
-4ème en skiff au championnat de France bateaux courts,
-2ème en quatre de couple au championnat de France bateaux longs,
-10ème au Championnat du monde -23 ans en double,
-9ème en skiff au Championnat du Monde Universitaire.
2007 :
-7ème  en skiff au championnat de France bateaux courts,
-9ème au championnat du monde -23 ans en double.

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Crédit photo FFSA
Si je peux me permettre l’expression « tu reviens de loin » après un titre de championne de France en 2009 puis plusieurs mois sans pouvoir faire tes preuves au niveau national à cause d’un enchainement de blessures et de problèmes de santé. C’est un sacré défi que tu as relevé en reprenant ton titre cette année, et ce avec une avance considérable ! Peux-tu nous décrire cette période en quelques mots ?
Mon année 2010 est ma plus grande déception au niveau sportif. Dès le mois de décembre, j’ai commencé à être fatiguée et à récupérer de moins en moins bien. Ensuite, cela a été de la « survie » pendant quelques mois jusqu’au moment où je n’en pouvais plus. J’ai vu mon forfait au championnat de France comme un échec. « J’étais au fond du trou et j’ai creusé encore un peu ensuite». Cela s’est ajouté à une autre déception survenue plus tôt dans l’année. L’addition de tout cela, l’incompréhension de la part de certaines personnes pendant l’année m’ont conduit au « burnout ». 
Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre et cela n’aurait pas été possible sans le soutien de mon entourage. Ils ont tous répondu présent.

Justement à ce propos : comment as-tu fait pour rester motivée et repartir avec de nouveaux objectifs en tête ?
Il a été difficile de se remotiver au début. Mais en pensant à tout ce que j’ai ressenti  en franchissant la ligne d’arrivée en 3ème position aux Championnats du monde -23 ans, alors cela m’a aidé à re-déclencher le processus de motivation. Je me suis dit « Tu t’es entrainé pour arriver là et cela à fonctionné. Tu es donc capable de recommencer ! ». Mon objectif était simple cette année : je souhaitais être meilleure qu’en 2009. Bien évidemment, à ce jour je suis consciente qu’il y a encore beaucoup de travail pour être performante au niveau de l’élite international, mais je suis prête à relever le défi.

Et ce titre de Championne de France ? Racontes-nous un peu comment s’est passé ton week-end de championnats…
Mon wee-kend a été génial tant au niveau sportif qu’au niveau humain. Je logeais avec le club du CN Annecy, au camping à côté du bassin. Nous étions un groupe de 24 rameurs du club à participer au Championnat de France, sans oublier l’indispensable famille Laydevant, dont Fred mon entraineur de club. Un bon groupe de rigolos dans lequel, même si les fous-rires ne manquaient pas,  nous étions tous prêts à en découdre en course.
Ce championnat était le premier grand rendez-vous de l’année pour tous les rameurs de France. Chaque année, l’ambiance y est à la fois sympathique et très électrique à l’approche des courses. C’est cela qui est grisant, j’aime cette atmosphère !
Cette année le championnat se déroulait à Aiguebelette, à la maison. Nous avons eu un plan d’eau superbe pendant les 3 jours de course, accompagné d’un beau soleil. J’étais en forme donc toutes les conditions étaient réunies. J’avais à cœur de vraiment me faire plaisir, tout en participant à la bataille pour le titre.
Et c’est chose faite ! J’ai pris énormément de plaisir, sauf peut-être lors de la série qualificative du vendredi soir, qui a été difficile à gérer. C’était la deuxième course de la journée et je courais en toute fin de journée, à 19h, ce qui n’est jamais évident…
J’ai pris les courses unes par unes en essayant d’appliquer les consignes. A chaque fois, j’essayais d’améliorer les points ou j’avais pêché à la course précédente.

Et le dernier jour, comment as-tu abordé la finale ? 
Je suis toujours stressée avant une course. Mais c’était du « bon stress » comme on dit. J’avais envie de faire la meilleure course possible. Je devais faire une course pleine, de tout donner. Il est difficile de dire ce que j’avais en tête. Je crois que je savais ce que j’avais à faire et comment je devais le faire. J’étais prête. Malgré ce stress, j’étais très sereine. Stressée et sereine à la fois car je savais que j’avais travaillé et mis beaucoup de chose en œuvre  pour ce jour là.

Vu de la berge, tout semblait facile pourtoi, mais je suis tout de même curieuse de savoir comment s'est déroulée la course vu de l'intérieur ...
J’ai fait un bon départ. J’ai mis ma pointe tout de suite devant il me semble. Puis je me suis dit, que je n’étais pas assise si bien que cela sur ma coulisse. Alors après environ 10 coups d’aviron, j’ai sauté sur ma coulisse pour me rasseoir. Autant dire que je ne recommencerais pas cela, c’était pire ! Il fallait que je m’arrête à moitié pour bien me repositionner. A ce moment là, j’ai vu mes deux dernières années défilées dans ma tête. J’étais très énervée contre moi. Je me suis rassise correctement quand même. Ensuite, j’ai tourné la tête et toutes mes concurrentes étaient à côté de moi. Je ne suis pas affolée et je me suis dit « ce n’est pas grave, je vais repartir comme j’avais commencé ». Je me suis remise dans mon coup d’aviron et j’ai fait le travail pour commencer à creuser l’écart avec les autres. Je voulais me battre contre le chronomètre pour pouvoir comparer avec les temps des hommes. (Je ne peux que me faire chambrer ! C’est une erreur de débutante que j’ai commis. Mais j’assume !)
Après cette erreur, ma course s’est déroulée comme je voulais. J’ai fait ma course, en prenant un maximum de plaisir. Je n’ai pas réussi à faire un bel enlevage pour tout donner.
La finale, n’a donc pas été la meilleure course du weekend. Je n’ai pas respecté les objectifs que je m’étais fixé comme celui de faire un bon chrono et de réaliser une course où je donne tout…

Quand tu as passé la ligne, qu’est ce que tu t’es dit ?
Mais qu’est ce que c’est bon de passer la ligne d’arrivée en premier ! Je me suis dit « tu y es arrivée ! » Et ma première pensée est allée pour les personnes de mon entourage.

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A quoi dois-tu cette force intérieure qui te caractérise, celle que tu as pour revenir en haut de l’affiche après plusieurs mois de galère et questions ?
C’est difficile de répondre à cette question. Je pense que ma force, c’est mon mental. Ma tête peut aller très loin, même parfois trop. Je suis très exigeante avec moi-même. C’est une force mais aussi un défaut car cela peut-être insupportable pour mes coéquipières par exemple. Parfois je voudrais baisser les bras mais ma tête reprend toujours le dessus et je repars. Et bien sûr, elle vient aussi de mon entourage. Ils sont tous présents dans les moments de doutes ou de questionnement.

Ton entourage justement... estimes-tu que tes proches ont une influence sur tes résultats  ?
 Il est certain que pour moi cela influence mes résultats. Mon entourage fait parti de mon équilibre et sans eux cela ne fonctionnerait pas.

Quels sont tes prochains objectifs en bleu ?
Prochainement je participe à la coupe du monde de Munich en skiff. Puis il y a le stage en juin avec des parcours chronométrés à la fin. Je suis contente, j’ai besoin d’expérience, besoin de faire des courses. Cela ne va pas être facile mais je pense avoir une bonne marge de progression et j’espère que l’on va me donner ma chance. A moi de prouver ma détermination et ma motivation en course comme à l’entrainement.

Et Londres, tu y penses ... parce que ca approche à vitesse grand V!
Londres, il est certain que j’y pense. Je ne sais pas s’il va être possible de qualifier un bateau cette année. Mais il faut se préparer quand même. Surtout que nous pouvons encore qualifier un bateau l’année prochaine.

Pour toi, être forte en aviron au niveau international, ça passe par quoi ?
Les filles, nous devons nous approcher de la façon de faire des garçons. Nous avons la chance d’avoir un groupe homme fort qui a des résultats, alors nous devons nous en servir. Il faut réaliser une grande qualité d’entrainement et une certaine quantité. Nous avons une grosse marche à franchir mais il faut pour cela aussi que l’on croit en nous.

Merci ma petite Marion pour toutes ces réponses! On en a presque fini avec toi, restent quelques petites questions diverses et variées, histoire de prolonger le plaisir...

Si tu avais dû faire un autre sport, qu’est ce que tu aurais choisi ?
Sans hésiter j’aurais fait du ski de fond ou du biathlon. J’aime la montagne, la glisse sur la neige, la nature, les grands espaces, l’effort physique. Et le ski de fond offre tout cela.
Quelles sont tes autres passions dans la vie?
J’aime passer du temps avec mes amis… J’aime la montagne…, et aussi marcher, courir, nager, pédaler, faire la sieste, écouter de la musique, voir un bon film. Aussi j’adore les coquelicots, la Photo, les fringues!
Ce que tu détestes le plus?
La malhonnêteté.
Tes références en aviron et ailleurs :
-Mes références en aviron, Steve Redgrave et Julia Michalska, Vincent Vittoz en ski de fond et  Laure Manaudou en natation.
-En musique, Red Hot Chili Peppers, Jack Johnson, Morcheeba, Dire Straits, U2, Cocoon, Sum 41 et David Guetta…
-Les destinations qui m’attirent: la Norvège et la Nouvelle-Zélande, le Chili, le Pérou, et l’argentine.
-Mon plat favori : crozets au reblochon avec une bonne bouteille. Une gourmandise : le chocolat.
-Un film (un bon film de fille): « Entre deux rives »
Ton meilleur souvenir :
En aviron, ma 3ème en double au championnat du monde -23 ans. Et sinon, j’ai énormément de meilleurs souvenirs avec mon entourage!
Ta bonne adresse :
Le glacier des Alpes à Annecy
L’expression du jour par Marion Rialet :
Profitons de la vie chaque instant !
Et ta conclu !
Je te remercie Caro pour l’interview. J’aime aller faire un  tour sur ton blog. Ta façon, d’écrire est très agréable à lire, on s’y croirait presque.  Tes récits et tes photos à l’appui nous font nous évader quelques instants de notre ordinateur. Bref la lecture de ton blog est un moment très sympathique !

Merci chère amie. Aujourd'hui l'évasion, c'est toi qui nous l'a fait vivre!! Je te souhaite bon vent et une carrière longue et riche dans l'aviron et ailleurs !!!


 
 




          






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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 07:05

On pourrait le qualifier de schizophrène tellement sa gentillesse et sa discrétion tranchent avec la passion et la frénésie qui animent sa façon de skier… Freerider de l’extrême, "Adri" taille les courbes tel un musicien virtuose. Le voir évoluer, c’est prendre une vraie claque et une leçon de grand ski par la même occasion. Aujourd’hui, j’ai le plaisir et l’honneur de vous faire partager une petite interview façon « caro » d’Adrien Coirier le rider virtuose.

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Mais avant toute chose, pour situer le contexte et bien comprendre les questions qui vont suivre, vous devez prendre quelques minutes (9’ très exactement) pour regarder la vidéo qui suit.

Bio express :


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Photo Tristan Shu

Né le 22 juin 1981 à Bourg Saint Maurice, Adrien se lance dans sa première compétition de freeride en 1999, où il termine sur la 3è marche du podium en catégorie amateur. Viennent alors les premiers contrats pro et les grands voyages au début des années 2000. Le début d’une longue success story :
2008
9ème du Classement général Freeride World Tour
6ème du Nissan O'neill Xtrem de Verbier
2007
Vainqueur du Tour Nord Américain - Freeride
4ème du North Américan freesking Championship
2ème du Jackson Hole Freeskiing open
Vainqueur du Squaw Valley freeskiing open
Vainqueur du Telluride Freeskiing open
2006
Etoiles du sport - Espoir de l'année 2006
Vainqueur du Tour Nord Américain - Freeride - Vainqueur
3ème du Classement général World Tour - Freeride

… Success story qui prend un mauvais virage en mars 2009, lorsqu’Adrien  est victime d’une chute impressionnante lors de la finale du championnat du monde de ski freeride à Tignes et passe à 2 doigts d’une fin tragique.
Depuis, loin de tout abandonner et de ranger ses spatules,  Adri a décidé de « rebondir comme personne ne l'aurait imaginé » (selon ses propos).

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Alors dis-nous tout Adrien !

Qu’est-ce qui te fait encore et toujours rider ?
La passion avant tout. Je suis né en montagne et pour rien au monde je ne changerais d’environnement. J’adore ce calme, cette sensation de liberté. C’est pareil en ski, et puis au fond le ski, c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour vivre au plus près des sommets.

Si tu devais en conserver un, quel serait ton meilleur souvenir, la plus belle image que tu aies en tête ?
Un matin il y a 10 ans, il avait neigé environ 50cm dans la vallée et plus du double au sommet. Je partais de Landry en voiture direction le funiculaire de Arcs, la route n’était pas déneigée, la poudreuse volait par dessus la voiture, il n’y avait pas une trace, la brume matinale s’est échappée et ça été une des meilleures journées de ski de ma vie. Des runs de forêt mémorables, de la peuf jusqu’au cou entre potes….. trop bon !

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Photo Tristan Shu

Tu skies pour la marque EIDER depuis peu. Quels sont tes projets sportifs dans les mois à venir ?
Très heureux de travailler avec Eider maintenant, marque française, super impliquée dans le milieu montagnard, des produits au top, je suis vraiment content.
Ca ne modifie pas mes projets 2010, car je suis qualifié pour le FWT 2011 (freeride world tour) et ça va me prendre pas mal de temps car il y a 2 étapes supplémentaires cette saison.
Du coup, ces prochains mois vont être chargés en prépa physique, muscu + cardio…

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Photo Tristan Shu

Justement, à ce propos, est-ce qu’un freerider skie toute l’année ?
Toute l’année pas vraiment, ça dépend des étés, des fois je pars en Argentine ou au Chili (hémisphère sud : les saisons sont inversées)  mais pas tout le temps. Lorsque je ne pars pas, je reste en montagne et je fais de la rando, du kayak, de l’escalade, du golf, tout ça à petit niveau mais ça me permet de garder la forme. Plus spécifiquement, je fais pas mal de muscu, surtout du dos et du gainage mais aussi les membres inferieurs toujours en à proprioception (plans instables)
Plus anecdotique, je skie aussi sur les éboulis de pierres quand je trouve un spot propice ! Récemment entre les lacets de la route des gorges de l ‘Ardèche à quelques km de Vallon Pont d’Arc . Une première d’après les locaux……

Oui effectivement, mon pote Seb pourra en témoigner!
Perso, as-tu besoin de pratiquer d’autres sports que le ski pour trouver ton équilibre?

Enormément, depuis gamin je suis toujours partant pour tester d’autres sports, pour certains c’est ponctuel, d’autres deviennent des activités que je pratique plus régulièrement.
Le plus facile serait de te donner ceux avec lesquels je n’ai pas accroché : Le vélo de route, le tennis, la natation...

Est-ce qu'il t'arrive d'avoir envie de te poser ?
Etre freerider pro, c’est voyager à travers la planète tous les mois de l’année… J’adore revenir chez moi, quand je rentre de voyage j’aime passer quelques jours tranquilles chez moi avec ma copine, à profiter de la vue et à bien manger !

Tranquille la vie quoi... Et au niveau de la vie de famille justement, on arrive à s'organiser quand on est freerider ou c’est totalement impossible pour votre espèce ?

Effectivement, l’équilibre est dur à trouver, ou plutôt la personne prête à accepter cette vie. Mais il y a déjà pas mal de "papa riders" dans le milieu du freeride, donc rien d’exceptionnel !

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Pour changer de registre, quel est ton spot préféré ?
Ma station des Arcs, le spot exact change chaque année en fonction des conditions. Et reste secret jusqu’à la fin de la saison en cours ! lol

Mouai bon d'accord, j'ai compris, tu n'en diras pas plus...  Si tu avais une marque de ski à nous conseiller pour le freeride, quelle serait-elle ?
Je développe mon propre pro-model avec la marque Coreupt.com, j’ai mis toutes mes années d’experience en free ride et mon passé de skieur alpin pour mettre au point un modèle dont je suis vraiment content. Surtout de par son accessibilté, même pour les dames ! il faut l’essayer !

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Pas de soucis, quand tu veux pour essayer Adri ! Allez un p’tit conseil technique du Chef pour tous les lecteurs qui n’en peuvent plus d’attendre de chausser les skis… Comment avoir le style cet hiver ?
NE pas faire de snowblade
Pour les pistes : Jamais plus vite qu’à fond.
Pour le hors piste : ARVA, sac a dos, pelle et sonde, ça donne pas vraiment de style, sauf après une avalanche, le mec tout bleu a tout de suite moins de style..

Et pour finir en beauté, questions bonus :
Ton plat préféré: Magret de canard Rossini
Ton expression du moment :Carrément. C’est naz mais je n’arrête pas de dire ça en ce moment.
Une bonne adresse près de chez toi ? L’Arssiban le meilleur resto de la vallée de bourg Saint Maurice.

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Photo Tristan Shu

Merci beaucoup Adrien pour ces réponses, promis je te suivrai de près cet hiver (à travers l'écran, sûrement pas dans tes traces...). A bientôt sur les skis!!!!!!

Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'artiste, le site web d'Adrien : www.adride.fr

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 12:00
Paradoxalement le grand froid et la neige qui sévissent en Irlande ces derniers temps n’auront été d’aucune aide à Paul Griffin.

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Le rameur international irlandais a tenté de gagner son billet pour les JO de Vancouver en ski de fond après tout juste… 18 mois de pratique ! Après s'être découvert une passion pour le ski de fond en 2005 lors d’un stage d’entraînement organisé par son coach Harald Jarhling, à St Moritz en Suisse.

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Après la déception des JO Pékin où les irlandais parmi les favoris, terminent finalement 10ème en 4 sans barreur poids léger, Griffin traverse une période très difficile, presque dépressive où il se questionne sur ses objectifs.

Il dira : "I was in a kind of a depressed state, I'd say. I was tired but it wasn't training tiredness or even a physical tiredness. It was an emotional tiredness and it comes from the way I race and train. I always knew as a rower that it was heart and spirit that were my big plus points, that if you put a mountain in front of me I wouldn't stop running until I got to the top of it. But you pay a big emotional price for that when it's all over."

Traduction « maison » : J’étais diminué. J’étais fatigué mais pas d’une fatigue physique, il s’agissait d’une fatigue émotionnelle due aux courses et à l’entraînement. J’ai toujours su que ce qui faisait ma force en aviron, c'était mon état d’esprit et le cœur que je mettais à l’entraînement. Je savais que si vous mettiez une montagne devant moi, je ne m'arrêterais pas tant que je n’aurais pas atteint le sommet. Mais quand tout cela s’est terminé, j’ai payé un grand prix émotionnel."

Puis un jour, il décide de rebondir et de voir jusqu’où il peut aller dans cette nouvelle discipline version hiver.
« Normal » diront ses coéquipiers du 4 sans barreur poids léger, qui le considèrent comme le rameur le plus déterminé du bateau, avec un appétit insatiable d’entraînement et de progression.

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Malheureusement, à 30 ans le double médaillé aux Championnats du Monde d’aviron qui compte 2 participations aux JO (Athènes et Pékin) a manqué la sélection après une série d’événements malchanceux. Il n’entrera donc pas dans le cercle très fermé des irlandais comptant une double participation aux jeux d’été et aux jeux d’hiver… Jusque là, seuls le lanceur de javelot Terry McHugh et le rameur Pat McDonagh, en bobsleigh l’ont fait !

Plein de ressources, Griffin compte bien s’aligner aux prochains JO de Londres en bateau et, pourquoi pas, tenter de nouveau la sélection en ski de fonc pour la Russie en 2014 ?

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Pour les plus courageux (ou les bilingues), un super article raconte son aventure pleine de rebondissements sur le site Tribune.ie : Different Strockes. : L'histoire de la dernière épreuve sélective à laquelle il a participé où il casse un ski pendant la course, en emprunte un à un spectateur qui, par chance se trouvait là avec des skis ayant le même système d’attache, repart avec (le spectateur lui courant derrière en lui criant "promet moi de revenir!!", double même des concurrents ... Mais il n’y avait pas le même fartage sur les 2 skis, ils n'étaient même pas de la même taille, ce qui, forcément, lui fit perdre de précieuses secondes etc… A lire absolument.
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