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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 20:21

Depuis quelques semaines, la neige est de retour dans nos montagnes pour notre plus grand bonheur. Ici le Mont Charvin et la chaîne des Aravis se laissant découvrir après une nuit de brouillard.

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:56

Aujourd'hui, j'ai la chance et l'honneur de vous livrer une interview toute fraîche de Nathalie MAUCLAIR, récente vainqueur de la Diagonale des Fous à la Réunion mais aussi Championne du Monde de trail en 2013, vainqueur de la TDS et membre du team LAFUMA... Rien que ça ! Nathalie c'est à la fois le regard déterminé, la foulée résolue d'une compétitrice et le sourire d'une personne humble et accessible...Bref une grande championne qui gagne a être connue et reconnue!

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Salut Nathalie,
Tout d’abord merci de te prêter au jeu des questions après ta magnifique victoire au Grand Raid de la Réunion et aux Championnats du Monde (sans compter la TDS et toutes les autres courses qui ne te résistent pas ! pfiou !!). C’est toujours un plaisir d’en savoir un peu plus sur une athlète comme toi, qui cumule les succès !
Ma première question, c’est : Après ton retour du Grand Raid, quel est ton ressenti ? Est-ce que tu es déjà prête à repartir pour de nouvelles aventures ?

Suite à ma saison 2013, j’ai le sentiment d’avoir réalisé quelque chose d’impensable. J’avais positionné toutes ces courses à mon calendrier mais je ne pensais pas être performante sur chacune d’elles. Alors à ce jour, plus d’un mois après le Grand Raid, je suis encore la tête dans les nuages réunionnais avec l’envie d’y retourner l’année prochaine. ..
La Saintélyon ? oui ? non ?
Pour ce qui est de la fin de l’année, je ne prendrai pas le départ de la Saintélyon, je n’ai pas eu l’énergie et le temps nécessaire pour me remettre dans une nouvelle prépa.
Quelles sont les plus belles images que tu gardes après cette saison de folie ?
Mes plus belles images sont celle de l’arrivée des mondiaux, ce dernier km qui me conduisait vers la victoire et le titre est inscrit en moi. Et quand l’organisateur me tend un drapeau Bleu-Blanc-Rouge, je me dis « ça y est … c’est gagné ! ».  Il y a aussi le Départ du Grand Raid sur cette route du Front de mer maculée de supporters qui nous encourage et alors je n’ai qu’à courir… portée par tous ces encouragements et puis tous ces supporters tout au long de la course qui sont là pour nous, pour nous voir passer, nous encourager et partager cet instant furtif avec nous. Il y a aussi les paysages tant dans les Alpes avec la TDS qu’à la Réunion…
Que de bons souvenirs…. Et les plus mauvais alors ?
J’ai beau chercher en 2013 je n’en ai pas eu…
2013, à inscrire dans les archives donc ! Nathalie, en quelques années, tu as su te placer parmi les meilleures. Comment expliques-tu ce succès fulgurant ?
Je crois que cette ascension rapide vers de belles performances est liée à un équilibre de vie. J’ai la change d’avoir une petite famille sans problèmes particuliers (Hannibal 10 ans et Miléva 6 ans). Mon  mari me soutient et partage mes projets. J’arrive à m’imposer une hygiène de vie très rigoureuse et je suis là encore soutenue, ça veux dire très peu de soirées tardives entre amis dans l’année (pas plus de 5) et des WE essentiellement consacrés au sport avec des entraînements bi quotidiens.

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Mon travail qui est, à certains moments, une contrainte est aussi une ressource puisque que ça me permet d’évoluer dans un autre milieu et de rester en contact avec la vraie vie. Même si mon souhait serait de pouvoir diminuer un peu mon temps de travail pour pouvoir ainsi mieux me préparer et mieux récupérer après chaque événement.
Parlons entraînement justement… Une question me turlupine. Tu habites au Mans. Alors comment une fille de la Sarthe arrive à se préparer pour des courses d’ultra en montagne où il faut savoir appréhender et surtout encaisser le dénivelé ? (TDS, Diagonale etc) Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta préparation et ton entraînement quotidien durant l’année ?
J’habite bien à 10 km du Mans, dans la campagne, ce qui me permet en partant de chez moi de pouvoir partir à pied, en VTT ou sur la route. Je m’entraine 6 jours sur 7 et je fais entre 8 à 10 sorties par semaine avec 1/3 de vélo (que je fais avec mon mari) et 2/3 de course à pied. Je n’ai pas d’entraineur qui suive mes entraînements. J’aime cette liberté et pouvoir organiser mes séances en fonction de mon boulot et de ma vie perso.  Depuis 4 ans, j’ai repéré ce qui marchait bien et ce qu’il ne fallait pas faire, comme tous les coureurs, je prends des notes dans un cahier. Il y a aussi Dominique Chauvelier avec qui j’ai de très bons contacts et que j’appelle en période de doutes (souvent un peu avant des gros objectifs) ou pendant la période hivernal, pour qu’il me fasse bosser la vitesse.

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Alors à la question comment je fais pour réussir en montagne, je pense que c’est la part d’entraînement en vélo qui me permet de compenser le manque de dénivelé.  Aussi, la montagne… j’aime ça, alors c’est comme un manque en Sarthe et quand j’arrive dans vos montagnes, je me surpasse et me fais plaisir ! Pour le travail des descentes, je fais du fractionné de descente et je fais un travail de visualisation. Enfin, il y a ma pratique du raid multisports avec le team raid Lafuma, c’est un sport d’équipe et cela me permet de m’enrichir de l’expérience de mes coéquipiers.
Question qui me tient à cœur, j’ai 33 ans, tu en as 10 de plus et tu gardes une pêche d’enfer. Quel est ton secret pour rester en forme et surtout sans blessure car beaucoup de filles plus jeunes sont déjà bien cassées !
Même si je suis une p’tite vielle (expression que j’utilise souvent), je suis encore toute jeune dans le milieu de la course à pied et du sport en général. Ce ne sont pas les quelques années de VTT vers la trentaine qui m’ont beaucoup fatigué. Alors mon corps et mon cerveau ont encore l’énergie et l’envie de se surpasser !!!
En 2010, à la fin de ma première saison, j’étais toute cassée de partout et j’ai surtout eu une tendinite du moyen fessier qui a duré 6 mois c’est pour ça que je n’ai fait que Les Templiers en 2011. Dominique m’avais dit « tu en fais trop… » il avait raison !!!
Alors, grâce à cet ennui, j’ai appris et j’ai mis en place un réseau de professionnels (kiné, ostéo, médecin rééducateur) que je contacte quand je commence à avoir des gènes (avant que ça ne devienne une blessure). Mais j’ai remarqué que j’allais de moins en moins souvent les voir, car je connais mieux mon corps et je sais faire la différence dans mes ressentis. Les étirements et le renforcement musculaire ont été d’après moi,  deux éléments importants qui m’ont sorti de cette blessure et je les pratique régulièrement encore.
En tant que femme, aurais-tu un message à faire passer aux autres traileuses, débutantes ou confirmées ?
Le trail, la course à pied en général ou toute autre activité de loisir, nous permet de nous épanouir, de sortir de chez soi, de faire des rencontres…, c’est tout ça qui est intéressant. Bien sûr,  je milite un peu plus pour le trail ou le multisports, mais l’important c’est de pratiquer une activité où l’on se fait plaisir et où on prend du plaisir. Peu importe la performance. Après, il y a les compétitrices (comme moi) et celles qui sont là pour finir, et c’est très bien comme ça ! L’important c’est de faire ce qui nous plait… la vie est remplie de contraintes alors utilisons le sport pour les oublier !!!
Il ne faut pas croire que c’est une contrainte. Il faudrait que chaque femme puisse s’autoriser à avoir un moment pour elle-même sans culpabiliser de laisser un peu sa famille. Il faut juste conserver des moments partage et rester un peu disponible.

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Merci pour ce petit message d’espoir pour toutes les femmes qui nous lisent ! Après tous ces succès, tu n’as plus rien à prouver alors qu’est-ce qui te fait encore courir ? Quelles sont les raisons profondes qui te font aller encore et toujours plus loin ?
Effectivement, je n’ai plus grand-chose à me prouver sauf que je veux maintenant confirmer et j’espère durer encore un peu. Au fond de moi, je suis toujours à la recherche de mes propres limites. Je les ai touchées du doigt l’année dernière lors du championnat du monde des raids multisports lors du Raid in France 2012 (500 km, 24000 m de D+ en trek, VTT, canoë, rafting soit 7 jours de course et 15 heures de sommeil). Du coup, je crois les chercher maintenant en course à pied… et tout simplement c’est une belle manière de découvrir le monde…
Quels sont tes prochains principaux objectifs (à court et long terme) ?
A court terme, je vais repartir sur quelques cross, le 20 km du cross Ouest France au Mans, puis ensuite je vais me lancer dans quelques épreuves du World Ultra Trail Tour : il y aura la Transgrancanaria début mars, le Grand Raid en octobre et il me reste à me décider pour le milieu de saison.
Un beau programme en perspective, en espérant que 2014 te sois aussi réjouissante et pleine de succès que l’année 2013. En tous cas, c’est tout ce que je te souhaite !
Et pour en savoir un peu plus sur qui tu es vraiment… quelques questions complémentaires :
Un dicton ? La fameuse phrase de la maman de Forest Gump «  la vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber »
Ton plat préféré ? C’est un dessert, le café gourmand
Tes passions en dehors du trail ? La lecture, mais malheureusement en ce moment je n’ai pas le temps de me plonger dans un bon livre de science fiction !
Ta bonne adresse ? Ma maison, j’y suis bien et j’aime bien cuisiner
Une remarque ? Tout ce qui m’arrive en ce moment est vraiment magique pour moi, je ne savais pas que la vie me réserverait une si belle surprise…
J’adore… merci  Nathalie pour ton enthousiasme, ta façon de voir les choses et de nous avoir fait partager tout ça ! Nous te souhaitons bon vent et bonne chance dans tous tes projets. Vive le trail et vive le sport !

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:30

Il y a des livres qui s'avalent plus vite que d'autres... parce que la plume est agréable, parce que le sujet vous concerne, parce que le contenu vous inspire, parce qu'il n'est pas trop long ! Et celui de Dominique Simoncini fait partie de cette catégorie.

Rencontré par hasard au Bistrot des Sports de Chamonix alors que nous buvions un petit café avec l'ami Jules Henri Gabioud (traileur de son état), Dominique nous a suggéré d'acheter son livre et de lui donner notre avis. Nous voilà donc repartis, bouquin sous le bras, avec une petite dédicace en prime... (merci!). Le sujet est simple et évocateur pour moi puisqu'il s'agit de son expérience de "néo traileur" sur l'Ultra Trail du Mont Blanc, ce parcours de plus de 160km et 10000m D+ que j'arpente plusieurs fois durant l'été en compagnie de mes stagiaires.

Une course hors norme qu'il lui a fallu préparer avec minutie, intégrer dans son quotidien pour ne pas faillir le jour J et surtout, une course qu'il a fallu terminer au prix d'efforts surhumains ! Dans son récit, Dominique nous livre avec humour et simplicité ses moments de doute, ses vagues à l'âme, ses moments d'euphorie, de détresse, de joie... un cockail détonnant de sentiments et de sensations qui jouent au Grand Huit au rythme des cols et des fonds de vallées, des crépuscules et des nuits noires, de la pluie et du beau temps... Car le trail long c'est un peu ça : un manège à sensations pour le corps et l'esprit, passant du désespoir et de la tentation d'arrêter au plaisir de courir et de se sentir léger et libre, dans une sorte d'éternel recommencement.

Elargir les champs du possible, dépasser les étroites limites que la société nous impose, s'ouvrir à des contrées intellectuelles et physiques inconnues, voilà ce qui nous fait courir plus loin et plus longtemps. Dans son livre, Dominique met des mots sur des sensations et des cheminements psychologiques difficiles à exprimer, alors rien que pour ça, ça vaut le coup de se le procurer !

Pour conclure, je vous livre ici une phrase que je me répète souvent et reprise récemment par l'aventurier Mike Horn : "Life is lived outside the comfort zone".

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Bonne lecture à vous !

(livre disponible ici http://www.editions-pantheon.fr/catalogue-publications/ouvrage/nouveautes.html et sur Chamonix à la librairie Landru et la maison de la presse)


 

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:45

De retour de 2 semaines sur l'île aux milles couleurs, je conserve en moi les souvenirs d'un séjour incroyable.

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On m'avait pourtant prévenu : l'île de la Réunion, c'est un petit paradis ... un pur eden pour les amoureux de sport, de nature et de montagne. Je confirme ! J'y ai découvert les paysages grandioses faits de cratères volcaniques impressionnants, de ravines géantes, de cascades et de forêts primaires...

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J'ai testé les sentiers abrupts qu'il a fallu escalader au rythme des marches d'un mètre de haut, sous la chaleur humide des tropiques. Je me suis rafraichi dans l'eau du lagon, protégé des requins par la barrière de corail.

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J'ai admiré des couchers de soleil fabuleux. J'ai randonné au coeur du cirque de Mafate au son d'une improbable mélodie Reggae raisonnant du fond de la vallée. J'ai partagé des moments d'émotions avec mes amis coureurs et assistants sur la Diagonale des Fous...

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J'ai mangé des carris et des rougails, des bonbons piments et des samossas à n'en plus pouvoir, bu de la Dodo plus que de raison...

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Mais ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est que j'y rencontrerai aussi l'amitié et la générosité sans limite des insulaires. Je ne remercierai jamais assez mes amis Son et Jean Emile, ainsi que Matthieu et Marie pour leur accueil incroyable. Merci de nous avoir fait découvrir votre île, ses coins les plus magiques, ses mets les plus gouteux (mention spéciale à la légine au BBQ), ses ambiances contrastées entre montagne, océan, villes et ilets. Merci de nous avoir ouvert vos portes (et vos voitures!) sans hésiter, merci d'avoir pris du temps pour nous. Sans vous, ce séjour n'aurait pas eu la même saveur et n'aurait pas raisonné de cette façon dans nos têtes.

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La page des vacances se referme ainsi sur une note douce amer (et pimentée aussi!). Ces 15 jours sont vraiment passés trop vite ! En tous cas, notre séjour sur l'île de la Réunion aura été une belle bouffée d'oxygène et le meilleur moyen de repartir du bon pied !

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Merci à Ben et Véro pour les photos et pour ces 15 jours de folie passés ensemble.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 09:51

La décision est difficile à accepter mais elle s'impose d'elle-même. Peut-être ai-je atteins l'âge de raison?

L'état actuel de mes genoux ne me permets pas de participer au Trail de Bourbon (95km et 5500m D+) à la Réunion.

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L'avis médical est ferme et plutôt clair : courir, ce serait jouer avec ma santé, avec des risques de tendinites chroniques et des préjudices possibles à long terme dans le cadre de mon métier et de ma vie courante.

Mon objectif majeur de l'année 2013 et mon espoir de visiter le centre de l'Ile au pas de course s'envolent ainsi. à quelques heures du départ vers la Réunion. Mais je ne veux pas revivre la même galère qu'en 2010 à la CCC où la douleur était insupportable, une douleur et des galères qui m'ont poursuivies depuis...

Même si le coeur n'est pas à la fête, je vais tout de même monter dans l'avion demain, histoire de soutenir Seb et Sylvain, mes équipiers de team, ainsi que tous les copains qui porteront un dossard. Je serai sur le bord du chemin avec toute mon énergie à transmettre et à partager, soyez en sûrs.

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Alors pour le trail et la compétition, rendez-vous l'année prochaine (d'ici là gros travail fastidieux de soins, rééduc, réathlétisation) et à très bientôt pour un compte-rendu de course côté spectateur !

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:17

PREAMBULE (un peu long)

Oui, vous avez bien lu...vice Champions de France... Je ne pensais pas moi-même m'aligner de nouveau sur un Championnat de France quelqu'il soit, et encore moins de trail, dont le volet "compétition" est désormais régi par la FFA (fédération française d'athlétisme).

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En effet, ma conception de ce sport est pour le moins antinomique avec celle d'une activité qui se voudrait structurée, fédérée, encadrée par des codes et réglements uniformes, des classements nationaux... Pour moi le trail, c'est avant tout la liberté, la diversité et la découverte... Liberté de choisir son terrain de jeu, sa distance de prédilection... Diversité dans les parcours, les formats, les qualités physiques requises, les ambiances, les rencontres. Et découverte de nouveaux territoires, de nouveaux sommets, de nouveaux événements, découverte de soi-même aussi...

C'est pour toutes ces raisons que j'ai adopté cette pratique (ou plutôt qu'elle m'a adopté).

Aujourd'hui, dans mon esprit, un Championnat de France et l'appartenance à une fédération (l'athlé en l'occurence), réduisent intrinsèquement les champs d'action. On régularise, lisse, classe selon un format, une distance, un type de terrain, une date, un lieu, on asceptise une pratique jusque là considérée par certains comme encore un peu brouillon ou libertine. Cela a été et restera l'évolution classique des activités nouvelles, la nature humaine est ainsi, elle veut s'approprier, maîtriser, officialiser des classements.

Et pourtant ! Dans un esprit collectif et pour permettre à l'équipe d'être justement "classée" sur ce championnat, j'ai accepté de m'aligner au départ (car il fallait une fille). Alors, je me suis pliée aux règles et j'ai couru sous l'égide de la FFA, moi qui n'ai cotoyé l'athlé et ses stades que durant ma vie d'étudiante, moi qui n'ai jamais couru un marathon ou un semi.

Il semble loin l'esprit "montagne"... encore plus loin lorsque je constate à regrets les dizaines de gels énergétiques qui jonchent le sol au fil des kilomètres. Il s'éloigne encore un peu lorsque retentit la Marseillaise sur le podium des athlètes sacrés "Champions de France", un hymne normalement réservé aux épreuves internationales... Mais où sont donc passés les traileurs? J'ai une soudaine envie de retrouver la convivialité des courses en montagne où la compétition est tout aussi présente, du meilleur qui joue le podium, au dernier qui se bat pour être finisher, mais où souffle un vent de liberté et de convivialité.

LE RECIT (enfin)

Une fois mes états d'âmes partagés avec vous, lecteurs, il est temps de parler du côté "sportif" de ce week-end à Gap. En fait, le résumé de ma course sera rapide :

Voilà 4 semaines que je "bricole" à cause d'une paire de genoux en mauvais état. En effet, une grosse tendinite m'empêche tout activité (même rester assise me provoque des douleurs !). Je parviens tout de même à encadrer un stage trail mi septembre, puis je sors prendre l'air du côté du Buet il y a une semaine, à la limite de l'implosion. Pas très glorieux pour une préparation de course, mais je ne peux pas faire autrement !

Dimanche matin, centre ville de Gap. Me voilà donc en tenue de combat sur la ligne de départ aux côtés des favoris et de mes 4 équipiers, avec un gros doute sur ma forme physique pour boucler les 23km et 1500m D+ du parcours... Comme prévu, ça part très fort! Je donne tout ce que je peux dans la montée (1500m D+ et 10km) et malgré ça, je me fais doubler par des centaines de coureurs dont des dizaines de féminines. Tête baissée, je décide de mettre de côté mes interrogations et de rien lâcher car mon résultat ne concerne pas que moi aujourd'hui ! Plus vite je serai arrivée, mieux l'équipe sera classée ! Sommet de la bosse, je tente d'accélérer mais mon corps refuse. Même les encouragements de l'amie Maud Gobert n'y font rien. Première grosse descente, un enfer... je suis obligée de me déhancher pour ne pas trop fléchir les genoux et avancer quand même. On est mal partis ! Pour autant, je constate que même boiteuse, les autres concurrents ne me dépassent pas tant. Je me dis alors "y'a vraiment un gros travail technique à faire chez les traileurs!" (mon côté pro qui refait surface sans doute).

Les gels sont de plus en plus nombreux au sol. Je suis dépitée et franchement outrée. Si je tenais les auteurs de ces gestes inciviques et surtout jemenfoutistes... Paradoxalement, il suffit de lever les yeux pour admirer des panoramas sompteux et une ambiance montagne magique. Comment peut-on gâcher ça?

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Ravito du 14ème kilomètre, Jon est là pour me tendre un bidon que j'attrape au vol. Il reste 10km de descente, je fais au mieux pour perdre le moins de temps possible mais ce n'est pas évident avec 2 jambes de bois. Plus que 2,5km et j'aperçois Seb qui est remonté me chercher, puis quelques mètres plus loin Sylvain puis JC et enfin Gaetan. Mes 4 équipiers courrent à mes côtés pour me booster et me donner l'envie de tout donner. Ca au moins ça me donne le sourire (enfin, pas sur le coup car pour l'instant je souffle comme un boeuf, je serre les dents et je donne tout jusqu'à la ligne d'arrivée)!

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Je franchis la ligne sans connaître mon classement ni mon temps car l'objectif n'était pas là. J'apprendrai un peu plus tard que nous sommes 2ème et donc vice-champions de France de trail, grâce à un travail collectif, largement sublimé par le résultat de Sylvain ! En effet, notre gazelle se classe 5ème du trail court comptant ainsi parmi l'élite de la "Nation". Contrat rempli, me voilà contente pour l'équipe et pour nos partenaires.

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Il ne me reste plus qu'à réfléchir sur l'issue des jours à venir. En effet, à quelques jours du départ pour l'ile de la Réunion et le trail du Bourbon (95km et 5000m D+), je dois faire le point sur ma santé et sur mon avenir sportif. Ce trail était mon 2ème objectif de l'année avec la Transalpine, mais malheureusement il faut se rendre à l'évidence, je ne serai pas au meilleur de ma forme. Affaire à suivre donc. En attendant : départ ce samedi pour l'océan indien !

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:22

1H30 samedi matin... Les esprits sont encore un peu embués par le kilomètre vertical (mais aussi et surtout à cause de l'enchaînement apéro + resto qui a suivi...). Pourtant, avant de nous coucher, nous décidons de braver les prévisions météo et de faire notre sac pour partir dès le lendemain matin à l'assault du Buet ! Le Mont Blanc des Dames n'attend que nous, c'est le moment où jamais de le tenter avant le retour de la neige.

Je concocte un petit parcours de 2 jours entre Aiguilles Rouges et Fiz pour faire découvrir ce magnifique coin de montagne aux copains. Nous nous élancons (assez tardivement) dans le Vallon de la Bérard, au coeur de la réserve naturelle des Aiguilles Rouges, appelées ainsi du fait de leur teinte orangée dûe à l'oxydation de la roche.  Nous évoluons tranquillement dans le vallon, le long d'un torrent parsemé de vasques bleutées et translucides. Les myrtilliers sont cuivrés, les sorbiers sont rougeoyants, les odeurs, les couleurs, les sons... Plus de doute, tous les éléments nous laissent penser que l'automne est bien installé...

Nous atteignons assez vite le refuge de la Pierre à Bérard puis le col de Salenton, assiégé par de nombreux bouquetins.

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Col du Salenton : Les maîtres des lieux

La météo semble tenir, nous décidons donc de poursuivre l'ascension jusqu'au sommet du Buet, 500m D+ plus haut. Un sentier bien raide nous conduit à la cîme.

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Les derniers lacets avant la cîme du Buet, plus haut sommet calcaire du coin

Grande satisfaction pour moi, étant donné mon état de forme général, que d'arriver en haut de ce lieu chargé d'histoires (ou d'Histoire comme on veut !). On dit en effet, qu'il s'appelle "Mont Blanc des Dames" du fait de sa ressemblance avec son proche voisin le Mont Blanc mais... en plus petit. On dit aussi que c'est là que se rendaient les dames pour saluer leur mari qui gravissaient le Mont Blanc ! (et oui le machisme a toujours existé).

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Kate et moi, entre filles, sur le sommet qui nous est dédié !

Toujours est-il que là haut, il fait frais ! Alors nous ne trainons pas et redescendons au pas de course jusqu'au col de Salenton. Il est ensuite temps de basculer sur l'autre versant et de traverser le vallon de la Diosaz, aux pieds des Fiz jusqu'au refuge de Moëde d'Anterne.

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Silhouettes légéres et cotonneuses des linaigrettes

Une magnifique première journée qui s'achève par un bon repas savoyard et une courte soirée car notre petit groupe a du sommeil en retard ... Le lendemain, la forme est là et le soleil aussi !

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Nous voilà donc partis de bon matin, le coeur vaillant en direction du Pont d'Arlevé. Là bas, les cerfs sont au rendez-vous. C'est la période du brâme et le concerto est impressionnant ! Le parcours nous offre une variété de panoramas et d'ambiances incroyable.

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La montée jusqu'au col du Brévent est magique, j'en ai encore des souvenirs plein la tête. Nous y rejoignons la queue de peloton du trail des Aiguilles Rouges et entamons une discussion amicale avec les guides signaleurs présents depuis 7H du matin là-haut.

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Une petite photo de groupe et nous voilà repartis dans la descente vers les Houches. A peine arrivés, les sommets se bouchent, et la pluie commence à tomber. Quel timing !

Encore un week-end extra passé en bonne compagnie. Du trail un peu, de la rando beaucoup, des photos et des arrêts "dégustation de myrtilles" encore plus :), une soirée en refuge entre copains, ... Bref, tout ce que j'aime ! "Quand le sport devient un prétexte pour vivre de belles aventures ..."

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Photos : Benjamin Dunand

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 16:51

En ce mois de septembre, il est temps de poser un peu les valises avant de repartir en direction de ... la Réunion !

J'en profite donc pour regrouper quelques-uns de mes amis avec l'idée de leur proposer une soirée un peu particulière, à mon image dirons nous !

Le "Kilomètre Vertical de Croisse Baulet", comprenez une ascension 1000m D+ et 3,8km sur la ligne de crête en versant Ouest du Croisse Baulet, à l'heure où le soleil se couche sur le Mont Blanc.

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C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis fort longtemps car cette ligne est quasi parfaite, la montée régulière et surtout le sommet magique ! Alors autant le faire tester aux copains ! Et puis il faut bien l'avouer, c'est aussi l'occasion de fêter la fin de saison et de passer une soirée sympa, sportive et conviviale.

Au départ du petit hameau du Plan de la Giettaz, je retrouve donc mon petit groupe de traileurs motivés : Kate, Elodie, JC, Jérémie (G), Jérémy (P), Benjamin et Julien. 18H30, tout le monde s'élance tandis que j'ai pris un peu d'avance pour les attendre au sommet avec mes encouragements. Je suis seule tout là-haut, avec pour seule compagnie un chamois peu farouche et les teintes rosées du sommet du Mont Blanc et de la Pointe Percée. Quel bonheur !

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Nous avons jalonné le parcours de petits mots d'encouragement, histoire de faire passer le temps.

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41'59" plus tard, l'ami Jérémie Gachet atteint la cîme en tête juste devant JC puis Jérémy Pouge. Le soleil vient de se cacher derrière les Aravis. Arrivent ensuite Benjamin, Julien, Elodie en 55' puis Kate.

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Le temps de faire une petite photo et nous redescendons à la nuit tombée, sous les étoiles. Et un bon KV se termine toujours par un bon apéro ! Une première édition "intimiste" et vraiment sympa qui en amènera sûrement d'autres ... Merci les amis.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 21:19

Et bien voilà ! La chanson "Higway to Hell" de ACDC  va retentir une dernière fois sous l'arche de départ. Les coeurs sont serrés, les jambes sont raides, très raides même, des centaines de paires de jambes sont strappées, certains ont du mal a marcher normalement, tels des pantins qui partiraient pour une ultime bataille... Je fais partie de ceux là. Et pourtant ! le mot "Finisher" est dans toutes les têtes !

L'émotion est forte au moment du compte a rebours. 5-4-3-2-1 : c'est parti pour une dernière étape qui nous conduit jusqu'à Latsch, destination finale de la Transalpine Run. 41km, 1900m D+ et surtout 3100m D- que nous avalerons à un rythme endiablé pour conserver cette petite avance sur les Buff. Une toute petite avance, ridicule même... 2'30" pour conserver cette deuxième place durement acquise.

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Une première ascension nous conduit à 3100m d'altitude, l'occasion d'admirer un magnifique lever de soleil sur les immenses glaciers alentours. S'ensuivent plusieurs heures de descente, ponctuées de bosses de 100 ou 200m D+, sur lesquelles il ne faut rien lâcher. Mon cerveau a enregistré ces fameuses 2 minutes et 30 secondes et je ne cesse d'y penser pour me donner l'envie d'avancer.

Fred et Emilie nous donnent du baume au coeur au son de la cloche et du pouet pouet à chaque ravitaillement. C'est toujours une vraie bouffée d'oxygène de les entendre "allez allez"... 2 petits mots français qui résonnent en moi comme une douce musique.

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5km... il reste 5km avant d'en finir. Une dernière descente puis ce sont 3km de bitumes au milieu des pommiers. JC accélère la cadence, je me retourne, personne à l'horizon. Encore un virage, des barrières, des gens qui applaudissent. J'aperçois Fred, puis Emilie, puis Flo et enfin Jérémy qui sont déjà arrivés. Quel bonheur, quelle émotion. Il faut profiter de ces moments uniques où le corps semble flotter. JC me porte pour franchir le tapis de chronométrage, nous avons le sourire jusqu'aux oreilles.

BIP, voilà ! ca y est ! nous avons bouclé la Transalpine Run, 260km, 16000m D+... nous avons vaincus les moments difficiles, nous sommes remontés au classement à la force de nos jambes, petit à petit ... Et nous voilà 2ème mixte derrière les anglais du team Mammut et devant les espagnols du team Buff.

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Nous avons traversés des paysages magiques, couru sur des sentiers aériens et techniques, découvert les Alpes autrichiennes sous leur meilleur jour. Nous avons découvert une course fantastique, avec une équipe d'organisation au top, des soirées de remise des prix incroyables... Une des courses les plus difficiles que j'ai eu à vivre, ayant dû me donner chaque jour à 300% en faisant abstraction de toutes les douleurs musculaires et articulaires qui m'ont fait souffrir. Nous avons partagé une aventure incroyable à 6 : Flo et Jérém, notre équipe masculine de choc (sous les couleurs de XBionic), Fred et Emilie nos assistants de luxe, toujours sur le qui vive pour nous mettre dans les meilleures conditions de course et nous, JC et moi sous les couleurs du team Garmin... Une fine équipe qui a toujours gardé la banane malgré la fatigue et les coups de moins bien...

Non vraiment, cette Transalpine Run restera gravée à tout jamais dans ma mémoire.

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MERCI MERCI à tous ! les copains, les partenaires qui nous ont permi de réaliser ce rêve.

Merci Garmin Adventure, Terres d'Aventure, Cargo, Leki, Adidas.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 20:55

Aujourd'hui, gros morceau avec 44km et 2400mD+ !

Sous l'arche de départ, on sent la fatigue du peloton, les organismes sont fatigués, les visages tirés et certains coureurs boitillent. Il faut pourtant aller au front car la journée s'annonce corsée avec plus de 44km dont 17km de faux plat descendant sur le bitume et une ascension de 1600m en fin de course!

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C'est aujourd'hui qu'il ne faut rien lâcher ! La couleur est annoncée dès le début : la compétition s'engage avec nos amis les Buff qui nous collent au train dès les premiers km.

12mn séparent nos deux équipes sur plus de 20h de course alors pas question de relâcher la pression. Dommage pour moi car j'ai très envie de faire pipi ! ... mais s'arrêter même 10 secondes signifie se faire doubler! Au bout d'une dizaine de km, je décide pourtant de faire une micro pause. Heureusement pour moi, la féminine de buff en fait autant quelques minutes plus tard! Nous voilà quitte...

Les km défilent a vive allure mais le bitume et la course a 14km/h mettent à rude épreuve mes muscles et ligaments. Je ressens une vive douleur au psoas... Pas bon signe! J'ai du mal à conserver ma foulée car ma jambe gauche est vraiment douloureuse et pourtant, il faut avancer coûte que coûte.

J'attends avec impatience le début des premières montées pour soulager un peu la douleur. Buff semble craquer, c'est le moment de faire la différence. 29eme km :  c'est parti pour une montée d'enfer (1600mD+) qui n'en finit plus.

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En haut, c'est la délivrance. Le souffle court, nous reprenons la course en direction de la ligne d'arrivée par un itinéraire aérien équipé de cordes puis la descente d'une longue moraine.

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Encore un peu plus de 1000m négatif et quelques foulées et nous franchissons la ligne d'arrivée en 2ème position, 15mn devant nos adversaires ! Quel bonheur ! Pour la première fois, nous prenons l'avantage pour 2'30'' devant les Buff. Le team Carnethy, jusque là second au classement mixte a abandonné sur blessure. Nous voilà donc passé directement de la 4ème place à la seconde.

Et pourtant... une fois l'arche franchie. je n'arrive plus a mettre un pied devant l'autre tellement la douleur au psoas est vive. Fred et Emilie, nos fidèles assistants sont là pour me soutenir et m'aider à marcher, m'asseoir etc.

Que va-t-il se passer? Car demain, c'est la dernière étape et tout va se jouer ici...

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