Des personnes d'exception:

A l'heure qu'il est, après une belle moisson de médailles aux Championnats d'Europe, les Bleus sont sur le point de s'envoler pour la France. Mais les progrès technologiques font des merveilles, me permettant ainsi de profiter d'une de leur escale à Varsovie pour interviewer Franck Solforosi, tout récent Champion d'Europe...


Photo carotte

Cher Franck, te voilà à peine descendu de bateau que tu fais déjà la une des journaux (cf le Progrès d'aujourd'hui 20 sept). Mais revenons un peu sur ta saison... Comment as-tu vécu cette saison 2009?


J'avais besoin d'un nouveau challenge pour sortir la tête de l'eau après les jeux de Pékin et retrouver de la motivation pour continuer à m'investir autant. Le fait d'être appairé à Fabrice et de monter à la nage m'a vraiment motivé pour essayer de montrer ma capacité de rebondir et aussi de savoir comment je pouvais me placer individuellement avec Fabrice (et  sans Jean-Christophe qui est certainement le meilleur bâbord français actuel)

Avec un peu de recul, comment analyses-tu votre récente place aux Championnats du monde en 4-PL? (4ème)

Nous faisons un bon championnat du monde. Guillaume (Raineau) est arrivé malade à Poznan et a commencé à aller mieux après la première course. Nous sommes, je pense, à notre place, même si c'est extrêmement frustrant d'échouer si prêt du podium (35 centièmes de seconde!!!)

Quels ont été tes meilleurs souvenirs de cette saison?

D'abord il y a eu les championnats de zones où nous nous imposons devant JC et Fabien qui avaient (on peut le dire) un manque de kilomètres en bateau.
Ensuite il y a eu la finale des championnats de France bateau courts. JC et Fabien étaient beaucoup mieux entrainés que pour les zones et il a fallu faire une très bonne course pour parvenir à s'imposer.
Enfin, il y a eu ces championnats d'Europe où nous avons réussi à nous imposer devant les allemands champions du monde en titre!!!

Les Championnats d'Europe justement... Peux-tu résumer ta finale ?

Nous avions à cœur de partir vite afin de nous mettre à l'abri des attaques allemandes. Nous avons réussi à contrer toutes les attaques adverses sans se dire un mot dans le bateau, ce qui est relativement exceptionnel pour un bateau long.
Nous avons dominé la course et c'était vraiment grisant!!

Tu étais à la nage du bateau pour les Championnats du Monde et pour l'occasion, tu es passé au 3. Pourquoi? Qu'as-tu pensé de cette nouvelle composition?


A l'entrée du stage d'Aiguebelette Daniel nous a proposé cette composition qui, on peut le dire, nous a tous surpris.
Au départ, nous étions plutôt sceptiques mais cette composition s'est très vite avérée aller vite.
Daniel voulais préserver en tête de bateau le 2- champion du monde...ils sont très fort pour ce qui est du rythme et de la propulsion!! Ensuite il était plus logique de me mettre derriere Fabien avec qui j'ai ramé pendant 5 ans et j'ai pris des automatismes. Fabrice ayant ramé presque toute la saison derriere moi, il semblait logique qu'il ait plus de facilités à suivre.

Avant les Europe, vous n'avez eu que quelques sorties de préparation. Comment avez-vous géré ça? Comment on évolué les sensations?


Cette composition a tout de suite fonctionné et est montée en puissance à chaque sortie sur l'eau.
Il fallait que chacun trouve ses repères à son poste et cela s'est fait très vite!! Nous n'avions pas de pression puisque nous étions un bateau "neuf".

Qu'est-ce qui a fait votre force pour parvenir à battre les Champions du Monde en titre?


Je pense que Jean-Christophe a fait un très bon travail à la nage, bien emboité par Fabien...ils rament très long et avec des appuis plus compacts que ce que nous avons eu l'habitude de faire cette saison.
De plus, nous ramions plus "propre" que les allemands ce qui nous a permis d'être plus économique dans notre geste.

Et l'avenir? On doit te la poser souvent cette question... Mais quels sont tes objectifs prochains?

Mon objectif est le même que depuis que j'ai commencé l'aviron....devenir champion olympique!!
C'est un objectif ambitieux mais je pense que nous en avons les moyens.
A court terme, mon objectif est de conserver mon titre de champion de france en 2- puis de faire champion du monde en Nouvelle Zelande!!

Ok Francky, tout cela me parait fort encourageant pour l'avenir... Je te remercie pour ces quelques lignes entre 2 avions! Encore félicitations pour ce beau titre et surtout  bon courage pour la suite du voyage! Ce soir tu es chez toi!


Bha de rien c'est toujours un plaisir de répondre à tes questions. Bye. A très bientôt!


Article du Progrès - pages des sports - 20/09/09
Lundi 21 septembre 2009

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Même la Mégane F1 team n'aura pas suffi à rattraper le peloton lancé à toute allure sur la route de Montélimar au Ventoux.
Après avoir tenté d'atteindre à temps le col des Aires au km 94 pour lancer 2 gourdes au vol à JC,  je m'aperçois que l'allure des coureurs est bien trop rapide pour moi et que mon poulain est passé depuis déjà plusieurs minutes! Pas au top l'assistance!!

Je file donc à vive allure au Mont Serein pour garer la voiture en vitesse et grimper les 6km qui me séparent de la ligne d'arrivée située au sommet (inaccessible aux véhicules). La balade prend des allures de trail du Ventoux! Je n'ai que 45mn pour atteindre la cîme à temps et apercevoir le premier coureur alors que l'organisation prévoit 1h30 à 2h de marche... J'opte donc rapidement pour le mode "course à pied" sur la route puis "trail" droit dans les cailloux sous un tire fesse qui me conduit en trace directe au sommet ! (c'est vrai ça... pourquoi se compliquer la vie à faire des virages...)
La carotte prend une bonne suée mais j'ai droit à une belle petite récompense puisque je tombe nez à nez avec un magnifique chamois, surpris autant que moi dans le pierrier ! Encore quelques centaines de mètres et  j'arrive en haut tout juste 4mn avant le passage de Dimitri Champion, vainqueur de l'étape...  Juste à temps pour sortir l'appareil et immortaliser l'instant. La classe!

Puis 56 mn plus tard, c'est JC que j'aperçois au loin, tête dans le guidon, à la sortie du virage. Il est 13h. Quelques encouragements, le fameux dernier virage en épingle puis JC atteint enfin le sommet sous les applaudissements!

Ca, c'est l'étape du Tour vue du bas côté. Pour la vue de l'intérieur, je ne résiste pas à la tentation de poser mes petites questions au principal intéressé...

Comment ça s'est passé avant le départ ?

J'ai été impressionné par le nombre de sas!
Rien que le fait de faire plusieurs km pour rejoindre la ligne de départ devant les coureurs déjà installés, on se dit qu'on a vraiment de la chance d'être dans le 1er sas.

(photo carotte)
Les coureurs de première ligne prêts à en découdre 

As tu eu l'occasion de croiser des champions ?
J'ai effectivement croisé le Champion de France (Dimitri Champion), je lui ai même serré la main la veille dans la caravane VIP. Et derrière moi dans le sas, j'ai aperçu quelques têtes connues comme Zabel par ex.

(photo carotte)
Au centre en blanc: Antoine Deneriaz, pensif...
En haut à droite : Dimitri Champion (récent Champion de France) en pleine interview
En haut à gauche : Stephane Mifsud (recorman du monde d'apnée statique)

Pas trop chaud de prendre le départ au milieu d'un peloton de 9500 coureurs??

Le départ en lui même n'a pas été trop chaotique malgré le nombre de cyclistes. Par contre les 20 premiers km, il faut être super vigilant pour pas tomber. Du coup je n'ai pas cherché à doubler, j'ai préféré assurer pour rester sur le vélo!

(photo carotte)
As-tu assisté à des chutes?
Non pas de chutes, par contre des crevaisons à gogo.

Et ensuite, comment s'est passé le parcours?
Dès la 1ère montée ça s'est décanté (au km 19 environ). Les écarts se font petit à petit, du coup j'ai pu me relâcher un peu sur le vélo sans risquer de tomber.
J'ai toujours cherché à avoir une gestion prudente de la course. Je n'avais pas d'objectifs en terme de résultats, ce que je voulais c'était avant tout finir la course sans subir ! J'appréhendais pas mal la dernière difficulté, le Mont Ventoux, que je ne connaissais pas. Du coup, j'ai essayé de bien gérer mon effort jusqu'au pied de cette dernière ascension... Quitte d'ailleurs à être frustré à certains moments car je n'ai pas tenté de m'échapper de mon groupe pour rejoindre celui de devant.

Le Mont Ventoux, célèbre montagne qui fait tant rêver les cyclistes par sa difficulté? Qu'en as-tu pensé toi?

J'avais entendu beaucoup de commentaires (livres ou témoignages) sur le Ventoux. Personne ne dit " oh ce n'est pas si difficile que ça". Du coup ça impressionne! Quand j'ai commencé l'ascension, je me disais que "finalement c'est plutôt gérable". Je me sentais bien malgré les 150 km déjà parcourus.

Puis petit à petit, la pente se fait plus raide et il n'y a vraiment pas de moment de relâche pendant 12km jusqu'au Chalet Reynard. J'ai attendu ce ravito avec impatience! Dans la dernière partie, la pente est plus douce. J'ai pu reprendre un peu mon souffle,  j'ai alors doublé pas mal de coureurs. Jusqu'à la stelle de Simpson, ça allait vraiment bien.
Evidemment les 2 derniers km ont été très durs mais je suis quand même super content de mon ascension parce que j'ai réussi à bien gérer et à arriver au bout en ayant utilisé toutes les cartouches !!

(photo carotte)
Plus que quelques coups de pédales avant le sommet

Tu as pensé à quoi dans le Ventoux ?
Pendant la course, au loin, avant d'arriver au pied de la montagne, je me suis dit "on va vraiment en chier"! (Parce que tu le vois de loin le sommet !). Et dans le dernier virage, tu confirmes! Dans les derniers 30m, tu es obligé de te mettre debout sur les pédales pour ne pas tomber alors tu te dis qu'effectivement .... il est vraiment dur jusqu'au bout.

(photo carotte)
Dernier virage avant l'arche

Comment as-tu vécu l'ambiance dans le peloton?
Ca ne parlait pas beaucoup, même au début. D'une manière générale, pour avoir fait des courses en trail ou en aviron, le vélo c'est quand même bien indivualiste même si l'ambiance reste cordiale.
Ce que je note de positif, c'est qu'à l'avant de la course, les gens faisait assez attention à ne pas jeter leurs déchets en dehors des zones prévues (sauf un!!!... j'ai son numéro de dossard et son nom mais je me tairais! et de toutes façons il s'est fait insulté par tout le monde...)

Est-ce que tu penses que tu aurais fait beaucoup mieux avec plus de km en vélo?
C'est certain que le manque de course et d'expérience en cyclo, c'est quelque-chose qui m'a fait défaut par rapport aux autre coureurs, notamment dans la gestion de la durée.
Je pense que j'aurais pu avoir plus confiance en moi sur la course, et finir un peu plus fort avec plus d'expérience. Physiquement, c'est sûr que je suis loin d'avoir fait la préparation idéale! (la veille je crapahutais dans la montagne!) Oui désolée, c'est "un peu de ma faute"....
Tout ça pour dire que le fait de l'avoir fait une fois, ça me donne très très envie de recommencer. Et la prochaine fois, j'aurais vraiment à coeur de la préparer sérieusement pour faire un bon résultat!!
(Un peu comme mes 2 coéquipiers de Sydney Xavier Dorfman et Laurent Porchier qui terminent respectivement 10ème et 25è il y a quelques années)

Alors c'est quoi ton objectif pour l'année prochaine?
J'espère déjà pouvoir m'aligner! Et ca dépend aussi du profil! S'il y a une grosse difficulté dès le début, ca serait mieux pour moi.

Ah? Pourquoi?
Parce que ça décanterait beaucoup plus vite et du coup pour moi qui n'ai pas l'habitude de rouler en peloton, je pourrais mieux mettre à profit le côté physique pour me détacher.

Ce que tu retiens le plus de cette nouvelle expérience ?
C'est un événement énorme en terme d'organisation et de nombre de participants, de moyens, etc...
J'ai eu la chance d'être invité et d'avoir une place privilégiée dans le peloton. C'était une expérience vraiment extra.
Ce que je retiens aussi, c'est que c'est l'unique occasion pour un gars comme moi de faire une course sur route fermée. C'est vraiment agréable de rouler sans se préoccuper des voitures !!

(photo carotte)
JC les traits tirés après 6h07:18 de course et l'ascension du Mont Ventoux

Au final:
Dimitri Champion, vainqueur haut la main avec un temps de 5h11:31
Et JC, 174ème avec un temps de 6h07:18 (1h35:55 pour grimper le Ventoux depuis Bédoin)

Retour à la saison d'aviron avec le stage de préparation terminale pour les Championnats du Monde qui débute jeudi (demain quoi) !

Mardi 21 juillet 2009

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Après 2 mois d'arrêt forcé sur blessure, le Francky nous revient plus fort que jamais!

Le 28 juin, Monsieur Bussière remet un dossard et franchit la ligne du marathon du Mont Blanc en 4è position à 5mn du premier. Puis, avide de course à pied et de montagne, notre ami décide de mettre pour la première fois le pied dans l'engrenage du long.... L'Annecîme et ses 80km lui tendent les bras et le voilà qui prend le départ pour une belle série de bosses ajoutant 4800m+ à son tableau de chasse !

Sauf que quand Francky s'aligne sur une course, ce n'est pas pour y faire de la figuration... surtout après avoir tourné en rond comme un lion en cage pendant plus de 2 mois ! Après 10h14:41 de galopades autour du lac d'Annecy, notre homme s'adjuge une superbe deuxième place à 16 mn du vainqueur Pascal Giguet.



Impressions :

Franck, merci de prendre quelques instants pour assouvir ma curiosité!
A quelques jours d'une course de 10 heures, comme te sens-tu?


Plutôt bien, j'ai eu pas mal de courbatures le lendemain, surtout aux épaules, bras et lombaires ( c'est les bâtons...) et les pieds bien mâchés avec le terrain bien cassant sur la fin de parcours.
J'ai l'impression d'avoir bien récupéré mais ça n'est que superficiel je pense ; je me force donc à faire un petit break en repos complet même si l'envie de reprendre l'entraînement est déjà là.

Et le jour J? Quelles ont été tes sensations au fil du parcours?


Les sensations étaient assez bonnes au départ de la course malgré 2 semaines pas top après la marathon du Mont Blanc : pas évident de faire de bonnes séances (qui rassurent  entre le récup d'après course et la préparation de la suivante.
Sinon pendant la course, malgré quelques petites baisses de régime normale, je n'ai jamais vraiment douté pour ce qui est de finir, tout au moins.
C'est dans les descentes que j'étais le moins bien en raison de douleurs lombaires résiduelles de mes 2 mois de blessures : j'étais constamment sur la réserve pour limiter les chocs, mais j'économisais un peu mes cuisses du coup.

En quelques lignes, peux-tu nous raconter comment s'est passée la course aux avant postes ?


Il y a eu pas mal de changement pendant la course en raison d'un balisage pas très sérieux : c'est simple, j'ai pas rencontré un coureur qui ne s'était pas planté au moins une fois.
Je me suis donc retrouvé en tête au sommet du Semnoz (km 17)  sans le savoir puisque Pascal Giguet s'est perdu une première fois. Il me rejoins ensuite au km 25 au col des Cochettes avant d'entamer la mauvaise descente tous les 2 : on jardine, on hésite, on remonte, on redescend et c'est Patrick Rey (futur 3ème) qui nous rejoins : bilan 2,5 km en plus à mi parcours !!
Du km 40 ou km 60, avec Pascal on prendra la tête en fonction des coups de "moins bien" de l'autre, jusqu'à la terrible descente sur Bluffy où il me mettra 2 minutes et je ne le reverrai plus.
Dans la dernière ascension, replantage et 5 bonnes minutes de perdues. En revenant sur le bon chemin, j'ai pris les boules en voyant le 3ème devant moi et il a fallu en remettre une couche.

Hmm dur dur effectivement....
Pour une première sur un trail aussi long, comment as-tu géré la distance? (en terme de vitesse, alimentation)


J'avais reconnu une partie du parcours 1 mois avant et je dois dire que ça m'a bien aidé dans la gestion du parcours, dans l'appréhension des dernières difficultés.
J'avais le parcours parfaitement en tête avec les dénivelés et les temps de passage que je m'étais fixé à chaque sommet et ravito : si je ne m'étais pas perdu plusieurs fois, j'aurai été dans les temps (à la minute près  à chaque point.
Je n'ai jamais cherché à rattraper un coureur devant ou à me laisser remonter pour récupérer un peu, mais juste à respecter mes temps de passages et mes vitesses ascensionnelles.
Pour l'alimentation, j'ai surtout tourné aux gels ( 4x100gr) , boisson ( 3,5L)  et à l'eau. Assez peu de solide finalement : 1 barre, 1 banane .
J'ai tenté un petit sandwich jambon à mi parcours pour changer un peu, mais pas évident de mastiquer en courant, je n'ai pris qu'une bouchée finalement.
 


Et mentalement, il s'est passé quoi dans ta tête?


C'est passé assez vite finalement, entre les 2 premières heures dans la nuit et les plusieurs erreurs de parcours qui donne un bon coup de speed.
En plus, j'avais l'assistance familiale à plusieurs ravito : ça motive bien.
 
Ah ...  les femmes ... comme quoi on en reviens toujours à l'essentiel !
Qu'est-ce que tu retiens le plus de cette nouvelle aventure dans le long?

Juste après l'arrivée : 80 km c'est bien assez long !!! je ne me vois pas repartir pour une seconde boucle pour me faire 163 bornes et 9000mD+ ( mais toi tu l'as déjà dans la tronche...). mouai facile...
Je pense aussi que mon manque d'expérience sur cette distance m'a un peu bridé par peur de coincer sur la fin.
J'ai l'impression d'avoir "assurer" ma course pour ne pas risquer l'abandon et être terriblement déçu : c'est ce qu'il faut faire je pense pour une première, mais pour viser plus haut, il faudra être un peu plus engagé!

 
Ah? Tu parles au futur... Donc ça y est, tu sembles atteint du virus!
Est-ce que tu es prêt à remettre ça?


Pas de plus long prévu pour l'instant, j'ai déjà de quoi faire dans ce format.
L'UTMB pas pour l'instant, il aura la CCC avant, de toutes façons!
 
Prochain(s) objectif(s)?


Je vais caler ça bientôt pour la fin de saison entre le Sancy, les Templiers et la Sainté : au moins 2 de ces 3 courses

Un grand bravo Francky, si je comprends bien, on risque fort de te revoir aux avant postes très bientôt.... En attendant,  je te souhaite un bon repos et RV à la fin du mois d'aout !

 
Jeudi 16 juillet 2009

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Voilà plusieurs années que nous gambadons chacun de notre côté sur les sentiers de France et de Navarre. De mon côté, le choix se porte généralement sur les proches montagnes alpines. Mais Seb, mon ami et ex-voisin (mais néanmoins "Voisinou préféré" ...mes excuses à Fred)  quant à lui, joue dans la cour des grands! A la découverte de lointaines contrées, à l'assault du bout du monde, il a accepté de nous faire partager un petit bout de ses dernières aventures chiliennes…


Après la route de la Soie en été 2007, te voilà de nouveau valises à la main et baskets aux pieds à la fin du mois de février pour participer à l’Etoile d’Atacama : un raid de 9 jours et 274km à pied à travers le Chili…

Salar de Atacama, Vallée de la Lune, Lagunes Miscanti et Meniques, geysers du Tatio, volcans qui culminent à près de 6000 m… autant de lieux évocateurs et exotiques qui mettent l’eau à la bouche ! Merci à toi d'accepter de prendre un peu de temps pour nous faire rêver ...   


Tout d'abord, ma première question : combien de temps es-tu parti ?


Pas assez longtemps à mon goût !!! Non, en fait j’ai eu la chance d’avoir pu partir deux grosses semaines dans ce désert d’Atacama qui me faisait rêver depuis des lustres...



Tu appréhendais ce voyage ou tu partais plutôt serein sur tes capacités, car 240km, ce n’est pas rien !


En théorie, j’aurais dû partir relativement serein. Je pensais un peu au parcours et aux conditions qui m’attendaient mais j’étais bien loin d’être affolé. Cependant la pratique s’avéra « légèrement » différente puisqu’à 15 jours du départ, je me suis blessé... tendinite achilléenne ! La sérénité devint donc délicate à gérer, surtout que la première question du médecin qui m’a ausculté fut de savoir si j’avais une bonne assurance annulation ! Lorsque tu prépares un tel projet depuis des mois, que tu t’entraînes dur et que tu remues ciel et terre pour boucler le budget, c’est le genre de chose qui n’est pas vraiment évidente à entendre !

Je me suis donc retrouvé au repos forcé et sous anti-inflammatoires violents jusqu’au départ de la première étape qui était une boucle d’acclimatation à l’altitude, donc non chronométrée. C’était le test : si je ressentais la moindre douleur au tendon, il était évident que le reste ne passerait pas... et il ne me restait plus qu’à enfiler les chaussures de randonnée et mettre l’appareil photo autour du cou ! Il a donc fallu se conditionner à cette éventualité. Pas simple mais en même temps formateur car cela t’oblige à prendre du recul et à relativiser : d’accord la course s’annonce compromise mais pouvoir partir dans ce coin de paradis, ne serait-ce que pour y marcher, était déjà une chance exceptionnelle... alors je n’avais sûrement pas le droit de me plaindre et encore moins de m’apitoyer sur mon sort !

Et puis finalement la première étape est passée sans le moindre souci (même si j’étais obnubilé par ma cheville droite !). A l’arrivée l’infirmier urgentiste m’a examiné et a été très optimiste pour la suite. J’ai donc repris confiance et au fil des étapes j’ai fini par oublier  (enfin presque !) ce satané tendon !


Ces 240km à travers le Chili représentait combien en Dénivelé ?


Il y avait un peu plus de 3200 mètres positifs (pour 5300 de négatifs), ce qui n’est pas énorme compte tenu de la distance. Mais avec l’altitude, les distances et la dénivellation prennent une toute autre dimension. Il suffit de boire une gorgée à la pipette du camelbak pour s’en rendre compte... on devient essoufflé comme si l’on venait de piquer un sprint !!!


Comment était l'accueil sur place? As-tu eu l'occasion de rencontre et d'échanger avec la population locale?


Une fois dans le désert, nous avons peu eu l’opportunité de rencontrer du monde, le climat et l’altitude rendant le milieu particulièrement inhospitalier. Néanmoins, les quelques rencontres que nous avons pu faire avec les enfants ou les adultes dans les villages traversés sont toujours des moments d’échanges privilégiés. D’autant plus que les locaux sont accueillants et toujours prêts à discuter malgré la barrière de langue.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Comment se déroulait une journée type ?


En général : réveil 6h30, mis en tenue et rangement des sacs,  petit-déjeuner 7 heures. Brin de toilette et embarquement dans les minibus pour un transfert dont la durée oscillait entre 45 min et 2 heures. Une fois arrivés, nous avions une petite demi-heure pour nous préparer, puis le départ était donné. L’arrivée se faisait soit directement au prochain bivouac soit dans un endroit où nous pique-niquions avant de repartir en minibus. Le restant de la journée était consacré à la récupération et aux soins. Très souvent une visite était proposée. La journée se terminait par l’incontournable briefing de l’étape du lendemain, suivi du dîner.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Et le dodo, confortable ?


Les tentes deux places étaient relativement confortables. Mais après, la qualité des nuits est très variables d’une personne à l’autre ! Mon colloc’ s’endormait en 30 secondes chrono ! En ce qui me concerne, ayant un sommeil léger, les nuits furent plus mouvementées ! Avec l’altitude je n’arrivais pas à dormir, d’autant plus que se coucher à 21h30 ne fait pas vraiment partie de mes habitudes ! Je prenais un hypnotique (stilnox) tous les soirs mais malgré cela je passais plus de temps à écouter de la musique qu’à dormir...

Concernant le froid, nous en avons tous plus ou moins soufferts les derniers jours, et tout particulièrement la veille de la dernière étape où il a fait un - 10°C bien tassé ! Au réveil, l’intérieur des tentes était givré et les vététistes ont dû attendre avant de prendre leur départ car le dérailleur de leur vélo avait gelé !


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Comment se passe la logistique ? Vous vous faites transporter vos petites affaires ou il faut l’énorme sac à dos de campeur?


Nous ne transportons pas nos sacs pendant la course. Nous les laissons le matin et les retrouvons à l’arrivée.


La classe... Et les repas?


Au niveau de la nourriture, le petit-déjeuner, le repas d’arrivée ainsi que le dîner sont également pris en charge par l’organisation. Un porte-bidon ou une poche à eau est donc largement suffisant pour courir puisque l’on retrouve le principe des trails avec un ravitaillement liquide/solide tous les dix kilomètres en moyenne. Après chacun gère son alimentation de course comme bon lui semble avec éventuellement des barres, des gels, de la boisson énergétique, etc...

Crédit photos : Nature Extrême Développement


A ce propos, qu’est-ce qu’on mange quand on court au Chili ? (pas des haricots rouge tous les jours quand même !)


Durant la course, la nourriture est avant tout adaptée à l’effort d’endurance... donc pas tellement riche en haricots rouge ! Pain, céréales, gâteaux, et boissons chaudes pour le petit-déjeuner, et crudités, soupe, viande, riz et pâtes pour les repas d’après-course... du classique quoi !

Par contre, une fois l’épreuve terminée nous avons pu goûter aux spécialités locales qui valent le détour ! Les chiliens sont imbattables pour préparer la viande et leur barbecues sont un régal !

Et puis course ou pas course, leurs bières se laissent également bien boire...


Ah parce que tu bois de la bière toi maintenant ?? Je saurai m'en souvenir!

Comment étaient les relations dans le peloton, avec les autres coureurs ? Il y avait aussi des vététistes et marcheurs, ça se passait bien entre vous ?


Disons que la communication n’est jamais simple avec les vététistes du fait de leur niveau intellectuel largement inférieur à celui des coureurs à pied !!!!!!!!

Non plus sérieusement, tout s’est globalement très bien passé au sein du groupe, quelque soit la discipline de chacun. Malgré les conditions difficiles, l’altitude (et le mal des montagnes qui va avec), le froid, le manque de sommeil, la fatigue physique ou encore les inévitables bobos, l’ambiance est toujours restée très bonne et conviviale. Il faut dire aussi que la majorité des personnes se connaissaient déjà avant, ce qui facilite grandement le contact ! Et puis à ce niveau, le staff reste très vigilant : toujours à l’écoute de chacun, à rebooster ceux dont le mental vacille...


Tu es déjà parti avec ces même organisateurs justement (Nature Extrême Développement).

Est-ce que tu as l’occasion de revoir des personnes croisées lors de tes précédentes aventures ?


Sur ce genre d’épreuve, quelque soit l’organisateur, tu retrouves toujours des têtes connues...  c’est un petit monde ! En plus, Nature Extrême Développement compte beaucoup d’habitués et donc nécessairement on retrouve un peu les mêmes coureurs, marcheurs et vététistes d’un raid à l’autre ! Personnellement, c’est quelque chose que j’apprécie car il y a des personnes avec lesquelles tu sympathises vraiment.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Qu’est-ce qui t’attire dans ces voyages ?


Tout d’abord, c’est de pouvoir découvrir des paysages extraordinaires... la planète possède de si belles choses qu’il serait dommage de passer à côté ! Il y a également les rencontres avec des personnes qui vivent d’une manière totalement différente de la nôtre, qui bien souvent n’ont rien ou pas grand-chose mais qui te donne tout ! Ces échanges sont certes éphémères mais tellement enrichissants qu’ils te marquent pour très longtemps.

Après la course à pied n’est qu’un prétexte pour la découverte ; prétexte qu’il n’est pas facile à faire comprendre aux personnes qui ne courent pas ! Mais pour celles et ceux qui savent ce que c’est, quel bonheur que de pouvoir courir dans des endroits magiques, d’en prendre les yeux et de pouvoir le partager avec d’autres passionnés!



Et pourquoi NED particulièrement ?


Parce que NED, c’est la rigueur baignée dans la bonne humeur ! En termes de logistique et de sécurité, ils sont très carrés et rien n’est laissé au hasard. Et en dehors de cela, tout est fait pour que l’on passe un bon moment de sport mais avant tout de convivialité! D’accord, il y a un chrono et un classement mais tout n’est pas centré là-dessus ! Cathy et Serge, les responsables de NED, se cassent toujours la tête pour nous faire passer dans les endroits les plus beaux et les plus sauvages du pays dans lequel nous nous trouvons.

La Route de la Soie qu’ils ont organisée en 2007 en est le meilleur exemple : il fallait un sacré culot pour faire traverser l’Asie à 60 personnes en passant par des endroits totalement délaissés par l’homme et finir par des étapes en Iran ! L’expédition était ambitieuse mais ils l’ont minutieusement préparée et tout s’est passé sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance. 


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Tu disais qu'il y a des gens avec qui tu as vraiment tissé des liens?


Oui !!! Il faut dire que les concurrents sont généralement des individus « hors normes » avec une philosophie et des choix de vie qui pourraient paraître décalés aux yeux de notre société actuelle... mais qui pourtant sont tellement vrais et enrichissants ! (enfin cela n’engage que moi !)

Au fil des voyages, je suis resté en contact avec pas mal de personnes. J’en vois même certaines de temps en temps. Et puis il y a ceux que l’on perd de vue une fois la course terminée, et que l’on retrouve avec plaisir des mois ou même des années plus tard, à un autre bout de la planète.



Quelle est la moyenne d’âge des gens qui partent comme toi, pour des aventures lointaines comme celle-ci ?


En fait, les concurrents ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année !!! A titre d’exemple sur la Route de la Soie, la moyenne d’âge dépassait allégrement les 55 ans ! Jusqu’à présent, j’ai donc toujours été le benjamin du groupe... avec un grand nombre d’années de retard sur la moyenne !

Mais l’explication est logique : ces projets demandent du temps et de l’argent, ce dont ne disposent généralement pas les personnes qui débutent dans la vie active ! Et puis il suffit de regarder la moyenne d’âge des pelotons sur les épreuves supérieures au marathon pour comprendre que la longue distance ne passionne pas vraiment les coureurs les plus jeunes.

A l’exception de ma Voisine, je connais peu de personnes dans mon entourage qui seraient prêtes à dépenser tout leur budget vacances pour aller courir pendant des heures, plusieurs jours d’affilée... et dormir le soir sous la tente ! Les déséquilibrés ne courent pas les rues !!!


Crédit photos : Nature Extrême Développement


C'est clair....

Tu termines sur le podium de cette course avec une belle 3ème place. Sur ce genre d'épreuve est-ce qu’on a tendance se préoccuper un peu, beaucoup du résultat ou alors on n’est seulement obnubilé par les paysages ?


La relation que l’on peut avoir avec le chronomètre est propre à chacun. Par exemple, il est bien évident que les premiers sont avant tout des compétiteurs dans l’âme qui viennent pour la gagne !

En ce qui me concerne, c’est bien là le dernier de mes soucis ! Après, bien entendu que finir sur le podium d’une telle course fait toujours plaisir ! Mais je pars du principe que je cours avant tout contre moi-même, inutile de penser au classement... il se fait naturellement ! Sur le plan sportif ce qui m’intéresse avant tout est de pouvoir confronter mon organisme à des conditions aussi exigeantes que les 52 °C du désert de Lut, l’insupportable chaleur humide dominicaine ou encore la haute d’altitude d’Atacama. Etre à l’écoute de son corps et de ses réactions pour essayer de l’amener à l’arrivée, voilà ce qui m’obnubile !


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Ouh là là, le genre de truc impossible à affronter pour ta voisine!!!  52°C... déjà que quand on dépasse les 18°C en France, je gonfle comme une barique sans évacuer la chaleur... Je n'ose même pas imaginer!

Tu as gagné quoi d’ailleurs ?


Avant tout... j’ai gagné de l’enrichissement personnel et de l’amitié !

Le lot est le même pour tout le monde (en l’occurrence un joli masque chilien en terre cuite), quelque soit le classement. Ce qui paraît normal puisque nous avons tous vécu la même épreuve et que finalement ce sont les derniers qui ont passé le plus de temps sur la course !

Sinon, du fait de ma 3ème place, j’ai reçu un avoir pour un prochain raid NED. Et là aussi, je trouve fort appréciable qu’il n’y ait pas d’argent en jeu. L’argent nous pourrit suffisamment le reste du temps pour ne pas avoir à en entendre parler pendant ces aventures qui sont des moments privilégiés de la vie. Et puis c’est une nécessité afin que l’état d’esprit et la compétition demeurent sains.


Et qui sont tes prédécesseurs ?


Il y avait du beau monde sur cette édition de l’Etoile d’Atacama ! Dominique Bordet, le vainqueur, est coureur du Nord invaincu sur les nombreux raids auxquels il a participé. Son record sur marathon est sous la barre des 2h25 min ! Il termine devant Gilles Diehl, ancien membre de l’équipe de France de 100 km, champion de France de la discipline en individuel mais également champion d’Europe et du Monde par équipe. Sa meilleure performance sur la distance est un peu moins de 6h42 min !!! Il y avait donc un écart considérable entre les deux premiers et moi-même, leur niveau étant bien entendu largement supérieur au mien.


Oui d'ailleurs c'est bien connu, mon Voisin est un escargot en course à pied.... Qu’est-ce qui t’a le plus marqué pendant ton périple ?


Que veux-tu répondre à cela lorsque tu en as pris plein les yeux pendant 15 jours ?!! Il y a tellement de choses qui m’ont marqué ! La première qui me vient à l’esprit est la descente sur Toconao. Le panorama était magnifique avec les volcans et les montagnes sur les côtés et le Salar en face de nous. Mais c’était surtout le contexte qui était spécial : nous courions les derniers kilomètres de la dernière étape et c’est toujours un moment particulier durant lequel beaucoup de souvenirs mais également de personnes me traversent l’esprit... j’ai notamment repensé à ma tendinite ainsi qu’à la question de mon médecin sur mon assurance annulation ! Et là, j’ai vraiment réalisé la chance que j’avais eue d’avoir pu courir l’épreuve d’un bout à l’autre, en faisant plaisir au milieu de ce paysage irréel... 



Un souvenir négatif ? Un coup de mou au cours des 9 jours ? Une envie d’abandon ?


Je dois avouer que la confiscation de mes saucissons par la douane chilienne fut particulièrement douloureuse ! Et le pire c’est que mon voisin de tente a connu le même sort !!! C’était d’ailleurs devenu notre tabou... même dans les moments les plus difficiles, nous n’évoquions pas cet épisode fort déplaisant !

Sinon, aucun mauvais souvenir, ni coup de mou et encore moins une envie d’abandonner.


Si tu as un conseil, quelque chose à dire au lecteur de carotte pour tous qui est comme moi, en train de baver devant ton récit ?


Il faut agir au lieu de baver !!!

Pour être sérieux, je leur conseillerais tout simplement d’appliquer la (si jolie) phrase qui orne ton blog ! Il ne tient qu’à soi de vouloir réaliser ses envies et ses rêves. D’accord, il y a toujours une multitude de choses pour nous freiner mais lorsque l’on veut vraiment on peut !

Dans le cas des raids, une épreuve telle que l’Etoile d’Atacama est pour le moins extrême. Mais une organisation comme NED propose des épreuves bien plus accessibles avec une logistique bien plus confortable (nuits en hôtel par exemple) dans des pays comme la Croatie, la Grèce et j’en passe ! Le niveau de pratique n’est pas le souci premier... il suffit de vouloir aller au bout de soi-même, c’est tout !


Quel est ton prochain objectif ?


Il est trop tôt pour en parler mais il commence à prendre forme...


Ah là là, sacré Seb, toujours plein de mystère... Et pour finir, ton dicton du jour …


Oula difficile de répondre, moi qui suis fan de phrases et citations en tous genres ! La plus présente dans mon esprit est sans aucun doute : « Ecoute ton cœur, il a raison ! », qui n’est pas un dicton du jour mais mon dicton de tous les jours !

Crédit photos : Nature Extrême Développement



Lundi 30 mars 2009

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De retour des Jeux, il faut bien l'avouer... les événements s'enchaînent à une vitesse effreinée...
Retour au boulot, gestion du quotidien quelque peu "délaissé" ces derniers temps, reprise du sport, etc... C'est pour cette raison que le rythme habituellement "productif" de mes récits s'en ressent depuis quelques semaines...

MAIS!!!
Mais je compte bien me rattraper. C'est pourquoi, pour débuter ma rentrée bloguesque en beauté, j'ai l'immense plaisir de vous livrer en avant première, l'interview de mon ami Franck Bussière.

Un garçon que j'admire pour sa discrétion, sa modestie et sa néanmoins redoutable efficacité sur chacune des courses où il est présent... Franck qui, comme moi, a décidé un jour de passer de l'aviron au trail. Une reconversion plutôt réussie quand on connait ses récents résultats. En voilà un qui fait frémir bon nombre de traileurs aguerris...



PORTRAIT EXPRESS:

Franck Bussière
Né le 13 Août 1975 à Armentières (59)
Poids : 72 kg - Taille : 1,78 mètres
Situation : Marié, 2 enfants

Profession : Chargé d’affaires en génie climatique
Vit à Villette d’Anthon (38)

Membre du Team ASICS TRAIL depuis novembre 2007

PALMARES :

Aviron :

2 fois champion du monde - huit poids léger (2001-2004) – 3ème en 2003
4 fois champion de France – 2002-2004-2005-2005

Trail :

2007 : 3ème trail Cabornis – 7ème marathon du Mont Blanc – 10ème 6000D – 3ème Saintelyon équipe de 4
2008 : 3ème trail Cabornis- 5ème trail de Faverges – 7ème Nivolet Revard – 9ème marathon du Mont Blanc
           



Franck, pour commencer : qu’est-ce qui t’a donné envie de ranger les pelles pour chausser les trails ?

J’ai arrêté à 30 ans en 2005 après 8 années de haut niveau, c’était devenu pesant : le rythme de vie entre l’entraînement quasi bi-quotidien, le travail et la famille, d’autant que les résultats sportifs n’était plus à la hauteur de mon engagement : seul un objectif olympique peut réellement motiver après 30 ans.

Pour autant, je n’ai pas la moindre nostalgie, j’ai arrêté avec le sentiment d’avoir fait de mon mieux pendant toutes ces années et d’être arrivé proche de mon meilleur niveau. Après, les résultats obtenus dépendent également de paramètres et de circonstances que l’on ne maîtrise pas forcément. Je n’ai pas atteint mon objectif d’aller aux jeux, mais je ne le considère pas pour autant comme un échec.

Avec 2 années de recul et même s’il y a eu des épisodes douloureux, je garde de bons souvenirs et suis fier d’avoir pratiqué un sport qui porte des valeurs fortes et qui reste épargné des dérives que l’on voit par ailleurs dans le sport business et spectacle.

Petit retour en arrière.... Quel est ton meilleur souvenir en aviron ?

Le premier titre mondial en 2001, remporté dans un contexte de pression avec la fédération qui ne voulait pas que les 4 poids légers champions olympiques courent en huit et en quatre aux championnats du monde. Sans leur détermination, il n’y aurait pas eu ce titre….


Et le plus mauvais ?

Régate d’Essen 2002. Suite à la contre performance du quatre sans barreur (seul bateau olympique de la catégorie), avec Pascal Touron on se fait sortir du bateau et le rêve olympique se brise : même si je m’accroche pendant 2 ans pour ré-intégrer la coque, comme si de rien n’était, je sais au fond de moi que je ne connaîtrai pas les jeux.

Entre trail et aviron, selon toi quelles sont les différences fondamentales ?

La différence fondamentale est qu’en aviron, on travaille à des intensités et des rythmes très constants par rapport au trail, aussi bien à l’entraînement qu’en course (tout au moins avec le programme fédéral français…).

Par contre en trail, le temps de course est plus long que celui de l’entraînement, l’intensité en course est proche de celle de l’entraînement voire même inférieure selon la séance.

Le trail est aussi beaucoup plus traumatisant au niveau du muscle et des articulations. Cela m’a demandé une bonne saison d’adaptation au niveau de la récupération d’après course. Je pense également que la musculation joue un rôle important à ce niveau, pour le renforcement de la fibre musculaire, tout au moins au début.

Est-ce qu’il y a certaines choses qui te manques?

Ce qui me manque le plus aujourd’hui c’est l’ambiance d’entraînement des stages (alors que c’est ce qui me pesait le plus à la fin), le fait d’être délocalisé et être 100% disponible pour sa passion. Encaisser des charges importantes de travail et la sensation de bien-être que peut provoquer la fatigue… c’est le genre de sensation qui me manque.

Pour le reste, rien ne me manque véritablement et c’est pourquoi j’ai tourné la page du jour au lendemain : de toutefaçon, je n’aurais pas pu continuer à moitié et me voir régresser.


Qu’est-ce que ça t’apporte aujourd’hui de t’éclater en trail ?

Le trail est d’abord un moyen de me dépenser physiquement et d’être en plein air : j’ai besoin de faire un sport qui me fatigue sinon je suis invivable. Et comme je suis passionné de montagne, c’est assez logiquement que je suis arrivé au trail.

Ensuite, c’est en découvrant les valeurs et l’esprit des pratiquants que c’est devenu une passion : c’était essentiel pour moi de rester dans la lignée de l’aviron.

Et à l’inverse y a-t-il quelque chose qui te rebute en trail ?

A part les descentes !!! rien. Mais j’y travaille assidûment pour limiter les dégâts.

Après, j’ai peu de recul (à peine 2 ans de pratique) pour avoir une vision complète de la discipline. Malgré l’engouement croissant pour le trail, je reste quand même assez optimiste sur l’évolution de ce sport pour les prochaines années pour qu’il n’y ait pas trop de dérives. La mentalité des trailers est saine et chacun essaye de préserver l’éthique de la discipline. Je trouve même que le côté commercial et marketing induit est raisonné et raisonnable. J’espère ne pas trop me tromper …..

Malgré ta jeune carrière, as-tu déjà retenu quelques souvenirs marquants?

J’ai beaucoup de bons souvenirs mais pas un qui ressort particulièrement du lot : j’attends de faire une grosse perf sur un gros trail pour ça.

Après, il y a eu des moments forts comme la 3ème place par équipe à la Saintelyon pour quelques secondes sur le 4ème : je m’étais mis beaucoup de pression pour ma première course avec le team Asics, surtout que j’avais le premier relais. Je ne voulais surtout pas décevoir… : les courses par équipe ont toujours une saveur particulière, ça m’a rappelé l’aviron.


Justement,la culture aviron te sert-elle dans ton activité aujourd’hui ? (muscu, endurance, nutrition, état d’esprit, etc…)

C’est évident que mes années d’aviron m’ont servi à appréhender cette discipline, mais pas tellement plus que si j’avais fait un autre sport (d’endurance bien sûr !!). C’est plus la pratique de haut niveau qui me sert, avec tout ce que ça implique : connaissance et compréhension de l’entraînement, l’assiduité, connaissance de soi dans l’effort et de ses capacités de récupération.

J’ai gardé quasiment le même mode vie car, depuis le temps, c’est devenu une habitude : diététique, rythme de sommeil, vacances sportives ou limitation des excès ne sont plus une contrainte.

Le problème c’est que j’ai encore beaucoup de mal à sauter un entraînement sans culpabiliser : c’est une vrai dépendance physique et psychologie, mais je me dis qu’il y a pire comme addiction….


Et en quoi consistent tes entraînements dans la semaine ? Tu arrives à jongler avec ton boulot ? C’est quoi ton terrain de jeu favori / régulier ?

En semaine, je m’entraîne entre midi et 14h au parc de Miribel Jonage (pôle France aviron). C’est un choix personnel pour ne pas avoir à le faire le soir que je réserve à ma petite famille : ils l’ont assez vécu avant quand je m’entraînais matin et soir.

Une semaine type d’entraînement se compose en général de 2 séances de courses à pied (entre 16 et 20 km), une séance cardio en salle (ergomètre ou vélo), une séance muscu (endurance de force comme au bon vieux temps, mais un peu plus light !!) et un aller-retour boulot en vélo (soit 2x 25 à 30 km). Le week-end, entraînement plus long à pied ou en vélo. En hiver, pas mal de ski de fond.

Mes terrains de jeu favoris : les Monts d’Or (un peu loin de chez moi maintenant) et le Bugey et Val Thorens pour les vacances

Tu arrives à t’entraîner avec des potes régulièrement ? Ou tu préfères jouer au loup solitaire ?

Je suis plutôt loup solitaire à l’entraînement, autant pour des raisons d’emploi du temps que par choix.

Disons que je n’ai pas forcément besoin d’émulation pour trouver la motivation à l’entraînement et pour y être assidu toute l’année. C’est aussi important d’être seul quand c’est difficile physiquement et mentalement pour dépasser son envie de ralentir, d’arrêter ou simplement de pas aller s’entraîner.

Je fais, dès que possible, une sortie en groupe pour se tirer un peu la bourre et casser la monotonie de l’entraînement solitaire, avec toi quand tu n’es pas par monts et par vaux ou avec Flo (Racinet).

J’essaie également de dévier de leur sillon mes potes rameurs (quand ils n’ont pas d’échéances) ; c’est toujours de bonnes séances car ils sont toujours partant pour allumer !!

Au Raid Blanc de la Clusaz... On dirait presque que je m'envole derrière Francky!

 

Côté nutrition, est-ce que tu suis un régime particulier ?

Je me suis beaucoup intéressé à la nutrition et à la diététique sportive quand je ramais, surtout qu’étant en catégorie poids léger, j’avais la contrainte de la perte de poids pour les compétitions.

Dans ce flot d’informations pas toujours cohérent et d’avis divergents, j’ai trouvé le régime alimentaire qui me convenait bien au quotidien. A mon avis, l’important en diététique est de savoir ce que l’on mange, de connaître ses besoins en fonction de son activité et tout devient naturel, sans avoir à suivre des recettes et programme alimentaire.

Finalement, la veille d’une course, je ne change quasiment rien. J’ai surtout appris à être beaucoup plus à l’écoute de mes sensations avant, pendant et après les courses, quitte à très peu manger avant, et ne plus me forcer à avaler la double dose de pâtes, pour « charger en glycogène » et qu’on regrette ensuite en course.

Pendant les courses, à quoi tu penses ? À mettre les pieds au bon endroit ? A la bonne bière qui t’attend à la fin ? A mettre une tôle à celui qui te précède ?

C’est sûr qu’en descente, je regarde où je mets les pieds et je ne pense qu’à ça : j’ai déjà fait l’expérience douloureuse de la gamelle en descente et ça calme bien.

Je m’efforce de rester concentré pendant toute la course et évite de laisser divaguer mon esprit pour faire passer le temps. J’ai besoin d’être à l’écoute de mes sensations pour gérer au mieux le rythme, pour ne pas m’emballer dans les moments de mieux, afin de limiter les ‘coups de moins bien’: ça passe finalement assez vite une course de 4-5h, sauf quand elle est mal gérée…..

Pour ce qui est de ‘tôler’ l’adversaire, c’est le genre de pensée qui te fait péter la chaudière très vite. Il ne s’agit pas de vouloir rattraper à tout prix le gonze devant si tu n’en as pas les moyens. La seule compétition est celle qu’on fait avec ses propres limites.

Après, c’est certain que ça fait plaisir d’accrocher ou de battre des ‘gros noms’, sachant que ça ne veut jamais dire grand chose, qu’il y a toujours des circonstances qui expliquent une perf ou une contre-perf.

J’aime ces sports qui exigent beaucoup d’humilité, où jamais rien n’est fait.


D’après toi quels sont tes points forts et tes points faibles ? (Si toutefois tu en as !)

Que je n’aime pas ces questions…. !!!

Points forts :

Assiduité et régularité à l’entraînement
Endurance
Bonne récupération

Points faibles :
Doute trop de mes capacités 
Manque de puissance et de vitesse : je n’ai pas été livré avec des fibres rapides !!
Trop raisonnable. J’ai du mal à débrancher quand c’est nécessaire     

Franck a-t-il déjà eu envie d’abandonner sur une course ?

Il m’est arrivé que ça effleure mon esprit dans un moment difficile, mais jusqu’à présent  j’ai toujours su reprendre le dessus : c’est donc que ça n’était pas bien grave !!!

Par contre, je sais qu’il a des chances que ça m’arrive un jour : j’espère juste que ça sera pour de bonnes raisons (blessure, déshydratation, grave trouble digestif) et pas sur un coup de tête dans un passage moins bien : je le vivrai très mal après coup.

Est-ce que tu estimes être suffisamment reconnu à travers ton sport, tes résultats?

D’abord, ce n’est pas ce que recherche, sinon je n’aurai jamais fait d’aviron, et pas choisi de me lancer dans le trail. Ensuite, si je veux plus de reconnaissance, il ne tient qu'à moi d’avoir de meilleurs résultats, donc c’est très bien ainsi.

Concernant la reconnaissance de la discipline, je préfère que ce sport reste un peu confidentiel mais garde ses valeurs et la belle image qu’il porte.

Parle nous un peu de ton team… Comment tu as fait pour attérir chez Asics?

C’est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée depuis que j’ai débuté le trail.

J’avais croisé quelques fois Pascal Balducci (responsable technique du Team et rédacteur de rubrique entraînement d’Endurance Mag) sur des courses dans les Monts d’Or où on terminait souvent dans un mouchoir de poche. Il m’a contacté en novembre dernier pour me proposer de rejoindre l’équipe qui n’était composé que de 3 coureurs. Depuis le groupe s’est largement étoffé puisque nous sommes 8, et bientôt  10, sans compter les membres du Team Raid : ce qui fait une équipe très complète présente sur tous les formats de trail (du 10 km à l’UTMB).

Caro, je t’entends réagir en ne disant qu’il n’y a qu’une seule fille (dans ce monde de brute…) : c’est vrai, mais à elle seule, elle est performante sur toute les distances ….

(Pfff eh... mais j'ai rien dit moi! M'enfin quand même... ça manque de filles tout ça moi j'dis! D'ailleurs s'il y a une place dispo ... héhé)

J’ai donc accepté sans la moindre hésitation car l’état d’esprit me plaisait beaucoup.

Le groupe est chapoté de main de maître par Laurent et Cathy Ardito, qui mettent à profit leur grosse expérience en raid pour que le groupe évolue harmonieusement.

Les recrues ne se font d’ailleurs pas uniquement sur le seul critère de la performance, puisque l’état d’esprit et le comportement sont tout aussi importants.

Le bon fonctionnement du groupe est basé sur la communication, aussi bien en interne qu’en externe : comptes rendus réguliers de course, d’événement ou matériels.

Les relations avec nos partenaires matériels sont très bonnes et vont au delà de la simple dotation ; il y a beaucoup d’échanges, la confiance est réciproque et on tient beaucoup à cet aspect.

On est certainement un des Teams les mieux dotés, grâce à nos nombreux partenaires (cf. : http://www.outdoorexperiences.fr/) qui nous équipent largement et prennent en charge les principales courses ; le tout, sans aucune pression de résultats, ni de calendriers.

Dans un tel contexte, on a tous envie de donner le meilleur de nous-mêmes et de véhiculer la meilleure image possible.

Pour l’instant, on ne se retrouve que sur les courses car le groupe n’a atteint cette taille que depuis peu de temps, mais les choses vont évoluer progressivement en faisant des reconnaissances de courses par exemple, ou des regroupements d’entraînement.

 
Quels sont tes prochains gros objectifs?

Pour la seconde partie de saison, j’aurai 2 objectifs principaux : les Templiers et la Saintelyon, en individuel cette fois-ci et si tout se passe bien. Je ne ferai qu’une ou deux courses d’ici là en préparation pour ne pas perturber les blocs d’entraînements.

Du coup, je ferai l’impasse sur la première édition du Lyon Urbain Trail, qui promet d’être vraiment sympa vu le parcours : et je ne dis pas ça seulement parce que Asics est partenaire !!!, mais j’invite les personnes intéressées par le LUT à faire un saut sur notre site (http://www.outdoorexperiences.fr/protocole.htm)


Bon c'est bien tout ça... mais est-ce que tu comptes un jour passer à l’ultra ? 

Pour l’instant, je me suis limité à des formats moyens, jusqu’à 55 km, qui me vont bien et sur lesquels je peux encore progresser.

Avec les Templiers, je passerai à un autre format : j’aime faire les choses dans l’ordre et en prenant le temps de préparer correctement. Je ne cherche pas à faire de la surenchère de distance même si la tendance est de faire toujours plus long, toujours plus dur.

Pour ce qui est de l’ultra (à partir de combien c’est de l’ultra ?? – je me fixe arbitrairement 80 km), aucune idée : je verrai après les Templiers et la Saintelyon le plaisir que j’en tire et mon niveau de performance quand ça s’allonge un peu.

Si j’y viens un jour, je tâcherai de faire les choses bien au niveau de la préparation pour ne pas le regretter. Et l’avantage de l’ultra est qu’on peut s’y mettre tard et performer encore à 60 ans…

Qui dit Franck sur une course, dit : Sophie, Tom et Liv sur le bord du chemin
As-tu des choses à leur dire ? Est-ce que ça t’apporte vraiment un plus d’avoir du soutien sur les courses ?

C’est certain que j’ai la chance d’avoir toujours eu le soutien de ma petite femme. Après avoir supporter toutes mes absences de rameur, elle m’encourage encore sur les sentiers avec Tom et Liv : toujours prête à traverser la France (comme avant) pour être au départ et à l’arrivée, je suis obligé de la raisonner parfois pour qu’elle passe de week-end tranquille à la maison.

C’est évidemment un plus d’avoir l’aval de sa famille, surtout au quotidien pour l’entraînement : je m’efforce de m’entraîner à des horaires les moins gênants pour la vie de famille afin de dégager un maximum de temps pour eux, mais j’admire et je bénie sa tolérance et sa compréhension.


Sophie, qu’est-ce que tu penses de cette reconversion réussie de ton homme ?
(Nouvelles contraintes / fierté / etc…)

Je trouve cette reconversion effectivement très réussie !!

Il est vrai qu’après la carrière de haut niveau de Franck, j’avais un peu peur de ce que pouvait engendrer un arrêt de l’aviron : comment allait-il palier à ce manque soudain de sport de haut niveau, de stages et de reprendre le boulot à temps plein !

Finalement, il s’est trouvé une nouvelle passion et son équilibre a été conservé.

Quant aux contraintes, elles sont moins importantes qu’avant, même si je râle de temps en temps (l’inverse ne me ressemblerait pas !). D’autant plus que Franck s’entraîne entre 12h et 14h tous les jours de la semaine et le matin les jours de Week-end, il se rend donc vraiment disponible pour nous le reste du temps et je l’en remercie vraiment.

Pour les courses, j’ai toujours aimé partager ses passions, il me parait donc indispensable d’aller le soutenir sur le bord des sentiers. D’autant plus que Tom et Liv adorent être dehors, nous faisons donc les groupies dès que possible !! Même si l’organisation est parfois difficile à mettre en place : on ne loge pas à 4 comme je logeais, à l’époque de l’aviron, sous la tente avec les copines !!

Quant à la fierté, tu le sais Caro, j’ai toujours été fan et admirative de Franck. Savoir se transcender, toujours donner le meilleur de soi et avoir cette rigueur, quelques soient les circonstances, c’est formidable. J’ai toujours soutenu mon homme dans les bons comme les mauvais moments et je le ferai toujours (avec mes deux bouts de choux désormais) car ça me passionne. J’aime cet esprit qu’il règne dans le trail comme j’aimais l’esprit qu’il y avait dans les compétitions d’aviron (il y a juste le partage avec les copines qui me manque un peu !)


T'inquiète Sophie, le partage avec les copines, on peut aussi le vivre autour d'un barbeuc a Dagneux! Pour terminer, quelques petites questions inévitables:

Ton idole dans la vie:

Idole c’est un peu fort, je dirai modèle ou personnes que j’admire : -Raphaël Poirée pour l’image qu’il incarne, et ses performances dans son sport magnifique - JC Rolland pour son engagement et sa réussite dans tout ce qu’il entreprend – et JC Bette pour sa carrière et sa détermination inaltérable.

Ton moment préféré de la journée:

Quand je rentre chez moi après une bonne journée de boulot et un entraînement bien réalisé (j’ai pas dit les pieds sous la table…)

Ton petit plat:

J’aime tellement de choses…, mais quand le soufflé au beaufort sort du four, la diététique et la raison ne pèsent pas bien lourd….

Une bonne adresse, un bon plan à nous faire partager ?

Pour les amateurs de vin, 100% naturel et dans la plus pure tradition, mon père produit en Côte d’Or (Bonnencontre – 15 km de Nuits Saint Georges) sur un petit vignoble  (http://www.guybussiere.fr/).

Et chez moi pour une dégustation bien sûr…

Et bien Francky, cette interview est terminée.Ce fût un plaisir de partager un petit bout de ta vie de sportif accompli. Je te souhaite plein de bonnes choses  pour la suite et te donne RV dès que tu en as l'occasion pour une petite virée dans le Bugey ou ailleurs! Un grand merci à votre participation, Sophie et toi, à l'enrichissement de Carotte pour Tous!!
Mardi 26 août 2008

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