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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:17

PREAMBULE (un peu long)

Oui, vous avez bien lu...vice Champions de France... Je ne pensais pas moi-même m'aligner de nouveau sur un Championnat de France quelqu'il soit, et encore moins de trail, dont le volet "compétition" est désormais régi par la FFA (fédération française d'athlétisme).

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En effet, ma conception de ce sport est pour le moins antinomique avec celle d'une activité qui se voudrait structurée, fédérée, encadrée par des codes et réglements uniformes, des classements nationaux... Pour moi le trail, c'est avant tout la liberté, la diversité et la découverte... Liberté de choisir son terrain de jeu, sa distance de prédilection... Diversité dans les parcours, les formats, les qualités physiques requises, les ambiances, les rencontres. Et découverte de nouveaux territoires, de nouveaux sommets, de nouveaux événements, découverte de soi-même aussi...

C'est pour toutes ces raisons que j'ai adopté cette pratique (ou plutôt qu'elle m'a adopté).

Aujourd'hui, dans mon esprit, un Championnat de France et l'appartenance à une fédération (l'athlé en l'occurence), réduisent intrinsèquement les champs d'action. On régularise, lisse, classe selon un format, une distance, un type de terrain, une date, un lieu, on asceptise une pratique jusque là considérée par certains comme encore un peu brouillon ou libertine. Cela a été et restera l'évolution classique des activités nouvelles, la nature humaine est ainsi, elle veut s'approprier, maîtriser, officialiser des classements.

Et pourtant ! Dans un esprit collectif et pour permettre à l'équipe d'être justement "classée" sur ce championnat, j'ai accepté de m'aligner au départ (car il fallait une fille). Alors, je me suis pliée aux règles et j'ai couru sous l'égide de la FFA, moi qui n'ai cotoyé l'athlé et ses stades que durant ma vie d'étudiante, moi qui n'ai jamais couru un marathon ou un semi.

Il semble loin l'esprit "montagne"... encore plus loin lorsque je constate à regrets les dizaines de gels énergétiques qui jonchent le sol au fil des kilomètres. Il s'éloigne encore un peu lorsque retentit la Marseillaise sur le podium des athlètes sacrés "Champions de France", un hymne normalement réservé aux épreuves internationales... Mais où sont donc passés les traileurs? J'ai une soudaine envie de retrouver la convivialité des courses en montagne où la compétition est tout aussi présente, du meilleur qui joue le podium, au dernier qui se bat pour être finisher, mais où souffle un vent de liberté et de convivialité.

LE RECIT (enfin)

Une fois mes états d'âmes partagés avec vous, lecteurs, il est temps de parler du côté "sportif" de ce week-end à Gap. En fait, le résumé de ma course sera rapide :

Voilà 4 semaines que je "bricole" à cause d'une paire de genoux en mauvais état. En effet, une grosse tendinite m'empêche tout activité (même rester assise me provoque des douleurs !). Je parviens tout de même à encadrer un stage trail mi septembre, puis je sors prendre l'air du côté du Buet il y a une semaine, à la limite de l'implosion. Pas très glorieux pour une préparation de course, mais je ne peux pas faire autrement !

Dimanche matin, centre ville de Gap. Me voilà donc en tenue de combat sur la ligne de départ aux côtés des favoris et de mes 4 équipiers, avec un gros doute sur ma forme physique pour boucler les 23km et 1500m D+ du parcours... Comme prévu, ça part très fort! Je donne tout ce que je peux dans la montée (1500m D+ et 10km) et malgré ça, je me fais doubler par des centaines de coureurs dont des dizaines de féminines. Tête baissée, je décide de mettre de côté mes interrogations et de rien lâcher car mon résultat ne concerne pas que moi aujourd'hui ! Plus vite je serai arrivée, mieux l'équipe sera classée ! Sommet de la bosse, je tente d'accélérer mais mon corps refuse. Même les encouragements de l'amie Maud Gobert n'y font rien. Première grosse descente, un enfer... je suis obligée de me déhancher pour ne pas trop fléchir les genoux et avancer quand même. On est mal partis ! Pour autant, je constate que même boiteuse, les autres concurrents ne me dépassent pas tant. Je me dis alors "y'a vraiment un gros travail technique à faire chez les traileurs!" (mon côté pro qui refait surface sans doute).

Les gels sont de plus en plus nombreux au sol. Je suis dépitée et franchement outrée. Si je tenais les auteurs de ces gestes inciviques et surtout jemenfoutistes... Paradoxalement, il suffit de lever les yeux pour admirer des panoramas sompteux et une ambiance montagne magique. Comment peut-on gâcher ça?

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Ravito du 14ème kilomètre, Jon est là pour me tendre un bidon que j'attrape au vol. Il reste 10km de descente, je fais au mieux pour perdre le moins de temps possible mais ce n'est pas évident avec 2 jambes de bois. Plus que 2,5km et j'aperçois Seb qui est remonté me chercher, puis quelques mètres plus loin Sylvain puis JC et enfin Gaetan. Mes 4 équipiers courrent à mes côtés pour me booster et me donner l'envie de tout donner. Ca au moins ça me donne le sourire (enfin, pas sur le coup car pour l'instant je souffle comme un boeuf, je serre les dents et je donne tout jusqu'à la ligne d'arrivée)!

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Je franchis la ligne sans connaître mon classement ni mon temps car l'objectif n'était pas là. J'apprendrai un peu plus tard que nous sommes 2ème et donc vice-champions de France de trail, grâce à un travail collectif, largement sublimé par le résultat de Sylvain ! En effet, notre gazelle se classe 5ème du trail court comptant ainsi parmi l'élite de la "Nation". Contrat rempli, me voilà contente pour l'équipe et pour nos partenaires.

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Il ne me reste plus qu'à réfléchir sur l'issue des jours à venir. En effet, à quelques jours du départ pour l'ile de la Réunion et le trail du Bourbon (95km et 5000m D+), je dois faire le point sur ma santé et sur mon avenir sportif. Ce trail était mon 2ème objectif de l'année avec la Transalpine, mais malheureusement il faut se rendre à l'évidence, je ne serai pas au meilleur de ma forme. Affaire à suivre donc. En attendant : départ ce samedi pour l'océan indien !

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