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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 14:18

A 23 ans et du haut de ses 193cm, on peut dire que "JB" en impose... Jamais le dernier pour faire la fête, son côté "bout-en-train" ne l'empêche pas de multiplier les performances sportives. Un titre de Champion du Monde 2006 en poche, associé à Adrien Hardy (Champion Olympique à Athène), JB n'a qu'un objectif en tête... Celui d'entrer à son tour, dans le cercle très fermé des Champions Olympiques! Pékin n'est plus qu'à quelques encablures et tous les rêves lui sont dorénavant permis.

Je vous propose aujourd'hui de découvrir ce garçon au grand coeur que je suis fière de compter parmi mes amis (et voisins)!

Portrait express:

Né le 2 juillet 1983 à Dieppe

Mensurations: 193cm, 91kg

Formation: Préparation au Brevet d'Etat Aviron

Palmarès international:

2006: Champion du Monde en 2X à Eton (GB) et Vainqueur de la Coupe du Monde

2005: 7e en 2X aux Championnats du Monde à Gifu (Japon)

2004: Finaliste en huit de pointe avec barreur aux Jeux Olympiques à Athènes (Grèce)

2003: 4e en quatre de pointe avec barreur aux Championnats du Monde à Milan (Italie)

2001: Champion du Monde Junior en quatre sans barreur à Duisbourg (Allemagne)

Comment tu es venu à l’aviron ?

 

J’ai commencé l’aviron en 1995 au Club Nautique Dieppois grâce à mon cousin. De son côté, il a débuté en 1989 et comme il faisait pas mal de résultats, ça m’a donné envie de le suivre dans cette voie.

 

 

Si tu devais résumer ce qui te plait dans l'aviron?

 

 

En fait, quand j’ai commencé, c’était plutôt pour être avec les copains, pour m’éclater et puis… aussi pour m’affûter. Parce que pour tout dire, étant plus jeune, j’étais un peu « fort ». Le doc m’a donc conseillé de faire du sport pour m’affiner un peu. L’aviron était donc tout indiqué ! Mais pour rassurer tout le monde (surtout les filles), depuis je me suis bien arrangé !!!

Et puis ben maintenant, je fais de l’aviron pour la compétition, l’adrénaline et les sensations que cela t’apporte. Oui…ce qui me plaît maintenant, ce sont plus ces aspects là… Quand les beaux jours arrivent, c’est le moment des régates internationales, des confrontations… et ça c’est vraiment motivant.

 

 

Et les entraînements, tu prends ça plutôt comme une contrainte?

 

 

L’aviron c’est un tout donc il faut faire avec… Les compétitions ne représentent qu’une infime partie du temps passé sur l’eau alors forcément, parfois, c’est dur de se motiver pour monter sur l’eau : quand il y a du vent, qu’il fait froid comme aujourd’hui par exemple !

Parfois, tu n’as pas envie d’aller faire ta muscul, et tu prends ça plutôt comme une contrainte…Alors que l’été aux beaux jours, les échéances font que tu sais vraiment pourquoi tu t’entraînes!

 

 

Donc, ce qui te fais ramer, c’est l’objectif que tu veux atteindre au bout…

 

 

Oui voilà c’est ça… Sans objectif, je ne sais pas si je pourrais m’entraîner aujourd’hui.

 

 

Ton meilleur souvenir en aviron ?

 

 

Mon meilleur souvenir à l’heure actuelle, ce sont les repêchages en 8+ aux JO d’Athènes. S’il y a bien une course que j’ai en mémoire du début à la fin, c’est celle là ! De toute ma carrière, de tous mes entraînements, c’est ça que je garde en tête…

 

 

Pourquoi cette course particulièrement ?

 

 

Parce que c’était une course unique, on n’a d’ailleurs jamais réussi à la reproduire par la suite. Quand tu sens que tout le monde va dans le même sens, exactement au même moment, c’est extraordinaire. Au bout de 500m, tous les concurrents étaient sur la même ligne, et nous, on a su se mobiliser, se transcender et aller puiser une énergie insoupçonnée pour gagner notre place qualificative. J’en avais des frissons… C’est une course où, quand on a passé la ligne d’arrivée, on était allé au bout, on était tous morts mais contents !

 

 

Et le plus mauvais souvenir de ta carrière si tu en as un….

 

 

Le plus mauvais, euh…. Ben en fait, les mauvais souvenirs j’essaie de les zapper, comme ça au moins je vais toujours de l’avant !

 

 

Alors moi, quelque chose me questionne beaucoup… ta relation avec Adrien : Champion Olympique reconnu de tous, toujours cité en exemple, porte parole de la Fédération… Comment tu vis le fait de ramer avec un tel personnage ?

 

 

Pour tout dire, au début, je ramais en 2X avec Jo (Jonathan Coeffic), avec qui je m’entendais très bien. Alors quand on m’a annoncé que j’allais ramer avec Adrien, j’étais partagé, je ne savais pas trop comment gérer la chose. Mais d’un autre côté, ramer avec une telle pointure ne pouvait que me faire progresser ! Quand tu rames avec ce gars là, tu sais qu’il ne peut rien t’arriver, tu ne peux que gagner.

Contrairement au fameux 8+ par exemple, où on ne savait pas vraiment ce qu’on allait faire à la fin, avec Adrien, tu montes au départ avec la victoire en tête… La différence est principalement due à son expérience.

  

Là tu parles du côté sportif… Peux-tu nous en dire un peu plus que le côté plus « relationnel » de votre association ?

 

 

Sur ce point, une chose est certaine : Adrien m’a toujours fait confiance, et ce dès le début. Il connaissait mes qualités, mes objectifs. Alors du coup, quand Seb Vieilledent, son coéquipier avec qui il a gagné les JO a arrêté sa carrière, il a lui-même fait la démarche de demander à ce qu’on m’essaie dans le bateau. Comme ça collait entre nous au niveau technique, il a fait en sorte qu’on continue ensemble. De mon côté, j’ai exploité cette chance à 100% et au final, je ne peux que le remercier de m’avoir amené là où je suis aujourd’hui.

 

On a beau être très différents tous les deux - moi je suis plutôt le petit jeune qui saute partout qui aime la fête, et lui, c’est le père de famille réfléchi qui mesure tout, prend du recul, etc… - notre paire marche parce qu’on se respecte et qu’on se complète en bateau. Je pense qu’à partir du moment où deux rameurs se font confiance, leurs différences peuvent être une force et ne posent jamais de problème, bien au contraire.

 

 

Et lorsque vous ramez, est-ce que tu estimes que vous êtes d’égal à égal ?

 

 

J’aurais tendance à te répondre que non… La raison est la suivante : aujourd’hui, je ne suis pas au même niveau que lui, il est le chef de file, le leader du groupe de par son talent et son expérience de Champion Olympique. Pour l’instant, je préfère rester en retrait, avoir la position de celui qui écoute, qui apprend… Je suis encore petit par rapport à lui ! Et puis, ben, le jour où je serai Champion de France en 1X, là je pourrai en dire « un peu plus ».

 

 

A ce propos, tu comptes continuer en couple après les JO, où retourner à la pointe et aux joies du 8+ par exemple ?

NB pour les novices : la couple c’est une rame dans chaque main,  la pointe c’est une rame par rameur d’où la nécessité d’être au moins deux (sinon on fait des ronds…pas pratique)

 

 

Moi je pense continuer à faire de la couple. J’ai réussi à stabiliser mon geste, à être performant dans ce secteur alors, c’est ce qui me paraît le plus logique. Et puis qui sait ? Après les Jeux, si on a fait un résultat à la hauteur de nos espérances, peut-être qu’Adrien ne va pas lâcher les rames tout de suite! Mais bon… prenons les années une par une… On va déjà tenter l’aventure jusqu’aux Jeux et ensuite on avisera !

 

 

Toi qui a connu le haut niveau aussi bien en couple qu’en pointe, est-ce que tu as une préférence pour un secteur, des sensations différentes ?

 

 

Je dirais que ce n’est pas comparable. D’autant que moi, en pointe je n’ai fait que du 8+ et en couple, que du 2X... C’est donc tout l’opposé ; une course en 8+, c’est quasiment un sprint, alors qu’en 2X, les temps de course sont beaucoup plus importants. L’aspect stratégique entre en jeu et la gestion n’est pas du tout la même.

 

 

Et votre tactique à vous avec Adrien ?

 

 

Côté tactique, notre position de leader mondial fait que ce sont les concurrents qui doivent se fixer sur nous et qui s’adaptent à notre profil de course.

 

 

De ton côté, comment tu gères l’avant course ? Certains sont très détendus, d’autres expansifs, d’autres s’isolent dans leur coin… Qu’en est-il pour toi ?

 

 

Moi je serais plutôt dans le premier cas de figure… Je suis du genre relâché, à aller taper une partie de cartes avec mes potes, voire boire une bière - avec l’accord d’Adrien bien sûr – En fait, on s’est autorisé une bière à condition de gagner la demie finale. Alors du coup moi, ben forcément… ça me donne envie d’être devant quoi ! Bon… on n’est pas obligé de prendre une bière, hein… on peut aussi prendre un coca par exemple… (rires)

 

 

Avant une course comme la finale des Championnats du Monde, tu penses à quoi ?

 

 

Sur le départ, quand je suis accroché  au ponton, je regarde la ligne d’arrivée 2000m derrière moi, et puis après je pense à ma famille… C’est elle qui me pousse vers l’avant. Souvent il y a une ou deux caméras qui te filment au départ… Moi je me dis que mes parents, ma sœur, tout le monde me voit  et est derrière moi, c’est pour eux que je me donnerai tout.

 

 

Ta famille compte tant pour toi…

 

 

Oui, ma famille c’est 90% de ma réussite. Je suis parti de chez moi à 18 ans pour faire de l’aviron à Nancy, ils auraient pu être sceptiques, ne pas y croire, alors qu’au contraire ils m’ont toujours soutenus dans mes projets et sans eux  je ne serais pas Champion du Monde aujourd’hui.

 

 

Est-ce que tu as des objets fétiches ?

 

 

Non non pas vraiment. A part mon téléphone qui me suit partout et sans lequel je serais perdu, rien… J’ai essayé une fois pourtant, j’ai mis un vieux caleçon mais ça n’a pas marché, alors j’ai laissé tombé !

 

 

L'aviron t'a-t-il apporté un "plus" dans la vie ?

 

 

Un plus je ne sais pas… Mais en tous cas, j’aurais certainement été différent. Sans le sport de haut niveau, j’aurais certainement fait plus d’études mais aussi BEAUCOUP plus la fête ! Avant de commencer à ramer, j’avais des relations un peu « spéciales », je pense que j’aurais facilement été entraîné dans des opérations boites de nuit tous les week-end, alcool, clopes, et tout ce qui tourne autour….

 

Une question qui me tient à cœur bien que je m’en sois éloignée… Que penses-tu, en toute objectivité, de l’aviron féminin en France aujourd’hui ?

 

 

Mon point de vue en toute sincérité :

En ce qui concerne les filles elles-mêmes, dans le secteur couple je pense qu’il y a un bon niveau mais il est mal exploité car certaines filles s’écoutent un peu trop. Les rares rameuses de valeur, et notamment Sophie Balmary, doivent encore progresser mentalement et apprendre à mettre de côté certains aspects de leur personnalité pour monter des bateaux performants. Dans le secteur pointe, le principal problème est l’absence de leader, à mon avis ce secteur va mettre un certain temps avant d’atteindre le haut niveau car le groupe doit se construire.

 

C’est là que j’en viens à la politique fédérale. Je ne suis pas encore entraîneur national mais aujourd’hui, si c’était le cas, je pense que je gèrerais certaines choses différemment.  A l’heure actuelle, on ne donne pas l’occasion aux filles de stabiliser quelque chose. Que ce soit d’une année sur l’autre, mais aussi dans une saison, les bateaux changent sans cesse de composition. On change les places, les personnes toutes les 5 minutes. Je pense que ce n’est pas comme ça qu’on peut former un bateau.

 

 

Intervention de JC : Mais par rapport à ça, tu ne penses pas que la base du problème c’est ce qu’on fait miroiter au filles, enfin…. Plutôt ce qu’on ne fait pas miroiter ? Parce qu’il faut bien le dire, actuellement, aucun objectif n’est fixé aux filles ?

 

 

Ca revient bien à ce que j’ai dit précédemment. Tout ça manque de stabilité… Un bateau, sauf exception, ne peut pas être performant en une année, il faut le construire pas à pas, sur le long terme. C’est donc un cercle vicieux : pas de projets donc pas d’objectifs susceptibles de motiver les troupes donc pas de niveau !

 

 

Sur ces bonnes paroles, nous arrivons aux termes de cet interview mon cher JB.

Un grand Merci d’avoir accepté de te soumettre à mes questions et d’y avoir répondu avec naturel et sincérité !

 

 

Toutefois avant de te rendre ta liberté, quelques ultimes petites questions subsidiaires auxquelles aucune de mes victimes n’a échappé :

 

 

Des gens que tu admires particulièrement (à part Mathieu Mallein, ton coloc)?

 

 

Oui… ma sœur. Avec elle, j’ai une relation très fusionnelle. Elle est capable de me surprendre tous les jours, de m’apprendre pleins de trucs. Du coup, ça me pousse à me dépasser pour, moi aussi, la surprendre à mon tour.

 

 

Un petit plat ?

 

 

La carbo de ma maman, elle est vraiment bien !

 

 

Le moment préféré de ta journée :

 

 

Le meilleur moment, c’est vers 18h30. Je suis dans le canap’ avec une bière à la main, je regarde la télé et j’ai le sentiment bien fait tout ce que j’avais à faire dans ma journée (notamment mes 2 entraînements).

 

 

Une bonne adresse à nous donner ?

 

 

Le 106 bd du 11 novembre à Villeurbanne… Vous y serez toujours accueillis les bras ouverts… Faut venir à partir de 19h, c’est open bar… Ca c’est LA grosse adresse, après ben… sinon, y’a chez mes parents à Dieppe : on mange et on boit bien. Vous pouvez toquer, c’est ouvert ! Et puis, la « Gargotte » rue Royale à Lyon, adresse très sympa.

 

 

Le dicton du jour par JB Macquet :

 

 

Petite contre pétrie : « Les nippons ont contribué au redressement de la Chine »… Je vous laisse y réfléchir !

 

 

Merci JB et vivement les JO, on sera derrière la caméra du départ nous aussi !

 

 

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commentaires

mat le voisin 24/03/2007 18:36

vraiment trèe très sympa c'est vrai ça. A il est cool ce JB, mais bon pas autant que son coloc quand même....
A plus caro.bises

Tom 22/03/2007 13:30

je crois que j'ai trouvé: "les nichons........pine " ! j'ai gagné ?
sympa et instructif. bises

Domitille* 21/03/2007 21:18

ouhahou, c'est chouette de lire ça! c'est vrai, ça remotive, l'aviron paraît plus simple... Dans notre club tous les juniors sont démotivés, plus personne ne vient s'entrainer à part nous (si on appelle ça de l'entrainement), on est que 5 sur un collectif qui était à l'origine de 15, et franchement, de voir qu'il y a des gens comme ça qui y croient (parce qu'ils ont le potentiel aussi, c'est normal...), ça redonne envie, moi ça me redonne la pêche! Ah oui, aussi, j'avais vu JB macquet aux france btx longs qd il y avait la signature des posters et je voulais le féliciter, mais j'ai pas osé, alors voilà, je le fait maintenant: bravo pour votre titre!

Nono 21/03/2007 20:37

Que des gens classes sur ce blog,j'adore!

Pat 21/03/2007 19:55

Ravie et surtout réconfortée de lire que des rameurs "mâles" puissent partager une vision aussi réaliste de l'aviron féminin !
Bonne continuation à JB mais trés subjectivement pas autant qu'à Jo !!! eh eh...

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