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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 07:57

Je débuterai cet article en vous faisant partager ces quelques lignes, histoire de planter le décor et de situer la personne... Voici la lettre de félicitations adressée par M. Jacques CHIRAC Président de la République à Thomas MONIER pour sa médaille de bronze lors des championnats du monde de Canoé-kayak à Bourg Saint Maurice, le 24 aout 2002

" Cher Thomas Monier,

Vous avez, malgré une première manche difficile, réussi à vous hisser sur la troisième marche du podium des championnats du Mondial de canoë kayak à Bourg Saint-Maurice.

Vous avez su, avec vos coéquipiers, mobiliser tous vos efforts et votre volonté pour réaliser une deuxième course déterminante.

Au nom de tous les Français, je vous félicite de tout coeur pour cette belle performance qui est la juste récompense de vos efforts communs.

Mes meilleurs voeux de réussite vous accompagnent pour la suite de votre carrière.

Je vous prie d'accepter, cher Thomas Monier, l'expression de mes bien cordiales amitiés.

Bravo ! Bien amicalement,

Jacques CHIRAC

 
 
 
PORTRAIT EXPRESS DE THOMAS:
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
35 ans,
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marié avec Sandrine
Papa de Mathieu, Eva et Noé
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Professeur de sports,
formateur aux métiers du sport à la DDJS de l'Ain
 
Titulaire du BEES 2è degré en canoé-kayak
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PALMARES INTERNATIONAL EN KAYAK
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Médaillé de bronze aux Championnats du Monde à Bourg Saint Maurice en 2002
15 ans au sein de l'Equipe de France de slalom
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
MAIS TOM, C'EST AUSSI....LES RAIDS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2è au Raid Transmassif en 2005 en masculin par 4, 3è en 2006
Vainqueur du triathlain en 2005 et 2006
Vainqueur du raid du castor en 2005
Vainqueur au raid ESC Chambéry en 2006 en masculin par 2
 
 
 

 

 

 

 

 

Derrière son regard bleu, on devine tout de suite la détermination et la gentillesse qui caractérisent Thomas Monier. A 35 ans, ce dernier a accepté de faire un petit retour en arrière pour nous faire partager quelques beaux moments de sa carrière.

 

Petit échauffement avant d’aborder des questions plus complexes: A quel âge as-tu commencé le kayak ?

 

 

Trop dure comme question d’entrée de jeu !

J’ai eu envie d’essayer le kayak vers l’âge de 14/15 ans, à cette époque, j’habitais en région parisienne avec ma mère. C’était vraiment du loisir, de la balade. Mais très vite, j’ai eu envie d’aller plus loin, pas forcément en terme de résultats, non... Je voulais faire du kayak, beaucoup de kayak, tout le temps ! J’ai réfléchi et le seul moyen d’y parvenir pour moi était de m’inscrire en sports/études. Là, au moins, j’aurais eu les moyens de naviguer…

Alors au bout d’un an, j’ai foncé tête baissée et j’ai participé aux sélections pour entrer en lycée sport/études à Périgueux. Je n’avais aucun passé dans la discipline ni aucun résultat à mon actif (à part une place de 88è aux Championnats de France cadets !). Mais les entraîneurs ont tout de même détecté en moi un potentiel, et ont décidé de m’intégrer.

Et me voilà parti de chez moi à 15 ans, pour faire du kayak…

 

 

Ben dis donc, toi… on peut dire que tu ne te poses pas trop de questions dans la vie ! Et ton premier résultat est arrivé longtemps après ?

 

 

Et bien pour tout dire… j’ai gagné les championnats de France cadets dès l’année suivante ! C’est-à-dire pour ma deuxième participation… (et aussi ma deuxième année de pratique). Je m’éclatais tellement dans ce sport, que tout est arrivé très vite et sans que je me prenne la tête.

 

 

En quoi le kayak « t’éclate » justement ? (Attention tu as droit à 2 mots pour résumer la situation !)

 

 

Pas exigeante la Carotte…

Le premier c’est « plaisir » : le plaisir d’être en communion avec le milieu dans lequel tu évolues. En eaux vives, tu dois sans cesse t’adapter aux changements de courants, de vitesse, d’appui, et faire corps avec ton bateau. Quand tu y parviens, tu as tout gagné.  Et puis c’est vrai que la plupart du temps, on pratique dans des endroits plutôt sympas, ça te permets vraiment de t’évader, de t’aérer l’esprit.

 

Le second c’est « accomplissement » : accomplissement d’un objectif, accomplissement de soi. Pour parvenir à ton but, tu dois y mettre d’énormes moyens, une extrême rigueur, faire des concessions. Et quand tout cela paie, c’est un vrai bonheur, une sensation d’accomplissement quoi. Monter un projet, se donner les moyens et réussir à aller au bout, c’est plutôt sympa non ?.

 

Finalement, j’ai vraiment trouvé ce que je cherchais dans le kayak. Plus que le haut niveau ou la recherche de résultats à tous prix, ce sont ces deux aspects qui ont dictés ma conduite et mon état d’esprit durant toute ma carrière. Et encore aujourd’hui je fonctionne sur ces principes.

 

 

Comment t’entraînais-tu l’année des Championnats du Monde ?

 

 

A cette question je répondrais par… moins que les autres ! Ca devait représenter 8/9 fois par semaine, tandis que la moyenne se situait aux alentours de 12/13 fois pour mes collègues. En fait, j’ai énormément ciblé le travail sur mes points faibles. L’année des Championnats du Monde, j’étais déjà relativement âgé par rapport aux autres, « j’avais de la bouteille », je connaissais donc mes points forts, et je pense qu’à ce stade de ma carrière, ils étaient acquis, stabilisés. Certains gestes, certaines réactions face aux éléments étaient véritablement automatisés. Bien sûr, il fallait que je conserve ces qualités mais, j’ai choisi d’axer mon entraînement sur les « points de progression ». J’ai joué la carte du qualitatif…

 

 

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

 

 

Paradoxalement, ce n’est pas mon meilleur résultat ou une course à proprement parlé. Pour tout dire, mon meilleur souvenir reste incontestablement les deux minutes qui ont précédées ma finale en individuel aux Championnats du Monde de Bourg Saint Maurice en 2002.

J’avais d’ores et déjà rempli mon contrat en m’étant qualifié pour cette finale. Tout ce que j’allais faire dans les minutes à venir ne seraient que du bonus et du pur plaisir. Pour ajouter à cela, j’étais dans mon pays : tout le public était rassemblé autour de l’événement pour soutenir l’Equipe de France, je savais que ma famille était là, quelque part au bord du bassin et qu’ils étaient tous avec moi par la pensée. Ils n’étaient pas dans mon bateau mais c’était tout comme !

Et puis là…avant de prendre le départ, j’ai regardé au loin. J’ai vu toute cette foule sur la berge, les premières portes que j’allais bientôt franchir, l’écran géant affichant ma tête (de tueur, dixit ma femme) et, plus loin, la rivière qui plongeait en contre bas, faisant disparaître les portes suivantes pour laisser la place au ciel. C’est là-bas que j’allais…

Ce moment là a été un moment magique, 2’ de vrai bonheur et de plénitude. En plus, je savais que j’arrivais à la fin de ma carrière, j’ai donc profité à 200%... Le résultat, 5è, a été ce qu’il a été, j’ai tout donné. Mais ce qui restera gravé dans ma mémoire, c’est ça, l’avant course…

 

 

Et cette médaille de bronze en « Patrouille » (comprenez par équipe) avec Benoît Peschier et Fabien Lefebvre, peux-tu nous en parler un peu ?

 

 

Oui, d’ailleurs, c’est toujours avec beaucoup d’émotion que j’évoque cette médaille. J’ai même encore du mal à en parler « sereinement ». Cette course a été la traduction d’un véritable esprit d’équipe, chacun a apporté ses qualités et ses forces et a su les mettre au service de l’équipe. Pourtant, le slalom est une discipline individuelle par essence, on s’entraîne généralement dans son coin (des fois, on ne voit son coach qu’une fois par semaine pour dire !).

On était plutôt mal classés après les séries, mais on a su rebondir, garder notre cohésion et, au final, alors que personne ne nous attendait là, on obtient une médaille.

Ok, on a tous les 3 fait des petites erreurs durant le parcours, mais malgré ça, personne n’en a jamais voulu à l’un ou à l’autre. On a accepté les choses et on est resté très fiers de ce résultat.

A bien y réfléchir, je pense que cette médaille n’est pas arrivée là par hasard. Elle m’a « montrée la voie » des sports d’équipe et m’a conforté dans l’idée que l’entraide, le respect mutuel, l’effort commun sont des aspects que j’apprécie vraiment dans le sport. D’où certainement, ma reconversion dans les raids !

 

 

Ton plus mauvais souvenir ?

 

 

Le plus dur pour moi, sans conteste, ça a été 1999. Je ne me suis pas qualifié pour les Mondiaux, alors que je m’étais énormément investi.

Je dis « je », mais en fait, c’est « nous ». Parce que ma femme et mes enfants étaient aussi embarqués dans l’aventure, par la force des choses. Durant toute ma carrière de haut niveau, Sandrine m’a suivi, a dû s’adapter aux déménagements, gérer les enfants que nous avons eu très jeunes (elle avait 22 ans pour le premier), y compris pendant mes absences, être à mon écoute. J’en suis conscient, elle faisait partie de ma préparation. Elle a toujours été là pour me soutenir dans les moments difficiles et j’avais vraiment besoin d’elle pour être performant. Elle a été d’une patience infinie et ne m’a jamais « suggérer » de mettre fin à ma carrière. Une chose est sûre, Je lui dois beaucoup.

Pour toutes ces raisons, j’avais vraiment à cœur de réussir.

Malheureusement, ces sélections ont été un échec. Pourquoi ? Avec du recul, je dirais que pour la 1ère fois, j’ai cherché à pagayer comme on me disait de le faire et non pas en écoutant mes propres sensations, mon bateau. Tous mes gestes étaient dictés, je voulais trop bien faire… J’ai mis très longtemps à m’en remettre et à remonter la pente.

 

 

 

 

  Aujourd’hui, 5 ans plus tard, est-ce que tu estimes avoir atteint tes objectifs ?

 

Alors… je dirais que oui…

Je suis conscient que j’aurais certainement pu aller plus loin dans mes résultats (en toute modestie bien entendu), parce qu’à cette époque j’avais une bonne technique gestuelle.  Je pourrais aussi me sentir frustré d’avoir été 2 fois remplaçant aux Jeux Olympiques sans jamais avoir obtenu une place de titulaire. 

Mais en fait, pour rejoindre mes propos en début d’interview, les résultats ne sont que la cerise sur le gâteau.  Moi ce que je voulais avant tout c’était m’amuser au contact de la nature, aller au bout d’un projet, développer des qualités, une force de caractère. C’est chose faite.

 

 

Aujourd’hui, tu t’es lancé dans les raids multisports? Mais… quelle mouche t’a piquée?

 

 

C’est un pote, un collègue de boulot qui m’y a amené progressivement… Il était dans une équipe de raids. Entre midi et deux, il m’emmenait courir ou faire du vélo. J’étais un peu son « sparring-partner », jusqu’au jour où ils ont eu besoin de quelqu’un pour courir sur un raid, mais…pas n’importe lequel ! Le Raid Transmassif : Un raid de sept jours, la tête dans le guidon !  Un truc de fous !

Je l’ai su 3 mois avant, autant dire que je me suis mis la pression à l’entraînement !

Pour tout dire, les kayakistes sont plutôt recherchés dans les raids. D’abord parce qu’on a une bonne lecture de rivière et de l’eau vive et ensuite parce qu’on a une culture « roots » bien ancrée ! Après tout courir, dans la boue, la nuit, se faire mal, dormir dans le froid n’a jamais tué personne…

 

 

 

 (Ca c’est toi qui le dit !)

Avant de te rendre ta liberté, j’aurais 2 ou 3 petites questions

Ton idole dans la vie:

Ouh là, quelle question !… alors moi, je n’ai pas d’idole. Il y a des gens que j’admire mais pas au point de vouloir leur ressembler à tous prix… Non… A cette question, je répondrais que je suis fan… de ma petite femme !

 

 

Ton moment préféré de la journée ?

Sans hésitation : le petit déj’ ! C’est le seul instant de la journée où on se retrouve tous les cinq autour de la table, et ça, c’est un grand moment ! Comme je suis le premier debout dans cette maison, j’ai toujours l’immense plaisir de les voir arriver les uns après les autres (toujours Sandrine en queue de peloton…), avec des têtes de vrais ahuris ! C’est un moment génial !

Une bonne adresse ?

Alors comme on ne sort pas beaucoup de notre fin fond de campagne… (Poncin city), ce ne sera pas une boite de nuit ou un resto. La bonne adresse du coin, c’est Mr et Mme Bottex, viticulteurs à La Cueille, Poncin. Ils vous fournissent un des meilleurs « Cerdon » du coin pour un prix à portée de toutes les bourses !

Pour info : j’ai testé pour vous (quel dur métier que celui de reporter sans frontière), et effectivement, ce petit vin rosé à bulles naturelles se boit très (trop) bien ! Un petit goût fruité de « reviens-y » !

 

 

Attention tout de même : tout cela ne vaut pas un bon Vouvray Pétillant Brut de Rochecorbon! Non mais !

 

 

Merci infiniment Tom d’avoir livré quelques uns de tes souvenirs et merci à toi Sandrine de m’avoir fait découvrir la raclette au Morbier et au Bleu de Gex !

 

 

Non vraiment, je vous le dis, cette mission d’enquête que je me suis auto-administrée est un véritable sacerdoce !

 

 

 

 

 

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commentaires

Joël 12/02/2007 10:51

Bravo Caro pour ce nouvel article, ta reconversion me parait assurée.De plus on découver un nouveau sport ,comme quoi on n'est pas chauvin à l'aviron.
Bravo également pour la promotion du Vouvray ( encore 2 nouveaux clients )..

anonymous voisin 11/02/2007 23:55

Encore un article tip top !
Bravo pour ton blog Miss… c’est un véritable régal !!!
 

Tom 11/02/2007 21:07

alors là, le coup de la lettre de Chirac, tu t'en etais bien cachée !

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