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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 18:45
Voilà plusieurs années que nous gambadons chacun de notre côté sur les sentiers de France et de Navarre. De mon côté, le choix se porte généralement sur les proches montagnes alpines. Mais Seb, mon ami et ex-voisin (mais néanmoins "Voisinou préféré" ...mes excuses à Fred)  quant à lui, joue dans la cour des grands! A la découverte de lointaines contrées, à l'assault du bout du monde, il a accepté de nous faire partager un petit bout de ses dernières aventures chiliennes…


Après la route de la Soie en été 2007, te voilà de nouveau valises à la main et baskets aux pieds à la fin du mois de février pour participer à l’Etoile d’Atacama : un raid de 9 jours et 274km à pied à travers le Chili…

Salar de Atacama, Vallée de la Lune, Lagunes Miscanti et Meniques, geysers du Tatio, volcans qui culminent à près de 6000 m… autant de lieux évocateurs et exotiques qui mettent l’eau à la bouche ! Merci à toi d'accepter de prendre un peu de temps pour nous faire rêver ...   


Tout d'abord, ma première question : combien de temps es-tu parti ?


Pas assez longtemps à mon goût !!! Non, en fait j’ai eu la chance d’avoir pu partir deux grosses semaines dans ce désert d’Atacama qui me faisait rêver depuis des lustres...



Tu appréhendais ce voyage ou tu partais plutôt serein sur tes capacités, car 240km, ce n’est pas rien !


En théorie, j’aurais dû partir relativement serein. Je pensais un peu au parcours et aux conditions qui m’attendaient mais j’étais bien loin d’être affolé. Cependant la pratique s’avéra « légèrement » différente puisqu’à 15 jours du départ, je me suis blessé... tendinite achilléenne ! La sérénité devint donc délicate à gérer, surtout que la première question du médecin qui m’a ausculté fut de savoir si j’avais une bonne assurance annulation ! Lorsque tu prépares un tel projet depuis des mois, que tu t’entraînes dur et que tu remues ciel et terre pour boucler le budget, c’est le genre de chose qui n’est pas vraiment évidente à entendre !

Je me suis donc retrouvé au repos forcé et sous anti-inflammatoires violents jusqu’au départ de la première étape qui était une boucle d’acclimatation à l’altitude, donc non chronométrée. C’était le test : si je ressentais la moindre douleur au tendon, il était évident que le reste ne passerait pas... et il ne me restait plus qu’à enfiler les chaussures de randonnée et mettre l’appareil photo autour du cou ! Il a donc fallu se conditionner à cette éventualité. Pas simple mais en même temps formateur car cela t’oblige à prendre du recul et à relativiser : d’accord la course s’annonce compromise mais pouvoir partir dans ce coin de paradis, ne serait-ce que pour y marcher, était déjà une chance exceptionnelle... alors je n’avais sûrement pas le droit de me plaindre et encore moins de m’apitoyer sur mon sort !

Et puis finalement la première étape est passée sans le moindre souci (même si j’étais obnubilé par ma cheville droite !). A l’arrivée l’infirmier urgentiste m’a examiné et a été très optimiste pour la suite. J’ai donc repris confiance et au fil des étapes j’ai fini par oublier  (enfin presque !) ce satané tendon !


Ces 240km à travers le Chili représentait combien en Dénivelé ?


Il y avait un peu plus de 3200 mètres positifs (pour 5300 de négatifs), ce qui n’est pas énorme compte tenu de la distance. Mais avec l’altitude, les distances et la dénivellation prennent une toute autre dimension. Il suffit de boire une gorgée à la pipette du camelbak pour s’en rendre compte... on devient essoufflé comme si l’on venait de piquer un sprint !!!


Comment était l'accueil sur place? As-tu eu l'occasion de rencontre et d'échanger avec la population locale?


Une fois dans le désert, nous avons peu eu l’opportunité de rencontrer du monde, le climat et l’altitude rendant le milieu particulièrement inhospitalier. Néanmoins, les quelques rencontres que nous avons pu faire avec les enfants ou les adultes dans les villages traversés sont toujours des moments d’échanges privilégiés. D’autant plus que les locaux sont accueillants et toujours prêts à discuter malgré la barrière de langue.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Comment se déroulait une journée type ?


En général : réveil 6h30, mis en tenue et rangement des sacs,  petit-déjeuner 7 heures. Brin de toilette et embarquement dans les minibus pour un transfert dont la durée oscillait entre 45 min et 2 heures. Une fois arrivés, nous avions une petite demi-heure pour nous préparer, puis le départ était donné. L’arrivée se faisait soit directement au prochain bivouac soit dans un endroit où nous pique-niquions avant de repartir en minibus. Le restant de la journée était consacré à la récupération et aux soins. Très souvent une visite était proposée. La journée se terminait par l’incontournable briefing de l’étape du lendemain, suivi du dîner.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Et le dodo, confortable ?


Les tentes deux places étaient relativement confortables. Mais après, la qualité des nuits est très variables d’une personne à l’autre ! Mon colloc’ s’endormait en 30 secondes chrono ! En ce qui me concerne, ayant un sommeil léger, les nuits furent plus mouvementées ! Avec l’altitude je n’arrivais pas à dormir, d’autant plus que se coucher à 21h30 ne fait pas vraiment partie de mes habitudes ! Je prenais un hypnotique (stilnox) tous les soirs mais malgré cela je passais plus de temps à écouter de la musique qu’à dormir...

Concernant le froid, nous en avons tous plus ou moins soufferts les derniers jours, et tout particulièrement la veille de la dernière étape où il a fait un - 10°C bien tassé ! Au réveil, l’intérieur des tentes était givré et les vététistes ont dû attendre avant de prendre leur départ car le dérailleur de leur vélo avait gelé !


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Comment se passe la logistique ? Vous vous faites transporter vos petites affaires ou il faut l’énorme sac à dos de campeur?


Nous ne transportons pas nos sacs pendant la course. Nous les laissons le matin et les retrouvons à l’arrivée.


La classe... Et les repas?


Au niveau de la nourriture, le petit-déjeuner, le repas d’arrivée ainsi que le dîner sont également pris en charge par l’organisation. Un porte-bidon ou une poche à eau est donc largement suffisant pour courir puisque l’on retrouve le principe des trails avec un ravitaillement liquide/solide tous les dix kilomètres en moyenne. Après chacun gère son alimentation de course comme bon lui semble avec éventuellement des barres, des gels, de la boisson énergétique, etc...

Crédit photos : Nature Extrême Développement


A ce propos, qu’est-ce qu’on mange quand on court au Chili ? (pas des haricots rouge tous les jours quand même !)


Durant la course, la nourriture est avant tout adaptée à l’effort d’endurance... donc pas tellement riche en haricots rouge ! Pain, céréales, gâteaux, et boissons chaudes pour le petit-déjeuner, et crudités, soupe, viande, riz et pâtes pour les repas d’après-course... du classique quoi !

Par contre, une fois l’épreuve terminée nous avons pu goûter aux spécialités locales qui valent le détour ! Les chiliens sont imbattables pour préparer la viande et leur barbecues sont un régal !

Et puis course ou pas course, leurs bières se laissent également bien boire...


Ah parce que tu bois de la bière toi maintenant ?? Je saurai m'en souvenir!

Comment étaient les relations dans le peloton, avec les autres coureurs ? Il y avait aussi des vététistes et marcheurs, ça se passait bien entre vous ?


Disons que la communication n’est jamais simple avec les vététistes du fait de leur niveau intellectuel largement inférieur à celui des coureurs à pied !!!!!!!!

Non plus sérieusement, tout s’est globalement très bien passé au sein du groupe, quelque soit la discipline de chacun. Malgré les conditions difficiles, l’altitude (et le mal des montagnes qui va avec), le froid, le manque de sommeil, la fatigue physique ou encore les inévitables bobos, l’ambiance est toujours restée très bonne et conviviale. Il faut dire aussi que la majorité des personnes se connaissaient déjà avant, ce qui facilite grandement le contact ! Et puis à ce niveau, le staff reste très vigilant : toujours à l’écoute de chacun, à rebooster ceux dont le mental vacille...


Tu es déjà parti avec ces même organisateurs justement (Nature Extrême Développement).

Est-ce que tu as l’occasion de revoir des personnes croisées lors de tes précédentes aventures ?


Sur ce genre d’épreuve, quelque soit l’organisateur, tu retrouves toujours des têtes connues...  c’est un petit monde ! En plus, Nature Extrême Développement compte beaucoup d’habitués et donc nécessairement on retrouve un peu les mêmes coureurs, marcheurs et vététistes d’un raid à l’autre ! Personnellement, c’est quelque chose que j’apprécie car il y a des personnes avec lesquelles tu sympathises vraiment.


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Qu’est-ce qui t’attire dans ces voyages ?


Tout d’abord, c’est de pouvoir découvrir des paysages extraordinaires... la planète possède de si belles choses qu’il serait dommage de passer à côté ! Il y a également les rencontres avec des personnes qui vivent d’une manière totalement différente de la nôtre, qui bien souvent n’ont rien ou pas grand-chose mais qui te donne tout ! Ces échanges sont certes éphémères mais tellement enrichissants qu’ils te marquent pour très longtemps.

Après la course à pied n’est qu’un prétexte pour la découverte ; prétexte qu’il n’est pas facile à faire comprendre aux personnes qui ne courent pas ! Mais pour celles et ceux qui savent ce que c’est, quel bonheur que de pouvoir courir dans des endroits magiques, d’en prendre les yeux et de pouvoir le partager avec d’autres passionnés!



Et pourquoi NED particulièrement ?


Parce que NED, c’est la rigueur baignée dans la bonne humeur ! En termes de logistique et de sécurité, ils sont très carrés et rien n’est laissé au hasard. Et en dehors de cela, tout est fait pour que l’on passe un bon moment de sport mais avant tout de convivialité! D’accord, il y a un chrono et un classement mais tout n’est pas centré là-dessus ! Cathy et Serge, les responsables de NED, se cassent toujours la tête pour nous faire passer dans les endroits les plus beaux et les plus sauvages du pays dans lequel nous nous trouvons.

La Route de la Soie qu’ils ont organisée en 2007 en est le meilleur exemple : il fallait un sacré culot pour faire traverser l’Asie à 60 personnes en passant par des endroits totalement délaissés par l’homme et finir par des étapes en Iran ! L’expédition était ambitieuse mais ils l’ont minutieusement préparée et tout s’est passé sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance. 


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Tu disais qu'il y a des gens avec qui tu as vraiment tissé des liens?


Oui !!! Il faut dire que les concurrents sont généralement des individus « hors normes » avec une philosophie et des choix de vie qui pourraient paraître décalés aux yeux de notre société actuelle... mais qui pourtant sont tellement vrais et enrichissants ! (enfin cela n’engage que moi !)

Au fil des voyages, je suis resté en contact avec pas mal de personnes. J’en vois même certaines de temps en temps. Et puis il y a ceux que l’on perd de vue une fois la course terminée, et que l’on retrouve avec plaisir des mois ou même des années plus tard, à un autre bout de la planète.



Quelle est la moyenne d’âge des gens qui partent comme toi, pour des aventures lointaines comme celle-ci ?


En fait, les concurrents ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année !!! A titre d’exemple sur la Route de la Soie, la moyenne d’âge dépassait allégrement les 55 ans ! Jusqu’à présent, j’ai donc toujours été le benjamin du groupe... avec un grand nombre d’années de retard sur la moyenne !

Mais l’explication est logique : ces projets demandent du temps et de l’argent, ce dont ne disposent généralement pas les personnes qui débutent dans la vie active ! Et puis il suffit de regarder la moyenne d’âge des pelotons sur les épreuves supérieures au marathon pour comprendre que la longue distance ne passionne pas vraiment les coureurs les plus jeunes.

A l’exception de ma Voisine, je connais peu de personnes dans mon entourage qui seraient prêtes à dépenser tout leur budget vacances pour aller courir pendant des heures, plusieurs jours d’affilée... et dormir le soir sous la tente ! Les déséquilibrés ne courent pas les rues !!!


Crédit photos : Nature Extrême Développement


C'est clair....

Tu termines sur le podium de cette course avec une belle 3ème place. Sur ce genre d'épreuve est-ce qu’on a tendance se préoccuper un peu, beaucoup du résultat ou alors on n’est seulement obnubilé par les paysages ?


La relation que l’on peut avoir avec le chronomètre est propre à chacun. Par exemple, il est bien évident que les premiers sont avant tout des compétiteurs dans l’âme qui viennent pour la gagne !

En ce qui me concerne, c’est bien là le dernier de mes soucis ! Après, bien entendu que finir sur le podium d’une telle course fait toujours plaisir ! Mais je pars du principe que je cours avant tout contre moi-même, inutile de penser au classement... il se fait naturellement ! Sur le plan sportif ce qui m’intéresse avant tout est de pouvoir confronter mon organisme à des conditions aussi exigeantes que les 52 °C du désert de Lut, l’insupportable chaleur humide dominicaine ou encore la haute d’altitude d’Atacama. Etre à l’écoute de son corps et de ses réactions pour essayer de l’amener à l’arrivée, voilà ce qui m’obnubile !


Crédit photos : Nature Extrême Développement


Ouh là là, le genre de truc impossible à affronter pour ta voisine!!!  52°C... déjà que quand on dépasse les 18°C en France, je gonfle comme une barique sans évacuer la chaleur... Je n'ose même pas imaginer!

Tu as gagné quoi d’ailleurs ?


Avant tout... j’ai gagné de l’enrichissement personnel et de l’amitié !

Le lot est le même pour tout le monde (en l’occurrence un joli masque chilien en terre cuite), quelque soit le classement. Ce qui paraît normal puisque nous avons tous vécu la même épreuve et que finalement ce sont les derniers qui ont passé le plus de temps sur la course !

Sinon, du fait de ma 3ème place, j’ai reçu un avoir pour un prochain raid NED. Et là aussi, je trouve fort appréciable qu’il n’y ait pas d’argent en jeu. L’argent nous pourrit suffisamment le reste du temps pour ne pas avoir à en entendre parler pendant ces aventures qui sont des moments privilégiés de la vie. Et puis c’est une nécessité afin que l’état d’esprit et la compétition demeurent sains.


Et qui sont tes prédécesseurs ?


Il y avait du beau monde sur cette édition de l’Etoile d’Atacama ! Dominique Bordet, le vainqueur, est coureur du Nord invaincu sur les nombreux raids auxquels il a participé. Son record sur marathon est sous la barre des 2h25 min ! Il termine devant Gilles Diehl, ancien membre de l’équipe de France de 100 km, champion de France de la discipline en individuel mais également champion d’Europe et du Monde par équipe. Sa meilleure performance sur la distance est un peu moins de 6h42 min !!! Il y avait donc un écart considérable entre les deux premiers et moi-même, leur niveau étant bien entendu largement supérieur au mien.


Oui d'ailleurs c'est bien connu, mon Voisin est un escargot en course à pied.... Qu’est-ce qui t’a le plus marqué pendant ton périple ?


Que veux-tu répondre à cela lorsque tu en as pris plein les yeux pendant 15 jours ?!! Il y a tellement de choses qui m’ont marqué ! La première qui me vient à l’esprit est la descente sur Toconao. Le panorama était magnifique avec les volcans et les montagnes sur les côtés et le Salar en face de nous. Mais c’était surtout le contexte qui était spécial : nous courions les derniers kilomètres de la dernière étape et c’est toujours un moment particulier durant lequel beaucoup de souvenirs mais également de personnes me traversent l’esprit... j’ai notamment repensé à ma tendinite ainsi qu’à la question de mon médecin sur mon assurance annulation ! Et là, j’ai vraiment réalisé la chance que j’avais eue d’avoir pu courir l’épreuve d’un bout à l’autre, en faisant plaisir au milieu de ce paysage irréel... 



Un souvenir négatif ? Un coup de mou au cours des 9 jours ? Une envie d’abandon ?


Je dois avouer que la confiscation de mes saucissons par la douane chilienne fut particulièrement douloureuse ! Et le pire c’est que mon voisin de tente a connu le même sort !!! C’était d’ailleurs devenu notre tabou... même dans les moments les plus difficiles, nous n’évoquions pas cet épisode fort déplaisant !

Sinon, aucun mauvais souvenir, ni coup de mou et encore moins une envie d’abandonner.


Si tu as un conseil, quelque chose à dire au lecteur de carotte pour tous qui est comme moi, en train de baver devant ton récit ?


Il faut agir au lieu de baver !!!

Pour être sérieux, je leur conseillerais tout simplement d’appliquer la (si jolie) phrase qui orne ton blog ! Il ne tient qu’à soi de vouloir réaliser ses envies et ses rêves. D’accord, il y a toujours une multitude de choses pour nous freiner mais lorsque l’on veut vraiment on peut !

Dans le cas des raids, une épreuve telle que l’Etoile d’Atacama est pour le moins extrême. Mais une organisation comme NED propose des épreuves bien plus accessibles avec une logistique bien plus confortable (nuits en hôtel par exemple) dans des pays comme la Croatie, la Grèce et j’en passe ! Le niveau de pratique n’est pas le souci premier... il suffit de vouloir aller au bout de soi-même, c’est tout !


Quel est ton prochain objectif ?


Il est trop tôt pour en parler mais il commence à prendre forme...


Ah là là, sacré Seb, toujours plein de mystère... Et pour finir, ton dicton du jour …


Oula difficile de répondre, moi qui suis fan de phrases et citations en tous genres ! La plus présente dans mon esprit est sans aucun doute : « Ecoute ton cœur, il a raison ! », qui n’est pas un dicton du jour mais mon dicton de tous les jours !

Crédit photos : Nature Extrême Développement



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commentaires

C
Très belle interview, merci pour ce partage de moment de vie exceptionnel
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B
Très sympa l'interview ... L'intervieweuse (ainsi que ses questions !) était parfaite car, dans les réponses, on retrouve bien la mentalité et l'état d'esprit (en plus d'être un très bon coureur !) du Seb que j'ai cotoyé sur les pistes de Cuba ...Et joli blog !
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J
Tout d'abord bravo à Caro pour cet interview (bonnes questions et aussi bonnes réponses).Un super bravo à Seb pour son exploit sportif ,ses narrations et les photos.Bref on s'y croirait,superbe expérience pour un " jeune"....!!
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M
Et dis donc Caroline tu l'as torturé pour qu'il parle autant??? enfin les réponses c'est sûr c'est 100% Seb! bravo pour ton blog il est très chouette!
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D
J'ai fait u manifique petit voyage....Cool....
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