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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 12:36
Songeant au TGV depuis des mois, comme une gamine qui lorgne la boite de bonbons Haribo dans la vitrine du boulanger, je n'attendais que ça... L'aboutissement d'une saison, le rêve d'un trail en Vanoise dans un décor idyllique...



Je le touchais du doigt. Malheureusement, la météo capricieuse m'a ôté le pain de la bouche... Trop dangereux du fait des orages violents prévus en cours de journée, le parcours du TGV a finalement dû être modifié la veille, au profit d'un tracé plus court de 25km mais tout aussi escarpé... Une grande déception pour tous mais la sécurité de chacun en dépendait. On ne peut pas jouer à défier les éléments surtout en montagne...

Samedi après-midi, la déception passée, je prépare donc mon petit sac pour le lendemain. Ce n'est pas la forme des grands jours, je traîne un ganglion à la gorge depuis 3 jours, rien de bien méchant mais je tente tout de même un passage chez le doc qui décèle une petite laringythe et un coup de fatigue.


Dimanche matin, après une courte nuit et un lever à 4h, nous voilà tous réunis sur la Place de la Mairie. 500 coureurs venus de France et de navarre... Parmi eux, Muriel Ulianna et son mari David venu l'encourager, un certain nombre de sympathiques "kikoureurs", des trailers croisés sur les courses précédentes... L'ambiance est conviviale et détendue.



Mais moi, à ce moment là... Je sens que mon ventre va faire parler de lui pendant la course.... J'étais loin de me douter à quel point!

6H : C'est parti pour 47km et 2900m D+...
Le parcours forme un 8, nous faisant repasser par le centre de la station aux environs du 30èkm.
Je décide donc d'y laisser mes bâtons et de ne les prendre que pour la seconde partie de la course. J'économise ainsi mes bras pour la suite. (J'en profite pour dire un grand Merci à David qui a eu la gentillesse de me les garder...)


Au programme de cette 1ère partie : une looooongue montée jusqu'au refuge du col de Chavière, une petite boucle et une loooongue descente jusqu'à Pralognan par le même chemin.
Je me sens plutôt bien pendant la première heure. Les courses d'aviron du week-end dernier m'ont donné un coup de boost, me permettant de partir un peu plus vite que d'habitude. La montée est suffisamment douce pour me permettre de trottinner sur certaines portions. Après quelques kilomètres, je retrouve Dominique, un copain coureur invétéré du Parc de la tête d'Or.


Tout se passe à peu près bien, je suis aux côtés de la 3è fille, Sandrine Barioz (vainqueur l'an passé).... jusqu'à ce que mon ventre fasse parler de lui. Après 1H de course, je sais qu'il va falloir s'arrêter aux toilettes quelque part très rapidement, sinon je cours à la catastrophe. Je parviens avec peine jusqu'au refuge de Peclet Polset à 2500m où je me précipite au petit coin.

3mn aux toilettes et hop! je laisse passer 2 filles pour me retrouver à la 5è place.

Pas le temps ni l'envie de me ravitailler. Je file vers Pralognan (1100m D- et 15 km plus loin). Dans la descente, je croise tous les concurrents suivants, encore en train de grimper. Les encouragements vont bon train, chacun y va de son petit mot de soutien. L'ambiance trail ... y'a pas à dire c'est vraiment motivant!


A la descente, je cours sur des oeufs. Mes boyaux se tordent dans tous les sens. Je tente de limiter les chocs au maximum, mais rien n'y fait. J'ai envie de me jeter derrière chaque buisson! J'attends le hameau des Prioux avec impatience, 2è escale WC dans un restaurant... Celui-là même où, la veille, j'admirais la montagne en buvant une bière !



3mn aux toilettes et me voilà à la 6è place... Dégoutée... Je repars avec mon mal au bide toujours omniprésent. L'arrivée à Pralo se fait sous l'orage. On dirait que la nuit tombe en milieu de matinée. Il fait froid, il tombe des cordes et les éclairs transpersent le ciel. HEUREUSEMENT! David est là... sous son kway, mes bâtons à la main.

Je tente de me ravitailler mais rien ne passe à part un coca. Quelques mots d'encouragements et me voilà repartie pour 1200m D+, en 5è position.

Je suis vidée, j'ai froid et mal au ventre. Pourtant, il faut grimper 600mD+ secs jusqu'en haut du téléphérique du Mont Bochor. Je m'arrête de temps en temps pour tenir le ventre, pliée en deux... A ce moment là, dans ma tête, une petite voix me sussure  "ne lâche pas, ne lâche pas... tu bosses le mental là".

Et comme pour ajouter à l'épreuve, j'attrape une grosse douleur à l'intérieur du genou. Arrivée en haut du téléphérique, le ciel s'est un peu dégagé dans le ciel, mais pas dans ma tête! Impossible de descendre en courant. Je trotte en boitant pendant quelques mètres. Un coureur me double, me demande si ça va.

Non... pas vraiment... Il me propose gentiment une barre, de l'eau et s'excuse presque de ne rien pouvoir faire pour moi... Encore une fois, j'ai la preuve que les traileurs ont vraiment un esprit solidaire.


Le 3è ravito est quelques centaines de mètres plus bas. Il annonce le début de l'ascension vers le col de la Vanoise. Je bois un coca et parviens a avaler mon 1er gel depuis le début de la course, il y a plus de 4H30 ...

Je reprends un peu de poil de la bête et parviens à trouver mon rythme de croisière dans la montée. Quelques mètres devant moi, j'aperçois la 4è fille... Derrière, Ginette Moretto (vainqueur ily a 2 an) produit sa remontée... La grimpée au refuge s'annonce sportive! Je double une bande de traileurs sympas qui m'encouragent. Je resterais bien avec eux à papoter...

A 2400 m d'altitude, mon coeur bat fort dans ma tête. Je passe la 4è.
Il reste 200m D+ avant le refuge du col de la Vanoise, point culminant. Après... ce n'est plus que de la descente jusqu'à l'arrivée.

Je pars du refuge quand Ginette Moretto arrive. Je suis aux côtés d'un coureur sympa avec qui j'entame la descente. Mon genou gauche me fait souffrir, et je suis certaine de me faire doubler dans la descente... Mais finalement, emboitant le pas de mon partenaire du moment, la douleur passe (dans la tête?).


Surgissant alors du brouillard ambiant, j'aperçois le refuge des Barmettes, annoncant la dernière 1/2 heure de descente. Je me sens mieux, j'accélère. Mon "coéquipier" me suit. Je vole de cailloux en cailloux, je vais de plus en plus vite... enfin! Je me fais plaisir!

Un sentier en lacet dans les sous-bois, une petite rue pavée (glissante), j'accélère, un virage et me voilà dans la rue principale de Pralognan! Je me retourne, personne à part mon co-traileur ... Je franchis la ligne sous les applaudissements des spectateurs en 4ème position, quelques minutes derrière Sandrine Barioz et juste devant Ginette Moretto à ma poursuite ...



3ème sénior, derrière 2 fusées...

Une course de 6H19 au mental, qui va certainement laisser des traces dans les jours à venir.

Mais quel bonheur d'être allée au bout malgré tout...

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commentaires

J
Bravo, Caroline ! Comme promis, il y a 3 photos de Pralognan à l'adresse ci-dessus.
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D
Superbe perf malgré les petits soucis. Il faut en parler au capt'ain, c'est un spécialiste...Bravo
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Y
Oh là là quelle aventure ! Avec ta prépa en eau douce on peut dire que tu as faire fort quand même ! Allez, la première place te tend les bras sur les prochains trails . Tu vas les trouver facile après ce que tu viens de vivre . a+
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L
Félicitations pour ta ténacité. Ca va finir par payer.LOLO
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J
Bravo,Formidable cette Carotte.Le mot renoncement n'existe pas dans ta tête.On ne peut qu'être admiratif devant cette débauche de courage dans l'effort.Nous sommes heureux pour toi Caro.Tu es SUPER...!!!
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