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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 11:06
Lo, tu viens de terminer cette épreuve incroyable & mythique qu’est le marathon des Sables, pas moins de 245 km dans le désert saharien, sous une chaleur écrasante...
Le tout avec la manière et une performance hors du commun car tu termines 33ème sur près de 700 coureurs au départ !
Une grande fierté et un grand bonheur pour tous ceux qui étaient derrière toi, ici (moi…).
Merci à toi de nous faire partager aujourd'hui un bout de ton aventure dans désert!


Merci pour l’invitation Caro, c’est un sacré honneur que d’être questionné par Carotte, surtout lorsque je vois la qualité des personnalités invitées sur ton blog.

De quoi es-tu le + fier à ton retour : ton résultat de folie ? d’avoir tenu bon ? de t’être passé de bières pendant tout ce temps ?

Je ne sais pas le terme « fier » est le mieux adapté. Je suis surtout très heureux, super bien dans ma tête, serein. Le Marathon des Sables, pour moi, c'est presque un pèlerinage, une invitation à tester ses limites dans un milieu hostile du fait de la chaleur extrême. « Faire courir l’Homme là où il ne devrait jamais courir ».

Je suis donc tout simplement très heureux pour moi et pour tous ceux qui m’ont soutenu car j’ai senti, de ma tente au milieu du désert, votre enthousiasme, votre envie ... ca donne des ailes! Et puis relever le défi de courir sous 45°C / 48°C, c’est fou... notre organisme est incroyable !

Le résultat est pour moi très satisfaisant, je ne pouvais pas faire mieux sur ce MDS (Marathon des Sables), j’ai tout donné.
Comme tu l’écris dans ta question, la satisfaction, c‘est d’avoir tenu bon, même dans les moments les plus difficiles, et de franchir cette ligne d’arrivée 245km après le départ. Et curieusement, j’ai pu me passer des bibines, je n’avais pas le choix vu qu’ils ne les ont encore pas inventées en lyophilisées !

 

 

J’imagine qu’on ressort grandi d’une telle épreuve ...

Tu vois, depuis que je suis dans les raids aventures, ultra trails, j’ai toujours voulu découvrir les limites de mon corps, comprendre pourquoi à un moment donné, le mental prend le dessus sur le physique. Je pense que mieux se connaître aide à se sentir bien, à se sentir mieux dans la vie de tous les jours.

Lors de ce MDS, j’ai plusieurs fois flirté avec mes limites, et j’ai du gérer de nombreux coups de moins bien. Quelque-soit l’épreuve, tu apprends toujours et tu te découvres des capacités que tu n’aurais même pas imaginées!

Pour répondre à ta question, je ne me sens pas plus grandi, mais j’ai plus confiance en moi, et je me sens bien tout simplement.

As-tu l’impression d’avoir changé, d’avoir quelque chose en plus que tu n’avais pas en partant ?

Oui, je crois que j’ai un peu changé, surtout dans ma tête. Ma première participation au MDS en 2004 m’avait ouvert les portes de l’Ultra. D’un seul coup, tout devenait possible, finir ce 1er MDS m’avait apporté la confiance pour tenter d’autres aventures extrêmes.

Ce 2ème MDS quant à lui, m’a permis de réaliser qu’au niveau de ma préparation, je ne m’étais pas trompé, que j’étais dans le vrai, que j’avais progressé. Il me donne surtout confiance en moi et j’ai appris des choses vitales pour la réussite des ultras. Comme par exemple, ne pas en faire trop. Au niveau des entraînements, privilégier le qualitatif au quantitatif. Si tu en fais trop, tu es cramé sur des épreuves de ce genre.

Tu vois, au maximum de ma prépa, j’ai tourné à 80km/semaine, certains au MDS tournent entre 130 et 180km/semaine… Moi je pense sincèrement qu’au-delà de 80km, si tu veux t’entraîner plus, il faut faire autre chose. Donc, pour ma part, je rajoutais des séances d’ergomètre (merci Bertrand de concept 2), ou de ski de fond pour compléter, mais pas plus de 80km/semaine pour Lolo.

Les + grands moments ?

Ils sont nombreux, je pense notamment à ces paysages magnifiques. A l’ambiance de notre tente 29, géniale… A ces couchés de soleil au bivouac. Aux 15km de traversées de dunes, superbe.

Je crois que je garderai toujours en mémoire mon arrivée de l’étape Ultra, des 75km : un vrai moment de sport extrême, ou « Comment courir alors que le corps et les muscles ont cédé et seul le mental guide encore le pantin que j’étais devenu ». (Les 6 derniers km en hypo)

Les + belles images que tu gardes en toi ?

Je pense à ces magnifiques visages d’enfants marocains, qui sortaient de nulle part pour aller nulle part, incroyable.

 

 

Cette photo est pour moi la photo très forte de mon MDS : un paysage magnifique, mélange de sable et de volcanique, les coureurs vont dans le sens de la course, et un enfant, apparaît, en sens contraire alors qu’il n’y a rien, avant, et après…

Le + dur souvenir ?

Le voyage et les 7 heures de bus interminables, assis à côté d’un mec soûlant, en plus j’étais au fond et un peu malade dans le bus, le chauffeur marocain ne conduisait pas d’une manière très souple !

La + belle rencontre ?

Un groupe : la tente 29
Un homme : Xtof, super type (Christophe Aubonnet, que l'on peut découvrir dans la rubrique "des personnes d'exception : Acte 7: Christophe Aubonnet, "pour que chaque jour compte" )
Une femme : Simone Kayser, adorable et Véro, notre supportrice qui était aux CP

Ta + belle photo…

Celle-ci, j’adore ce regard...

 

A quoi/qui as-tu pensé dans les moments forts, à quoi on se raccroche quand ça ne va pas ?

Vaste sujet, on se raccroche un peu à tout ! Pour ma part, quand ça ne va pas, je mets le MP3 dans les oreilles. Un peu de musique me permet de déconnecter un peu et penser justement à autre chose.

Je pense très souvent à mes arsouilles, Meije et Erwan, et à Mélissa. Je les quitte pour satisfaire ma passion. Je me dis que si je pars de chez moi, c’est pour prendre un maximum de plaisir et surtout relever le défi et terminer.

J’avais promis à Erwanito que je reviendrai avec la médaille, il l’a eu. Donc quand ça n’allait pas, et bien je me raccrochais à ça et aux encouragements de l’équipe organisatrice ainsi qu’à tous les messages que vous m’avez envoyés.

T’est-t-il arrivé de penser à l’abandon ?

Jamais, jamais

De quoi as-tu le + rêvé pendant cette semaine ?

Un boire un coca frais. Je me suis déçu moi-même mais tu vois, je n’avais pas trop envie de bibine !
Un soir, à force d’être en plein air à se taper des lyophilisés, j’ai fantasmé sur un barbeuc / rosé...

Qu’est-ce que tu as ramené de là-bas ?

Du sable, une rose des sables pour Erwan, un dromadaire pour Meije, un plat pour Mélissa, et des images plein la tête pour moi.

Aujourd’hui as-tu récupéré ?

Non, c’est sur que non. Je suis suivi par une nutritionniste. 5 jours après j’étais toujours déshydraté. J’ai perdu 3.5 kg lors de la course, je suis toujours à – 2kg.

Mais j’ai aussi changé ma manière de manger donc je vais peut-être stagner à ce poids qui me convient bien. Je récupère tranquillement.

A choisir, tu préfères un  MDS ou un UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) ?

Les 2 mon général !

Pourquoi ?

Car ces deux courses exceptionnelles sont complètement différentes.

J’adore ce concept de course par étapes comme le MDS, et notamment sa rusticité : Porte un sac lourd (7 kilos sans eau pour moi), dormir par terre, 8 dans la tente, pas de douches, bouteilles d’eau limitées. Je pense que les raiders peuvent tirer leur épingle du jeu du fait de cette rusticité.

L’UTMB, c’est carrément autre chose, un autre univers, on est dans le « non stop » avec nuit blanche. 168km, 9000m de déniv, la montagne, il s’agit de gérer sa course complètement différemment.

Donc, pas de préférence, car même si j’aime le MDS, cette année, je vais arriver à bout de l’UTMB, c’est sûr ! Ce sera mon 2ème objectif perso de l’année.

Et pour la prochaine édition du MDS, est-ce que Lolo sera présent ?

Si je trouve le financement, c’est possible!

Tes prochains grands défis ?

Avec notre équipe (ton équipe) PLANETE TONIQUE, on part sur le Raid Edhec, 250km et 10 000m de déniv+ dans l’arrière pays niçois du 7 au 11 mai. Magnifique course en équipe mixte.
Et d’un point de vue personnel, je vais me préparer sur 2 ultra trails de 80km pour finir en beauté par l’UTMB fin août.

Le championnat du monde des raids au Brésil viendra clôturer l’année sportive de Lolo.

Que de projets tous aussi fous les uns que les autres... Malgré les années et toutes les "petites" courses dans lesquelles je t'ai accompagné, tu continues de m'impressionner... Le mot de la fin?

Un grand sage que personne connaît me disait : « Réussir un ultra, c’est gérer les coups de moins bien, car que tu sois un champion, un passionné ou un monsieur Landa, des coups de moins bien tu en auras toujours »
Merci à toi, et à très bientôt pour le raid urbain de Saint-Priest Caro

Lolo
www.loloraidoutdoor.com

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commentaires

M
quel beau résumé de cette magnifique course que Laurent a su géré magnifiquement. Bravo encore
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